Le Président illégal et illégitime du Congo, Denis Sassou Nguesso, a effectué une visite de quatre jours en Russie. D’après le correspondant de Reuters à Moscou, Daniel Vallot, la coopération militaire entre le Congo et la Russie était au cœur de ce voyage.

« Des conseillers militaires russes seront envoyés par Moscou à Brazzaville pour assurer des missions de formation et de maintenance. »
Pourtant, Daniel Vallot révèle aussi que des ventes d’armes ont été évoquées par le ministère russe de la Défense.

Néanmoins, cette information n’a fait que confirmer ce que les Congolais se disaient dès l’annonce de ce voyage. Car, ils connaissent l’homme. Sassou Nguesso qui n’a jamais gagné une élection et qui se sert toujours de la terreur pour diriger le pays, s’équipe en armement, à la veille de chaque élection, pour préparer un holdup électoral, terroriser les populations et provoquer une guerre.

Signalons que les prochaines élections présidentielles auront lieu en 2021, selon le calendrier politique du pouvoir de Brazzaville. Car, entre lui et son fils, Christel Denis Sassou Nguesso, un devra s’imposer comme président du Congo.

Cependant, des rumeurs folles qui montent de certains milieux proches du pouvoir de Brazzaville, parlent d’un coup d’état militaire de palais qui pourra avoir lieu. Le clan au pouvoir est convaincu d’avance, que ni le père ni le fils ne pourra gagner ces élections par les urnes. Voilà pourquoi un coup d’état militaire serait envisagé. On apprend aussi, dans les mêmes milieux, qu’au cas où cette stratégie réussirait, c’est Christel Denis Sassou Nguesso qui sera l’homme fort du pays. Et, sa garde sera assurée par des militaires russes. Comme au temps du socialisme, lorsque son père était gardé par des militaires cubains. Ses premiers actes politiques devront être le rapatriement des fonds volés et cachés à l’étranger, et la libération de tous les prisonniers politiques pour éteindre tous les foyers de tension.

Un voyage de chantage à l’endroit de la France

Mais, pour beaucoup d’analystes de la politique internationale, le voyage de Sassou Nguesso à Moscou s’inscrit aussi dans le cadre d’un chantage à l’endroit de la France. Pour Sassou Nguesso, le Président Emmanuel Macron traine le pas à soutenir le dossier du Congo auprès du Fmi et d’autres bailleurs de fonds. Son gouvernement continue à lui poser comme première condition la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption.

Et d’ajouter que ces négociations s’inscrivent dans une stratégie de reconquête géopolitique et économique de Moscou sur le continent africain. Signalons que les Russes sont déjà présents au Soudan et en Centrafrique. Ils sont aussi des partenaires privilégiés du gouvernement angolais.

Cependant, Sassou Nguesso s’en défend en ces termes : « La Russie a participé au combat de la libération de l’Afrique.  » Il l’a déclaré dans son entretien avec l’Agence Tass. Comme s’il voulait rappeler que la France compte parmi les « forces négatives  » c’est-à-dire les anciennes puissances coloniales. Alors qu’il y a quelques mois seulement il a été du côté de la France. Il avait, lui aussi, boudé la présence russe en Centrafrique.

Ouvrir les dossiers sensibles

Pour répliquer au chantage de Sassou Nguesso et le discipliner, certains milieux politiques français veulent dépoussiérer quelques affaires criminelles dans lesquelles ce dernier serait impliqué. Il s’agit entre autres de l’affaire dite Général Mbaou, des biens mal acquis, des disparus du Beach et du génocide du Pool. Une simple menace ?

Sassou Nguesso comme un chien qui lèche ses couilles

Le séjour de Sassou Nguesso a pourtant été très fructueux : signature d’une série d’accords bilatéraux, adresse à la Douma, le Parlement russe, et entretien avec le président russe, Vladimir Poutine.

Mais, pour les Congolais, ce ne sont pas ces activités officielles qui comptent. Ce qui les intéresse, c’est la rencontre de Denis Sassou Nguesso avec les étudiants congolais qui sont dans ce pays. Car, ils y trouvent de quoi pouffer de rire et alimenter leurs causeries.

