Je ne suis pas rassuré et je continue d’exiger une véritable concertation nationale des Etats Généraux de la Nation pour la réconciliation et la reconstruction du Congo uni dans une confédération.

Au début de la Conférence Nationale de février 1991, les participants ont adopté un règlement intérieur qui décidera de sa souveraineté.

Grâce aux plus érudits de nos compatriotes, cette messe nationale a su imposer, le droit exclusif des participants d’exercer l’autorité politique et législative. Alors qu’aujourd’hui on s’achemine vers un faux dialogue, sous l’égide d’un Conseil national du dialogue. Celui-ci impliquera les différents conseils (institutions constitutionnelles et imposées du 25 mars 2015) choisis comme au monopartisme et par clientélisme des loges maçonniques et des affinités claniques..

Maldonne

Un dialogue pour apaiser pour rassembler pour unir, pour rechercher des voies et moyens de réconcilier les Congolais et reconstruire le pays, sans toutes les filles et fils du Congo, cela s’appelle une sélection et une discrimination.

Cela s’appelle aussi rassemblement pour soutenir une dictature en difficulté.
Que peut-on attendre des participants d’un dialogue, où toutes les conclusions seraient connues d’avance ?

Que pourront dire les membres désignés des nouvelles institutions comme le Conseil consultatif des sages et des notabilités traditionnelles ; le Conseil consultatif de la société civile et des organisations non gouvernementales ; le Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap ; le Conseil consultatif de la Jeunesse ; le Conseil consultatif de la Femme.

Involution

Le Congo vient de régresser, un bon retour au monopartisme où les organisations de masse du parti congolais du travail refont surface. Et on parle aujourd’hui d’une « originalité », d’une « expérience qui confère une assise plus large, diversifiée et sans discrimination, à la dimension participative de notre démocratie ».

Non cette une prétendue originalité qui renforce un régime dictatorial où Sassou Nguesso est seul au centre de tout. Le souverain qui décide tout et impose tout.

Les collectivités locales comme les institutions sont des suppôts de l’oligarchie d’Oyo. Elles ne peuvent garantir une véritable démocratie participative.

La démocratie instaurée avec la constitution du 25 octobre 2016, est celle du clientélisme, des corrupteurs et oppresseurs.

Confédération

La seule dimension participative serait d’instaurer un Etat fédéral ou confédéral pour éviter de pérenniser la politique du développement séparé, c’est à dire l’apartheid imposé au Congo. Cette politique du développement séparé ne pourra disparaître qu’avec une volonté de faire comme Nelson Mandela qui, en 1996, a instauré en Afrique du Sud un Etat fédéral. Nous devons être conscients que les seuls Etats prospères en tout point de vue sont ceux qui ont adopté le fédéralisme c’est le cas de l’Autriche, l’Australie, l’Allemagne, le Canada, la Suisse, le Brésil, l’Inde, l’Indonésie et bien d’autres encore. La stratégie de la politique de Sassou est de faire de la génération de demain des esclaves de son clan de pilleurs concentrés dans les sectes officielles.

Que dire des forces de police politique qui utilisent la violence et les actes de terreur pour supprimer l’opposition politique et procéder à des éliminations physiques pour effectuer des assassinats et «  des disparitions » ?

L’Etat actuel est un état de dictature violant l’ensemble des droits de l’homme. C’est bien le constat de la communauté internationale. Il ne faut pas s’auto-satisfaire d’une procédure de l’Examen Périodique Universel (EPU) qui reste un mécanisme du Conseil des droits de l’homme ayant pour but d’améliorer la situation des droits de l’homme dans chacun des 193 États membres des Nations Unies. Pour le Congo, elle a fait de nombreuses recommandations qui sont des suggestions pour améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays.

Nous exigeons la libération de tous les prisonniers des violences politiques de 2015 à 2017.

Nous exigeons leur participation à la Concertation Nationale.

Nous sommes pour une véritable conférence nationale et j’y serais porteur d’un projet pour une confédération. Pas de saupoudrage de la décentralisation.

Me Maurice Massengo Tiassé

Fait à Belfast (Irlande du Nord) le 30 décembre 2018 à 18h