Dans sa chanson qui porte le titre de « Kimpa kisangameni kuna zulu  », le très célèbre artiste Lwambo Makiadia alias Franco, parle de la sorcellerie, ce pouvoir magique et maléfique ayant pour objet le contrôle de l’esprit des hommes et même de la nature ou l’écosystème.

Luambo Makiadi croit à la sorcellerie et semble bien la connaître. Le musicien congolais en parle dans cette chanson et dit comment opèrent les sorciers.

Mais Luambo Makiadi alias Franco de Mi Amor fait aussi savoir à ses mélomanes que malgré leur pouvoir magique, les sorciers peuvent aussi se faire prendre, et que leur magie peut aussi être découverte. « Kimpa ki kisangameni mama kuna zulu  » dit il avant d’expliciter son énigme «  Kindoki kisangameni mama kuna zulu » : l’affaire devient de plus en plus difficile à régler, et le secret est découvert.

Ces belles paroles chantées en kikongo permettent de peindre la situation complexe et embarrassante dans laquelle le prisonnier Jean Marie Michel Mokoko a mis les juges ou, disons, la situation confuse dans laquelle se trouverait aujourd’hui l’ « Affaire Mokoko ».

Rappelons que le général Jean Marie Michel Mokoko, candidat vainqueur à la présidence anticipée du 20 mars 2016, avait été arrêté et gardé à la Maison d’arrêt de Brazzaville, sans jugement, depuis plusieurs mois. On lui reprocherait des infractions d’atteinte à la sécurité de l’Etat.

L’ « Affaire Mokoko », une sorcellerie dont on a découvert les secrets ?

Oui ! L’affaire « Mokoko » non seulement devient de plus en plus très difficile à régler ou à classer, mais serait devenue aujourd’hui comme une Kabale noire dont on a découvert les secrets et qui n’est plus active.
Pour preuve, ceux qui ont jeté Mokoko en prison et créé de toutes pièces l’ « Affaire Mokoko » ne savent plus sur quel bout la tenir. Ils manqueraient carrément d’arguments et de preuves pour étoffer leurs dossiers.

C’est ainsi que depuis le début de cette affaire, ils ont voulu troquer sa libération contre la reconnaissance des résultats du holdup électoral qui avait eu lieu le 20 mars 2016 et à l’issue duquel Sassou Nguesso s’est autoproclamé vainqueur et président de la République du Congo, et l’acceptation de la perdre de ses droits politiques et de son assignation à résidence dans son village natal à Makoua, dans le département de Sangha.

En plus, pourquoi aller chercher un avocat sur les bords de la Seine et négocier sa libération si l’on est convaincu et on a des preuves sur les chefs d’accusation, en l’occurrence l’atteinte à la sûreté de l’Etat ?

Mais, il y a aussi cette « immunité de juridiction » dont bénéficierait cet officier général et que le collège de ses avocats aurait mise sur la table des juges, il y a quelques semaines seulement, qui vient encore compliquer cette situation déjà très kafkaïenne, qui risque de faire annuler toute la procédure. Parce que Jean Marie Michel Mokoko serait un Grand Officier dans l’Ordre du Mérite Congolais, ses avocats demandent carrément l’annulation de toute la procédure : « La procédure contre Jean Marie Michel Mokoko a été faite alors qu’en tant que Grand Officier dans l’Ordre du Mérite Congolais, depuis 1986, Jean Marie Michel Mokoko, bénéficie de l’immunité de juridiction (art. 11 du Décret de 2001). »

Pour le collectif de ses avocats, cette immunité lui donnerait le droit de refuser de répondre à toutes les convocations des juges. Aller à l’encontre de ce décret, serait une violation de la loi. Pourtant, nous posons la question : Denis Sassou Nguesso qui viole tout le temps ses propres constitutions, pourrait respecter un décret ?

Tout de même, nous demandons aux juristes de bien éclairer notre lanterne sur cette « immunité de juridiction » qui pourrait sauver le vainqueur de l’élection anticipée du 20 mars 2016.

Nous craignons de mettre dans l’erreur les lecteurs de Congopage, et de confondre cette catégorisation juridique -« immunité de juridiction » - avec ce privilège dont bénéficient les agents diplomatiques étrangers en vertu duquel ils ne peuvent être déférés aux juridictions de l’Etat où ils résident. Voilà pourquoi nous parlons au conditionnel.

« Bouabou » ! « Bouabou » ! « Bouabou » ! Sourcillent les juges qui manifestent leur surprise

Devant cette carte sortie par les avocats de Jean Marie Michel Mokoko, les juges en charge du dossier Mokoko seraient coincés et ne sauraient plus comment avancer. Ils sourcillent tous « Bouabou » ! « Bouabou » ! « Bouabou » ! Pour manifester leur surprise et leur incompétence.

On apprend qu’il y aurait eu, entre les juges, un grand débat sur ce décret qui accorde une « immunité de juridiction » à Jean Marie Michel Mokoko.
En effet, si beaucoup d’entre eux se seraient rétractés devant la complexité et les tournures qu’a commencée à prendre cette affaire, et qui voudraient aussi sauver leurs carrières, d’autres qui seraient minoritaires, auraient tout simplement décidé de renvoyer le dossier dans les officines de Mpila et attendre leurs instructions.

Voilà pourquoi le pouvoir va payer les services d’Eric Dupond-Moretti, avocat au Barreau de Paris, qui comblera les lacunes des juges congolais, en tant que défenseur de l’Etat. Autrement dit, c’est lui qui sera le juge, parce que les juges congolais ne veulent pas prendre beaucoup de risques dans cette affaire.

Pour la petite histoire des décorations du Congo

Créé le 25 février 1959 par le premier ministre abbé Fulbert Youlou, l’ordre du mérite congolais est la plus haute décoration du Congo. Il est réservé aux chefs d’Etat étrangers, aux personnalités éminentes, aux ambassadeurs et aux personnes qui se sont distinguées par des actions d’éclat ou des services éminents rendus à la nation congolaise à titre civil ou militaire.

Mais, il y a aussi l’Ordre du Dévouement congolais qui récompense les personnes ayant rendu au pays des services relatifs dans les domaines administratif, politique, économique, social ou culturel ; ainsi que celles qui ont fait preuve de courage ou de dévouement tendant à sauver les intérêts nationaux. Et également l’Ordre de la Vaillance.

Un grand parti national, comme cadeau à offrir à Mokoko

Pour terminer cette humeur, nous voulons proposer à tous les Congolais du nord, du sud, de l’est et de l’ouest, ceux qui sont au Congo et à l’étranger, la création d’un grand parti national dénommé Kuengo, le mot qui a donné naissance au mot Congo pour tout simplement dire que nous sommes tous des Congolais et œuvrons pour l’unité de notre cher pays et l’amour fraternel entre tous les citoyens de ce pays. « Ozala na yo mo mbochi, kombo na yo Congolais ! Ozala na yo Mukongo, kombo na yo Congolais… » considéra Jacques Loubelo, dans sa chanson « Congo » qui, en réalité, devrait être notre hymne national. La Marseillaise qui est l’hymne national de la France n’était elle pas, elle aussi au début, une simple chanson patriotique ? Le logo de ce grand parti sera la tête d’une panthère couronnée par onze étoiles, le nombre des départements que compte notre pays.

Pourquoi mettre tous les Congolais derrière Mokoko ?

Nous pensons, sans discrimination et sans vouloir faire une classification des prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons pour qui nous avons d’ailleurs la même considération, que Jean Marie Michel Mokoko est devenu un grand symbole de la lutte de la libération du Congo que tous les Congolais ont entreprise pour mettre fin au pouvoir clanique, voleur des biens publics et assassin qui est dirigé par Denis Sassou Nguesso.

Aussi sommes nous sûr qu’avec lui, nous pouvons recoudre facilement et le plus vite possible notre unité nationale.

Alors pourquoi ne pas prendre nos différences idéologiques pour des simples tendances ou des simples courants au sein d’une grande formation politique.
Nous voulons ici exhorter les leaders de la plateforme FROCAD-IDC-CJ3M de fondre toutes leurs formations politiques pour créer un seul et grand parti national.
C’est ainsi que nous pouvons honorer notre « Mandela national » qui n’est autre que Jean Marie Mokoko.

On pourra dire à juste titre « Tata bo ! Moko ! Mokonzi bo ! Moko ! Ekolo bo ! Moko ! Parti bo ! Moko ! C’est la condition pour gagner le combat contre la dictature de Brazzaville.

Un grand parti unique de l’opposition : c’est le plus beau cadeau que les Congolais pourraient lui offrir à sa sortie imminente de la Maison d’Arrêt. A moins que l’on fasse de son procès, au cas où il aurait lieu, un règlement de compte. Quand Franco alias Luambo Makiadi chanta « lu yambula kindoki », Maître Yorgo pensait à des individus de la trempe d’Oko Ngakala ainsi que ceux qui sont à la tête du Congo bien qu’ayant perdu les élections en 2016.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain