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Non à un Président à vie !

Vendredi 15 août 2014, au Sacré-Cœur à Montmartre (Paris) Les Assises ont demandé une messe pour tous les martyrs du Congo. L’évènement a coïncidé avec la fête nationale. Le 15 août 1960, jour de l’Assomption de Marie, le Congo prenait son Indépendance. André Malraux représentant le général De Gaulle lut la déclaration d’Indépendance à la Place de la Mairie de Brazzaville. Le Congo est alors sous la protection de la Vierge, Mère de Dieu. Une vraie bénédiction pour ce pays.

COORDINATION DES ASSISES NATIONALES

APPEL DU 54e ANNIVERSAIRE DE L’INDEPENDANCE DE LA REPUBLIQUE DU CONGO

POUR L’UNITÉ D’ACTION

DES FORCES VIVES DE LA NATION

CONTRE LE PROJET DE « PRÉSIDENT À VIE »

QUE PREPARE LE GÉNÉRAL DENIS SASSOU NGUESSO

EN RÉPUBLIQUE DU CONGO (« CONGO-BRAZZAVILLE »)

Congolaises, Congolais,

Vous, citoyennes et citoyens qui réfléchissez et qui agissez sur le territoire national et dans la diaspora pour la construction d’un Congo meilleur, Vous qui luttez nuit et jour dans l’ombre ou à découvert contre les multiples facettes d’une dictature qui sévit depuis le coup d’État de 1997, Vous qui, contre les injustices, portez haut le sens de la solidarité dans la liberté et la prospérité, autrement dit le sens de cet humanisme qu’expriment les mots ki muntu en ki kongo et bo moto en lingala, nos deux langues nationales,

Vous, patriotes, dignes filles et fils de tous âges, de toutes les ethnies, de tous les départements, de toutes les religions, de toutes les classes sociales de notre pays si durement meurtri par le régime dictatorial du général chef de l’État Denis Sassou Nguesso,

C’est à vous, Congolaises, Congolais, que s’adresse cet appel, en ce 54e anniversaire de l’Indépendance de notre pays.

Cet événement doit être un moment de vérité et d’unité !

Nous tous citoyens, associations de la société civile et partis politiques, devons nous mobiliser contre le projet antidémocratique que prépare le général Sassou Nguesso !

Nous appelons à connaître et à diffuser la vérité !

Dans son discours du 12 août 2014 devant le Parlement sur « l’état de la Nation  », appelant les Congolais à construire un « État de droit » dans ce qu’il appelle « la stabilité », le général Denis Sassou Nguesso croit avoir réussi à cacher que son but est de devenir « légalement  » Président à vie !

Il ne reconnaît pas ses crimes de sang même s’il dit, non sans cynisme, à ceux de son camp : «  Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays  » !

Les Congolaises et les Congolais savent que la posture préférée du général Sassou Nguesso est celle du « pompier-pyromane », lorsqu’il fait de la thématique de la paix et de la sécurité son fonds de commerce ! En Afrique, c’est le calcul politique qui inspire toutes ses actions. Qu’il s’agisse de ses tribulations sur le dossier centrafricain et sur d’autres, le cynisme est maître-mot.

À la Table ronde du 04 août 2014 organisée à Washington par l’organisation non gouvernementale National Endowment for Democracy (NED), la contribution du Coordonnateur général des Assises Nationales du Congo, l’ancien ministre des finances Jean-Luc MALEKAT, a brillamment démontré cette vérité. Notre délégation a été reçue et écoutée au Capitole, au département d’État et par diverses personnalités.

Nous sommes persuadés que les gouvernements français et américain ainsi que l’Union Européenne n’accorderont plus de crédit aux mensonges d’état du général Sassou et à sa « politique du fait accompli ».

Nous en appelons à l’unité d’action des forces vives de la nation !

Nous l’avons dit et répété, notre cause est la démocratie. Et l’alternance démocratique est une condition inaliénable de l’existence de la République.

Nous nous opposons à tout changement ou modification de la Constitution en vigueur jusqu’au terme du second et dernier mandat du général Dénis Sassou Nguesso, le 14 août 2016. Il doit quitter le pouvoir sans condition. C’est alors que naîtra une nouvelle République.

Dans la perspective de la Charte des Forces Vives de la Nation pour l’Alternance Démocratique a été signée par plusieurs associations et plusieurs personnalités depuis le 10 juin 2014, nous signataires du présent appel, prenons l’engagement de continuer à nouer de nouvelles alliances afin qu’une vaste coalition puisse se constituer dans l’action.

L’unité d’action doit être notre règle première. Il ne s’agit pas d’une incantation. Il s’agit de procéder de manière pragmatique à la mutualisation des ressources suivant des objectifs définis par la Charte. Ces objectifs sont :

1- le non-changement et la non-révision de la Constitution du 20 janvier 2002 ;

2- la remise en cause du système électoral actuel, parce qu’elle est non-conforme aux normes internationalement reconnues. Cette remise en cause signifie :

Primo : l’annulation des résultats du recensement administratif spécial de 2013 ;

Secundo : la mise en place d’une Commission Electorale Indépendante en vue des élections libres, transparentes et démocratiques conformément à la Charte pour la Démocratie, les Elections et la Gouvernance Démocratique adoptée par l’Union Africaine et signée par le Congo ;

Tertio  : l’établissement d’un fichier électoral conformément aux dispositions reconnues internationalement et qui ont permis, d’une part, la réussite des diverses élections post-Conférence Nationale Souveraine en 1992, et d’autre part, les mesures prises consensuellement en 1997 pour la préparation de l’élection présidentielle.

3- la dénonciation systématique de la mauvaise gouvernance, source de la misère amplifiée par le pouvoir en place, ce qui justifie davantage la nécessité de l’alternance démocratique et la nécessité d’une alternative au système actuel.

La règle première de l’unité d’action interdit en conséquence toute guerre des égos.

Comme le dit notre hymne national : « Oublions ce qui nous divise. Soyons plus unis que jamais ».

NON AU REFERENDUM PORTANT SUR LA CONSTITUTION DU 20 JANVIER 2002 !

Fait à Paris, le 17 août 2014.

LES « ASSISES NATIONALES DU CONGO ».