Depuis le referendum illégal du 25 octobre 2015, le caractère criminogène du système incarné par le général Denis Sassou Nguesso éclate chaque jour dans toute son horreur.

Les procès staliniens de triste mémoire, instruments de répression favoris du régime, sont mis au goût du jour. Comme lors du «  procès des bombes » en 1986, au cours duquel les actes d’accusation aussi rocambolesques que ridicules furent utilisés, le procès expéditif auquel a été soumis le général Jean Marie Michel Mokoko à son corps défendant, sera gravé dans les annales historiques de la tyrannie.

Le levier judiciaire va être utilisé dans une série de procès éminemment politiques qui s’annonce, pour punir tous ceux qui sont en désaccord avec Sassou Nguesso, mais qui l’avaient soutenu dans la réalisation de son coup d’Etat de 1997 et/ou dans la gestion calamiteuse du pouvoir. Il en sera ainsi, y compris pour ceux qui dans cette catégorie sont, peu ou prou attachés aux valeurs démocratiques.

Après le général Jean Marie Michel Mokoko, le général Norbert Dabira et Maitre Martin Mbemba, plusieurs autres citoyens vont faire les frais de cette répression devant la tristement célèbre Cour Criminelle du régime et d’autres juridictions.

Les Assises Nationales du Congo, plateforme de la société civile de la diaspora en Europe, aux Etats Unis et au Canada récusent le verdict du procès du général Jean Marie Michel Mokoko, ainsi que ceux qui vont suivre.

Elles exigent, d’une part la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion du fait de la crise du referendum et de l’élection présidentielle anticipée, et d’autre part, la libération immédiate des membres du mouvement Ras-Le-Bol arbitrairement détenus dans les geôles du pouvoir depuis quelques jours.

Les Assises Nationales du Congo recommandent à tous les membres de signer la pétition en ligne sur le site de « Tournons la page » intitulée «  les autorités doivent libérer les militants du mouvement Ras-le-bol et mettre un terme au harcèlement des acteurs de la société civile ».

Les Assises Nationales du Congo félicitent les évêques congolais, qui en dépit du droit de réserve inhérent à leur fonction auquel ils sont astreints, ont dressé un bilan sévère des maux qui frappent le Congo. Garants de l’éthique et de la morale, ils se sont fendus d’une déclaration porteuse d’espoir le 9 mai 2018, rappelant, s’il en était besoin, que la crise actuelle trouve sa source depuis l’obsession du changement de la Constitution le 6 novembre 2015. Ils épinglent en même temps des maux que les Assises dénoncent régulièrement dans le contexte d’une crise comportant au moins trois aspects essentiels à savoir : d’abord, la guerre du Pool, ensuite la question des prisonniers politiques et d’opinion, ainsi que la violation massive des droits humains et enfin la grave crise économique et financière impliquant l’intervention du FMI.

Les exigences des Assises nationales du Congo convergent avec celles des évêques sur les trois aspects ci-dessus évoqués. Les Assises Nationales du Congo soutiennent tout particulièrement les évêques du Congo dans leur volonté exprimée de voir les populations civiles du Pool jouir des droits de justice, de vérité et de réparation en tant que victimes de guerre. De même, elles appuient les évêques dans leur exigence de voir les capitaux évadés du fait des oligarques, revenir dans l’espace économique national.

Une fois de plus, les Assises nationales du Congo se mobilisent aux côtés du peuple souverain, des ONG et des autres organisations de la société civile, pour mettre fin à ce régime tyrannique et à son système.

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Paris le 15/05/2018
Pour les Assises Nationales du Congo
Po. : Le Secrétaire Permanent-Adjoint chargé des relations avec l’intérieur.
Djess Maurice KIBANGOU Dia MOUNGOUANSI