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Environnement : Déclarations d’intention à Pointe-Noire

24 décembre 2007

par Nestor Bourangon

La 2ème réunion régionale pour le développement de plan d’action pour le projet initiative mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre —GI WACAF— et de l’atelier régional sur les mécanismes du FIPOL et sur le protocole OPRC-HNS, tenus du 10 au 14 décembre 2007 à Pointe-Noire au Congo Brazzaville, ont connu la participation des représentants de 21 Etats africains et plusieurs Organismes et Organisations internationaux. Les travaux qui se sont déroulés sous forme des exposés débats et autour de sept thèmes, ont permis aux participants de partager leurs expériences et de renforcer la mise en place des partenariats locaux en vue d’augmenter les résultats et la durabilité du projet.



A la lumière des enseignements et des débats, les participants à cette rencontre, ont adopté six résolutions à savoir : encourager les pays à ratifier les conventions internationales pertinentes telles que OPRC-HNS 2000, CLC92 et FIPOL 92 ; l’Organisation Maritime Internationale—OMI—et l’Association de l’Industrie Pétrolière Internationale pour la Protection de l’Environnement -– IPIECA—de maintenir et de développer l’appui aux pays par la réalisation d’ateliers et de formations spécialisées dans le domaine de la lutte aux déversements maritimes ; et la participation de ses organisations internationales dans le développement d’accords de coopération avec les organisations et programmes de la région WACAF tels que le NEPAD, le GCLME, la CEDEAO et le Secrétaire de la Convention d’Abidjan, pour la mise en œuvre des Conventions et plans d’action pertinents.

Ils ont souhaité mettre en place un réseau de points focaux au niveau des administrations et l’industrie pétrolière dans le cadre du projet GI WACAF afin de renforcer la collaboration et les échanges entre les diverses organisations en vue de la réalisation et de la mise en œuvre de plans d’action pour la lutte face aux pollutions marines accidentelles ; favoriser le développement de politiques nationales sur les aspects techniques de la lutte face aux pollutions marines accidentelles particulièrement sur l’utilisation des dispersants, la gestion des déchets et le réalisation de projets pour la mise en place de cartes de vulnérabilité ; et d’encourager la création d’un centre régional spécialisé dans la lutte face aux déversements accidentels d’hydrocarbures afin d’appuyer les efforts des pays de la région dans ce domaine.

Lesdites réunions visent globalement à améliorer la capacité des pays en matière de lutte face aux événements de pollution marine. C’est pourquoi, les objectifs de ces deux activités, permettront d’avoir une vue d’ensemble sur les activités réalisées et des résultats accomplis dans la région depuis le lancement du projet en avril 2006, d’obtenir une compréhension claire du protocole OPRC-HNS et les procédures de réclamations et d’indemnisation du FIPOL. Ils visent également le renforcement des connaissances techniques des participants sur les techniques de lutte et sur la préparation et la coopération face aux événements de déversement accidentels d’hydrocarbures en mer ainsi que l’établissement des priorités du projet initiative mondiale et la participation et l’élaboration des plans nationaux et régionaux au cours de réunions.

Dans son de circonstance, Le Ministre d’Etat, Ministre des Hydrocarbures, M. Jean Baptiste Tati Loutard, a dit que la présente réunion régionale et son corollaire l’atelier régional, apportent une fois de plus le témoignage de respect des engagements du gouvernement de son pays en matière de prise en compte permanente des préoccupations et des défis maritimes, côtiers et écologiques du continent africain, car il est grand temps nous unissions nos efforts de cette lutte contre les événements de déversements accidentels d’hydrocarbures en mer dans notre zone, a-t-il poursuivi.

De son côté, Le Ministre des Transports Maritimes et de la Marine Marchande , qui s’est senti comblé de la tenue dans sa ville économique cette 2ème réunion régionale pour le développement du projet GI WACAF, a précisé que la préoccupation environnementale était en phase de devenir une priorité unique et incontestable de son pays qui obéissait à la politique maritime du Gouvernement, celle d’intégrer la dynamique d’un dialogue de partenariat public/privé en faveur de la maritimisation de l’économie nationale . Il a renchéri que « les grands enseignements de l’expérience mondiale s’imposent en qualité de repères vis-à-vis de l’action de tout gouvernement et c’est dans cet esprit que son ministère, chargé de faire constater que la politique maritime est par essence inséparable d’une approche intégrée, vient donc de procéder à l’organisation de ce forum qui n’est au fait que la manière active dans la préparation des opérations mettant en œuvre entre autres les intérêts en matière pétrolière, de pêche et d’environnement ».

Poursuivant, il a indiqué que l’éclairage nécessaire sur la place et l’effectivité des rôles de son gouvernement et des principales sociétés de l’industrie pétrolière en vue d’une mise en œuvre permanente de la politique de participation effective et efficace est un leitmotiv incontournable pour garantir la préservation et la protection de l’environnement marin dans le respect des textes nationaux et internationaux en vigueur, notamment le Plan National d’Intervention d’Urgence (PNIU) et les incontournables conventions internationales.

Quant au Représentant du Secrétaire Général de l’OMI, M. Malamine Thiam, le sujet qui nous réuni aujourd’hui est très important et particulièrement pour des pays comme les nôtres avec des secteurs pêche et tourisme importants pour nos économies et une exploration et une exploitation pétrolières sans cesse croissantes qui, occasionnent un risque de pollution des mers par les hydrocarbures. D’où pour faire face à cela, il est donc nécessaire de prévoir à l’avance et avec plus le grand soin, des mesures destinées à réduire au maximum les effets qu’ils peuvent avoir et ceci sous la forme d’un plan d’urgence pouvant être défini comme étant une série prédéterminée de communications et de mesures pratiques, susceptibles d’être déclenchées rapidement pour faire face aux situations critiques en milieu marin, a-t-il souhaité.

Or il s’avère que nos pays sont aujourd’hui sur le plan des séminaires, ateliers et réunions pour avoir le consentement des uns des autres au tour de la question, ce qui parait encore utopique pour la plupart de nos Etats qui manquent de grands moyens pour surveiller leur littoral et de réels plans nationaux d’urgence en cas de déversement d’hydrocarbures dans le milieu marin.
Jusqu’à quand passerons-nous aux choses sérieuses ? Où quand serons-nous prêts dans nos plans nationaux pour intervenir de cas de pollution ? Le Congo n’a pas pu mettre en place un plan national d’intervention d’urgence en cas de pollution. Cela se manifeste dans tous les Etats africains producteurs de l’or noir. Ces derniers depuis les indépendances n’ont pas eu de réels projets pour l’environnement marin et côtier ni collaboration entre eux afin de réunir leurs efforts et capacités en cas de déversements accidentels d’hydrocarbures en mer. Que font réellement nos gouvernements ?
A chacun de trouver la vraie réponse pour aider nos pays.

Entretien avec Malamine Thiam, Fonctionnaire de l’Organisation Maritime Internationale —OMI— et représentant de Secrétaire Général de cette Organisation

Mr Malamine Thiam et notre reporter, Nestor Bourangon {JPEG} Nestor Bourangon : Vous venez de prendre part à cette réunion de Pointe-Noire, peut –on affirmer que les objectifs ont été atteints ?
Malamine Thiam : Bon…, ce que je peux vous dire à la suite cette réunion, c’est que nous en sommes sorti avec un sentiment d’un travail bien accompli, et comme vous le saviez bien, l’objectif du projet était en premier lieu de créer une dynamique de coopération entre non seulement les Etats de la sous région mais entre les Etats et l’industrie pétrolière locale et internationale. Ceci est d’autant plus important que en matière de lutte face aux pollutions accidentelles quelque puisse être la nature de produit, cette coopération est indispensable pour arriver à assurer une lutte efficace contre de tels événements. Donc, il est important que aussi bien les Etats que l’industrie pétrolière qui sont les parties prenantes de cette affaire, puissent trouver un cadre d’échanges de vue et de coopération. C’est ce que nous essayons de créer dans les pays.
Mais, en ce qui concerne la coopération des Etats, je puis dire que des actions sont entrain d’être initiées aussi bien dans le cadre du projet globaly initiative GI WACAF que dans le cadre du projet intégré de coopération technique de l’Organisation Maritime Internationale –OMI—qui a été mis en place pour aider les pays aussi bien de la sous région que partout ailleurs au monde pour les pays qui en expriment le besoin afin de les aider à mette en œuvre de manière effective les dispositions des conventions internationales. Ainsi au niveau de la sous région, nous avons une action qui est entrain d’être mené dans le cadre du projet « Grand écosystème marin du courant de Guinée » qui nous a permis aujourd’hui de finaliser un plan sous régional pour permettre une coopération entre les Etats qui ont puis aussi un agrément qui être le cadre leur permettant de faire face aux déversements accidentels par hydrocarbure ou autres substances nocives.

NB : Parlez nous des avancées significatives, surtout avec la volonté politique de 21 pays qui vous ont rejoint dans ce projet ?
MT : Cela est visible et appréciable. Je ne puis me tromper que les pays qui ont participé à cette réunion, par leur présence, ont signifié que en quelque sorte, la volonté de coopérer entre eux et pour essayer de trouver les solutions à ce problème de la pollution qui occupe leur calendrier. C’est pourquoi, ces pays se sont déplacés et au plus haut niveau. Ce sont des cadres des administrations qui sont responsables des les activités en matière de lutte contre la pollution liée à la production pétrolière. Ce projet qui nous a réuni, celui de l’OMI / l’IPIECA sur la globaly initiative pour les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a déjà deux années de vie et il était question de faire un état des lieux, à la suite de quoi, nous devons avoir l’avis des Etats bénéficiaires. Ce qui nous permettrait de mettre en place un plan d’action qui sera mis en œuvre pour la prochaine rencontre pour examiner la période 2008-2009. C’est vous dire que nous pouvons parler d’avancées significatives et remarquables au cours cette rencontre qui a tenu ses promesses par les objectifs atteints.

NB : Concrètement que peut-on retenir de cette rencontre, surtout que la totalité des pays africains n’ont pas de plans nationaux d’intervention d’urgence en cas de pollution accidentelle par les hydrocarbures, encore moins de coopération sous régionale en la matière, en dehors l’industrie pétrolière locale et internationale ?
MT : Il convient ici de souligner les efforts considérables déployés par les pays de l’Afrique de l’ouest et du Centre pour encourager la mise en place des politiques efficaces de protection de l’environnement marin, préalable au développement harmonieux des économies des pays de la sous région. Cela s’est manifesté par un exemple éloquent qui est le développement de trois projets financés par le Fonds Mondial de l’Environnement, couvrant les Grands Ecosystèmes Marins des Canaries, de Guinée et de Benguela. Ceci pour trouver des solutions aux différents problèmes environnementaux des pays de cette sous région.
Il faut également retenir que cette réunion de Pointe-Noire, est très importante et particulièrement pour des pays comme les nôtres avec des secteurs pêche et tourisme importants pour nos économies et une exploration et une exploitation pétrolières sans cesse croissantes, ce qui ne met aucun pays côtier à l’abri d’accidents pouvant entraîner une marée noire. Sans oublier la circulation des navires pétroliers qui fréquentent nos ports où traversent les eaux côtières, s’accompagne d’un risque de pollution des mers par les hydrocarbures du fait d’abordages, échouements, accidents de transbordement des hydrocarbures, de soute et autres accidents maritimes. C’est pourquoi pour faire face aux déversements accidentels d’hydrocarbures, il est donc nécessaire de prévoir à l’avance et avec le plus grand soin, des mesures destinées à réduire au maximum les effets qu’ils peuvent avoir. Par exemple un plan d’urgence pouvant être défini comme étant une série prédéterminée de communications et de mesures pratiques, susceptibles d’être déclanchées rapidement pour faire face aux situations critiques en mer.

NB : …et votre dernier mot ?
MT : Je saisi cette occasion que vous m’offrez pour adresser, au nom de M. Efthimios Mitropoulos, Secrétaire Général de l’OMI, de remercier sincèrement tous les participants —les 21 pays— à cette réunion et à tous ceux qui nous ont aidé à la réaliser, particulièrement au Gouvernement Congolais, à ses démembrements au niveau local. Sans oublier l’industrie pétrolière locale et internationale.

Nestor Bourangon