Au bout du compte le FMI est un imposteur économique non seulement théorique mais aussi pratique. C’est ce que Adrien Houbaloukou, Président de la Convention des Démocrates Indépendants (CDI) a tenté de démontrer dans sa causerie hebdomadaire du 9 mai 2019 sur les réseaux sociaux.

La première imposture est celle de ses fonctionnaires démunis de légitimité et qui décident du sort des Etats dont les dirigeants, de surcroit, n’ont jamais été élus démocratiquement pas leurs peuples.
L’autre imposture c’est de confondre production économique, monnaie et finances. Il ne suffit pas de faire tourner la planche à billets pour faire face à la crise. Mobutu se retrouva avec une incroyable inflation pour avoir imprimé des zaïres à satiété.

L’exemple le plus criard est de prétendre aider un pays à sortir de son endettement alors que sa monnaie, le CFA, n’est point arrimée à l’euro et, comme les autres monnaies (dollar, yuan, yen) ne travaille point, croupissant au sein du Trésor Public français où il (le CFA) aide à financer les allocations des Français. C’est une monnaie esclave et feignante à la fois.

Quand on parle d’accord signé entre le FMI et le Congo, de quoi s’agit-il en fait ? D’effacement de la colossale dette que Sassou faillit camoufler ou de son rééchelonnement ? Mais quelle que soit l’hypothèse, le cynisme du FMI est indéniable dans ces arrangements. Qui donc ne sait pas que même si on ne prête qu’aux riches, le Congo-Brazzaville, producteur de pétrole, de bois et de divers minerais, symbolise le paradoxe absolu de l’élève qui dispose de tous les atouts didactiques mais demeure le cancre de la classe. Cet élève, en dépit de sessions de rattrapage, ne continue pas moins d’occuper le premier rang des recalés. Le Congo n’émergera jamais sous Sassou, insatiable prédateur financier.

Diabolique FMI

Pourquoi diable le FMI continue-t-il d’aider un dictateur kleptomane qui illustre le mythique tonneau des Danaïdes, un tonneau qu’on continue de remplir d’eau alors qu’il est percé de tous les côtés ?

Des plans d’ajustements structurels, le Congo en a bénéficié à maintes reprises. Jamais ils n’ont relevé son économie. Ou ses plans sont bons et c’est Sassou qui est mauvais ou alors ce bailleur de fonds se complaît dans les erreurs et est de mèche avec le créancier Sassou. Dans un cas comme dans l’autre persévérer dans l’erreur est diabolique. Autant dire que ce n’est pas du côté de ce prêteur que viendra le salut du Congo.

Double-jeu

A quel jeu jouent la France (qui asservit le Congo avec le CFA) la Chine (créancier du Congo) et le gouvernement du Congo dont les membres sont tous milliardaires ? Ils passent leur temps à négocier alors que le peuple congolais meurt de faim.

Pourquoi la France qui a racheté la dette de La Grèce ne fait-elle pas la même chose avec la dette du Congo ? C’est que les contrats entre la Chine et le Congo profitent royalement à la France. Dans nombre d’infrastructures dont La Chine dote le Congo, matériau et main d’œuvre sont chinoises mais l’expertise technologique est française. Tout se passe comme si La Chine était la classe ouvrière de La France. On l’a vu dans la construction des Tours Jumelles de Mpila-Brazzaville, don de La Chine mais juteux beefsteak français. Pourquoi s’en étonner quand on sait que le dragon chinois a passé le plus clair de son temps à copier la technologie occidentale sans toujours réussir sa tricherie. Témoin, la structure du barrage d’Imbouilou jugée par les experts mondiaux comme une immense aberration technologique et une incroyable illustration de l’inexpérience en BTP. Mais à la décharge du copiste asiatique, ce dernier utilise ses acquisitions comme moteur de développement tandis que Sassou destine l’aide des Institutions de Bretten Wood à s’équiper en chars de combat, en orgues de Staline et à s’adonner à la corruption et au détournement des deniers publics.

Le Congo, une vieille dictature

Le FMI est en effet diabolique quand il rééchelonne sans exiger la bonne gouvernance. Autant jeter des graines d’arachides dans un poulailler. Les gallinacés vont picorer toute la semence. Si les experts du FMI ne sont pas conscients de l’absurdité de leur aide, c’est que ça leur profite largement. Quand on a vu les bobines du Français Dominique Strauss-Kahn et du Camerounais Yaya raser les murs à Mpila, on a compris l’imposture.

Jamais le FMI n’a permis à aucun Etat de se relever de la crise. Avec ses aéroports et ses ports dans la forêt équatoriale, ses banques à Oyo, Sassou passe son temps à s’équiper en éléphants blancs. Ce Président par défaut (car le véritable président croupit en prison) a contracté des dettes que les générations futures vont devoir rembourser. Inacceptable.

Le futur de la dette

Que le FMI sache que le négociateur Sassou n’a jamais été élu. Son pouvoir repose sur l’incroyable article 96 de sa Constitution. Quand le peuple congolais en aura fini avec l’actuel dictateur, le FMI pourra aller se mettre sa dette où chacun pense.