Institutionnalisée par les Nations unies en 1997, la journée internationale de la femme, aussi appelée journée internationale des droits des femmes, dans certains pays comme la France, est célébrée le 8 mars de chaque année.

Cette journée fait partie des 87 journées internationales qui sont reconnues et célébrées par les Nations unies.

Néanmoins au cours de cette journée, la communauté internationale organise plusieurs manifestations au cours desquelles la lutte pour les droits des femmes, notamment ceux qui concernent la réduction des inégalités par rapport aux hommes, est mise en avant. Mais, c’est surtout du droit politique que l’on parle dans beaucoup de pays en voie de développement.

Cependant, la journée de la femme ne doit pas être confondue avec la journée de la mère qui, elle, est, par exemple, célébrée le 11 mars au Royaume uni, et le 13 du même mois, aux Etats unis.

D’ailleurs au temps fort du Zaïre de Mobutu Sesse Seko (président de la République), toute personne de sexe féminin était femme et mère.

Peu importait son âge et même si elle n’avait pas encore connu la maternité ! Une authenticité qui obligeait à respecter toutes les personnes de sexe féminin.
Voilà pourquoi à partir de cette authenticité, nous nous permettons, dans cet article, de voir comment quelques personnalités politiques et culturelles ont honoré la femme ou leur mère.

Les acteurs culturels

Nous commençons par trois acteurs culturels : les artistes musiciens, Ntaloulou Alphonso du Congo Brazzaville, et Papa Wemba, du Congo Kinshasa ainsi que l’écrivain guinéen, Camara Laye.

En effet, le premier et dans sa chanson « Merci Maman », ne semblait toujours pas trouver les mots avec lesquels il devait remercier sincèrement sa mère pour tout ce qu’elle a fait et enduré pour lui : « Mama na pesi yo meleci. Po na passi oyo omona po na ngaï ».

Le second, lui, vante l’éducation qu’il a eue de sa mère. Il le dit dans sa chanson, « Maman ». Regrettant ainsi la mort de sa mère, Papa Wemba va loin dans les honneurs qu’il veut rendre à celle qui l’a mis au monde : « Mama soki ozali na bomoï mbele na sengui ba tiya yo ministre d’éducation ». Compris par Maman si tu étais encore vivante, j’allais demander qu’on te nomme ministre de l’Education.

Néanmoins, les deux artistes rejoignent, dans leurs sentiments à leurs mamans, l’écrivain Camara Laye dans son célèbre poème A ma mère, lorsqu’il écrivait :
« Femme noire, femme africaine,
Ô toi ma mère, je pense à toi...
Ô Daman, ô ma Mère,
Toi qui me portas sur le dos,
Toi qui m’allaitas, toi qui gouvernas mes premiers pas,
Toi qui la première m’ouvris les yeux aux prodiges de la terre,
Je pense à toi...
Ô toi Daman, Ô ma mère,
Toi qui essuyas mes larmes,
Toi qui me réjouissais le cœur,
Toi qui, patiemment, supportais mes caprices,
Comme j’aimerais encore être près de toi,
Etre enfant près de toi !
Femme simple, femme de la résignation,
Ô toi ma mère, je pense à toi.
Ô Daman, Daman de la grande famille des forgerons,
Ma pensée toujours se tourne vers toi,
La tienne à chaque pas m’accompagne,
Ô Daman, ma mère,
Comme j’aimerais encore être dans ta chaleur,
Etre enfant près de toi...
Femme noire, femme africaine,
Ô toi ma mère,
Merci, merci pour tout ce que tu fis pour moi,
Ton fils si loin, si près de toi.
Femme des champs, femme des rivières
femme du grand fleuve, ô toi, ma mère je
pense à toi..
. »

Les hommes politiques

Cependant les hommes politiques, eux, ont aussi leur façon d’immortaliser leurs mères ou d’honorer la femme.
Par exemple, l’ancien président du Zaïre, ancienne appellation de la république démocratique du Congo, avait, entre autres, donné le nom de sa mère au plus grand hôpital général de Kinshasa, Mama Yemo.

Mais, c’est au Congo Brazzaville que Denis Sassou Nguesso surprend et sort de la ligne.
En effet, Sassou Nguesso profite de la guerre qui a lieu dans son pays en 1997 et à travers laquelle il projette dépeupler la partie australe du Congo, afin que tout candidat à la présidentielle et qui est originaire de la partie septentrionale du Congo, sauf le général Jean Marie Michel Mokoko, soit élu président.

Emilienne Mouébara

C’est donc à travers la guerre qu’il honore sa mère. Puisque cette opération de dépeuplement qui est menée durant cette guerre est restée secrète et sous-jacente durant des années. Ce n’est qu’après qu’elle a été révélée dans les réseaux sociaux et la presse. Elle avait été débaptisée « Mouébara », du nom de sa mère.

Mais, la question demeure : Comment peut-on donner le nom de sa mère à une opération aussi meurtrière et tragique que la guerre ? Et, si toutes les femmes du monde découvraient cette façon d’immortaliser une femme ou une mère quelle idée auraient-elles de la journée du 8 mars ! Surtout quel regard œdipien jetteraient-elles sur les pères de la nation ?

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain