Qui en veut au servile Bouity-Viaudo, maire non élu de Pointe-Noire, sur la tête duquel un arrêté idéologique (une fatwa ?) vient d’être promulgué par le biais d’un curieux article de presse non signé.

Car, figurez-vous que, monsieur le maire (désigné) en voudrait, dit-on, aux Mbochi de Pointe-Noire aux dépens desquels il pratiquerait la même politique que celle des nazis vis à vis des Juifs durant la période qui précéda la nuit de cristal, triste épisode, qui, à titre de rappel, consista à briser toutes les vitrines des magasins sémites au motif que les fils de David étaient indésirables en Allemagne. De la même manière, en raison des manipulations de Roland Bouity Viaudo, les natifs du Kouilou, en voudraient à mort aux Mbochis paisiblement installés dans la ville océane : propos haineux, menaces sourdes, regards furibonds, lourdes suspicions sont autant de gracieusetés que subirait actuellement la population nordiste de la ville côtière.

C’est, en tout cas ce qu’affirme un texte anonyme rapporté par le réseau « Nous sommes le Congo - Cessons d’avoir peur » d’Eric Mampouya. (http://www.mampouya.com/article-les...)

Expropriation urbaine

Selon l’article repris par Eric Mampouya : « Tout semble être bien planifié, pour réduire à néant la présence des mbochis à Pointe-Noire, deuxième ville du Congo Brazzaville.  » Le planificateur en question, serait donc « le maire de cette ville » qui a entamé « la purge des mbochis ».

Quelle est l’astuce du maire ponténégrin ? Le notable s’y prend à « la faveur du développement des infrastructures modernes dans la ville océane. » Comment ? « …au fur et à mesure que Pointe-Noire se construit  » le maire non élu s’emploie à « déposséder les Mbochis de leurs biens. »

On apprend avec stupéfaction que « si une route est à construire, les maisons qui seront détruites sur son tracé, seront prioritairement celles des ressortissants Mbochis, comprenez par extension les nordistes. »

Petite question tout de même : « Comment peut-on tracer une route en cassant certaines maisons, en épargnant d’autres ? »

Ville cruelle

Si ce n’est pas honteux ! « Ce travail d’identification de maisons, est fait par les comités de quartier, animés par les chantres de la tribu-classe, qui se chargent d’informer le maire sur les nordistes du coin qu’il faut gommer » déplore l’article.

Où ont lieu ces discriminations ? « au quartier la Base » précise le brûlot.

Ville cruelle ! «  Pointe-Noire, bien que multiethnique, n’a jamais supporté la présence dans ses murs, des ressortissants Mbochis. C’est un multi ethnisme de façade » ajoutent le ou les auteurs de l’accablant papier.

A propos des quolibets, au décès de Tsystère Tchicaya, vous souvenez-vous de la métaphore présidentielle sur les rongeurs des villes et des champs ?

Eh bien nous y sommes, mais a contrario . A Ponton, c’est grave. «  Les mbochis (...) sont traités comme des rats, des conquérants, des moins que rien, qui n’y ont pas leur place. Notamment par les natifs de la région du Kouilou. Et le maire de cette ville, Roland Bouity Viaudo, est de nos jours, le bras armé de cette politique planifiée, qui consiste à mettre hors de cette ville, tout ressortissant mbochis » s’indigne le corbeau (auteur de courrier anonyme).

En plus le chevalier Roland Bouity pratique une tactique partiale : « deux poids, deux mesures ». Jugez-en. Lorsqu’il procède à ses « expropriations d’usage » le preux bourgmestre indemnise « uniquement les ressortissants natifs de la partie sud du pays ». Bien entendu, le texte anonyme condamne la chose.

Il règne une peur sur la ville. Certains envisageraient le pire. L’article compilé par le réseau Mampouya note avec inquiétude qu’il y aura un « lynchage des Mbochis, le jour où Sassou Nguesso ne sera plus au pouvoir. »

Associations des Droits de l’Homme alertées

Comme c’est mieux de prendre les devants, les auteurs de l’article qui, à juste titre, dénoncent ce potentiel pogrome ont pris «  la décision d’informer toutes les associations de droit de l’homme installées à Bruxelles en Belgique et l’Union Européenne, afin de prévenir le génocide Mbochi qui se prépare en silence à Pointe-Noire. »

Deux précautions valent mieux qu’une. Aussi, promet le courageux anonyme, sera-t-il « (mené) une campagne d’informations, à travers les médias nationaux et internationaux, pour informer le public, sur la purge des Mbochis qui vient de commencer dans le Kouilou. »

Un proche de Sassou

Mais quel ingrat ce notable Vili nommé Viaudo !

« Voilà un maire qui se vante d’être proche de Sassou Nguesso, et qui au fond n’a de vision politique, qu’une vision régionaliste, qui ne vise rien d’autre qu’à supprimer de la Cité qu’il gère, les ressortissants de l’ethnie de celui qui l’a fait roi » s’offusque l’auteur du courrier incendiaire.

Nous pouvons dire que c’est Brutus poignardant Jules César : « Même toi mon fils ! » geint l’Empereur, un couteau dans l’abdomen (l’Empereur étant ici l’éternel Sassou)

Bouity jouerait-il double-jeu ? « ...il chante les louanges du Chemin d’Avenir des lèvres, et non du cœur. » On vogue en plein dans la duplicité, la trahison.

En plus d’être traître le notable vili est traité de sale bestiole. « Autrement, Roland Bouity-Viaudo est le judas du clan Sassou, qui comme le cafard, mange sa proie en lui insufflant de l’air au talon, pour qu’il ne se rende pas compte de son opération macabre » écrit, dédaigneux, l’avocat de l’unité nationale.

La discrimination n’est pas du propre chef de Bouity. « Depuis quelques années, s’est développé un courant de pensée sécessionniste dans certaines capitales européennes, qui porte sur le concept de tribalité.  ». A ¨Paris s’est déjà tenu au moins une conférence positiviste sur la "tribalité".

Vous avez dit "tribalité ?". Voici la définition qu’en donne le pourfendeur de Bouity : «  La tribalité a pour vision politique, la partition du Congo en nord et en sud. Avec un centre si cela intéresse les tékés. ». Pas de doute pour l’auteur de la feuille de chou, Viaudo s’inscrit dans cette vision.

Bonobos

Comble de perversion libidinale, on pensait que ça ne s’arrêtait qu’au slogan «  lé dza, lé noua ». On n’avait pas tout vu. « Les tenants de la pensée sécessionniste, estiment que les Mbochis sont des bonobos, sorte de singe localisable en RDC, qui a la particularité de ne vivre que du sexe. » croit savoir, sous couvert d’anonymat, le rédacteur de l’article.

Pour Viaudo, selon son (ou) ses accusateurs : « les bonobos du Congo Brazzaville, comprenez les mbochis, ne peuvent justifier de leur présence à Pointe-Noire, tant leur appétit sexuel est contraire au puritanisme kongo. »

Bouity n’a pas pigé que les Congolais dans leur ensemble n’aspirent qu’à « une vie communautaire harmonieuse et fraternelle ».

Entre-nous, soit-dit, cette aspiration communautariste harmonisante des Congolais reste à prouver.

Il ne demeure pas moins que Hegel pensait à des types comme le maire de Pointe-Noire quand, parlant de l’Afrique, le penseur allemand, tout comme le rédacteur du papier anti-Viaudo, disait des Noirs qu’ils « ne sont décidément pas, suffisamment pas, rentrés dans l’histoire. » Sarkozy aussi le pense pour l’avoir répété dans son discours à l’Université de Dakar.

Viaudo ne perd rien pour attendre. Il lui sera dressé « un beau portrait, comme il le mérite si bien, avec sa politique anti-mbochis, au niveau de la presse nationale et internationale. Le pari est pris. » Promis, juré...

Triple A

Gestionnaires acrobatiques d’une rhétorique de l’exclusion, les idéologues du chemin d’avenir sont aussi des champions de l’inversion. Le retournement de la stigmatisation n’est ici que trop évident. Les victimes deviennent les bourreaux, les bourreaux les victimes. En vérité qui exclut qui au Congo et non exclusivement à Pointe-Noire ? On voudrait le voir perdre un de ses trois A ( ) c’est-à-dire renvoyer le précieux et zélé Bouity Viaudo à la périphérie de la mangeoire pétrolière ponténégrine pour y substituer un mbochi BCBG qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Ici le protégé de la duchesse de Pompadour (entendez Antoinette Sassou) est accusé de rage tribalique sur fond de purification hitlérienne. Or c’est le prétexte idéal pour noyer le chien... couchant.