En effet, Sassou Nguesso a parlé des insomnies que lui causent les salaires des fonctionnaires. Pour le Congolais Sassou Nguesso est devenu tout simplement comme ce chien qui passe son temps à lécher ses couilles au lieu de chasser. Mais, les Congolais qui sont pleins d’humour assaisonnent aussi leurs blagues avec la chanson « Etoile d’Etat » pour mieux se moquer de celui qui squatte le Palais du Plateau, la résidence officielle du chef d’Etat.

Selon eux, Sassou Nguesso est descendu trop bas pour mentir. Il a parlé des difficultés qu’il éprouve pour réunir la masse salariale, et de la perte du sommeil chaque fin du mois. Alors qu’il sait très bien où se trouve l’argent des Congolais. D’ailleurs, les Congolais se préparent à aller le chercher dans les maisons, sous les matelas, et dans les cimetières familiaux où il est caché par les dignitaires de son pouvoir. Si ce n’est pas le 15 août prochain, date de la fête de l’indépendance. En tout cas, ça se fera les jours qui suivent. Car, eux-aussi veulent bien passer la fête de l’indépendance.

« Etoile d’Etat » : le décryptage d’une chanson prémonitoire

Cette chanson de Koffi Olomide est dans son album musical « Abracadabra », sorti le 28 février 2012. Elle est la troisième dans cet opus, et est dédiée à Claudia Ikia Sassou, la fille de Denis Sassou Nguesso.

Cependant, ce qui intéresse les Congolais ce sont surtout ces paroles en lingala : « Les 27 et 28, chérie, locataire a lotaka kolo lopango. Po kolala esili elengui. Ekomi kosenga ko futa. (…) Okoma receveur, céder volant  ». En français : « les 27 et 28 le locataire ne fait que rêver le logeur. Il souffre d’une absence totale de sommeil. Parce qu’il a le loyer à payer. Tu n’es devenu qu’un receveur de bus. Il faut donc céder le volant à un autre chauffeur  ».

L’analyse de contenu du texte koffiolomidien remonte toute l’histoire de Sassou Nguesso depuis son holdup électoral, en mars 2016. Sauf que Sassou Nguesso est un squatteur et non un locataire de la Maison du Peuple. Mais, le Président autoproclamé du Congo connait, lui aussi des difficultés énormes pour payer les salaires des fonctionnaires, les pensions de retraites et les bourses des étudiants, ainsi que pour assurer convenablement le fonctionnement de certains services. C’est pourquoi il perd, lui aussi, son sommeil, devient insomniaque. Il ne sait pas où trouver les sommes nécessaires pour accomplir son devoir républicain : le payement des salaires, des pensions et bourses. Le pauvre !

« Okoma receveur, céder volant… »

Mais, les Congolais veulent faire sauter le bouchon. « Okoma receveur, céder volant ». Tu n’es qu’un receveur, un « boy-chauffeur ». Il faut donc céder le volant. C’est avec cette métaphore du permis de conduire qu’ils invitent Denis Sassou Nguesso à quitter le pouvoir. Les quatre décennies qu’il a passées à la tête du Congo suffisent à leurs yeux. Stop ! « Sassufi  » (comme disent les Combattants). Sa gestion n’a été que chaos. Pire, il a surendetté et vendu aux enchères le pays. Il a les mains qui dégoulinent de sang humain. En plus, il est usé. Mais, qui est l’homme à qui Sassou Nguesso doit céder le volant ?

Si une certaine opinion pense qu’il faudra un vrai dialogue national à l’issue duquel seront dissoutes toutes les institutions constitutionnelles, pour ouvrir le pays à une transition qui devra être gérée par un gouvernement d’union nationale jusqu’ à l’organisation des élections générales d’ici 2021 ; une autre pense que Sassou Nguesso devra prendre sa retraite politique et laisser le premier ministre continuer à diriger l’Exécutif jusqu’ à l’élection du nouveau Président.

Mais, en attendant le Dialogue national, les Congolais dédient à Sassou Nguesso la chanson « Etoile d’Etat » de Koffi Olomide, que le Dj balance aussitôt d’ailleurs. Après « Sassou partout partout  » de Kevin Mbouandé, la piste est ouverte pour danser « Les 27 et 28, chérie, locataire a lotaka kolo lopango. Po kolala esili elengui. Ekomi kosenga ko futa. (…) Okoma receveur, céder volant » avant qu’on ne change de disque, qu’on ne jette à jamais les Nguesso dans les vieilleries de l’histoire.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain