Aujourd’hui, nous pleurons nos enfants ! Préparons-nous, demain, à pleurer notre pays, le Congo !

Permettez que nous commencions cet article par nous incliner devant la mémoire de nos treize jeunes qui ont été tués par la police alors qu’ils étaient en détention au commissariat de Chacona, dans le quartier de Mpila à Brazzaville, et ensuite souhaiter nos condoléances à toutes les familles éprouvées par ce drame.

Nos enfants ont-ils été tout simplement sacrifiés ?

Pourtant, nous ne voulons pas ici revenir sur l’embarras du gouvernement qui ne savait plus s’il fallait mentir ou dire la vérité aux Congolais sur les causes de cette tragédie. Surtout sur la fragilité du porte-parole du gouvernement, Thierry Lezun Moungalla, qui a été confondu par le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou, lors de son interpellation par les députés. Ne nous vous avions pas dit que cet homme était trop fragile ?
Comme aussi nous ne disons pas avec les Congolais que nos enfants ont été sacrifiés pour des pratiques magiques.

Pourtant, ce n’est pas la première fois que des telles tragédies liées à des pratiques magiques ont lieu dans notre pays. Il y a eu les disparitions des enfants de Moukondo, les accidents du Beach de Brazzaville lors d’une simple opération de rapatriements des Congolais de l’autre côté du Fleuve Congo, et de Mvoungouti, les victimes de Saint-Pierre Claver de Bacongo, les disparitions du Beach et celles qui sont régulièrement enregistrées dans les grandes villes du pays.

Néanmoins, dans le drame de Chacona s’ajoutent les mutilations faites sur les morts dans les morgues municipales où ne travailleraient que des citoyens marocains. Et, pourquoi ?

Tableau lugubre où de telles pratiques ne sont pas loin d’être liées au trafic d’organes humains ou à la magie noire. Et, les rumeurs sur l’arrivée à Brazzaville des grands marabouts vaudous ouest-africains vont bon train. Comment ne pas croire aux sacrifices humains par les dignitaires du pouvoir quand les marabouts sont dans nos murs ? Ce pouvoir ne fonctionne qu’avec du sang humain de la même manière qu’un moteur fonctionne avec du carburant.

Massif exode

Mais, nous voulons dans cet article, revenir sur le projet de déverser 5.000.000 de citoyens Rwandais et Congolais (Rdc) au Congo-Brazzaville. Un macabre projet qui serait concocté par Denis et Christel Denis Sassou Nguesso obsédé par la réalité d’un Nord dépeuplé. Il viserait à changer complètement la physionomie et les cartographies politique, administrative et militaire du Congo afin de rattraper le retard démographique septentrional.
Il faudra donc mettre le Congo Brazzaville dans la même situation confuse et délicate que vit son voisin, le Congo-Kinshasa car « plus il y a le désordre plus j’aime diriger » (sic Sassou). Cela leur permettra de conserver pendant longtemps le pouvoir. Aujourd’hui, nous pleurons nos enfants ! Demain, nous pleurerons nos enfants et notre pays, le Congo !

C’est Guy Mafimba, le porte parole du Rassemblement pour la Démocratie et le Développement (Rdd), qui le révèle et en parle le premier dans les réseaux sociaux. Nous nous sommes intéressé à la question et nous sommes allé à la recherche des indices de ce projet. Voici ce que nos oreilles ont entendu.

Changer la physionomie du Congo

Devant sa défaite aux élections présidentielles anticipées du 20 mars 2016 où il n’avait obtenu que 8% des suffrages exprimés, Sassou Nguesso, le leader du PCT aurait décidé de venger son honneur et de châtier sévèrement les Congolais. Et cela, pour longtemps ! Ses homologues dictateurs rwandais, Paul Kagamé, et congolais, Joseph Kabila, lui auraient servi de conseillers spéciaux.

Ils lui auraient proposé de changer complètement la physionomie du Congo, bouleverser la cartographie politique, administrative, militaire et faire disparaitre tous les repères historiques des Congolais.

Mais en réalité, Paul Kagamé et Joseph Kabila ne lui auraient pas proposé une autre formule que celle qui est en cours au Congo-Kinshasa et qui réussit : faire des Congolais des étrangers dans leur pays. Comment ? En organisant des l’invasions de Rwandais dans ce pays. C’est la rwandalisation du Congo.

Comprendre la notion de « rwandalisation »

Pour chasser Mobutu Sesse Seko, le président du Zaïre au pouvoir depuis 1965, Laurent Désiré Kabila avait été aidé, dans sa rébellion, par les gouvernements ougandais et rwandais.
Les présidents Yoweri Museveni et Paul Kagamé lui avaient apporté de l’aide militaire et logistique. Laurent Désiré Kabila avait gagné la guerre et s’était autoproclamé président de la République du Zaïre, en 1997. Il rebaptisa le pays en République démocratique du Congo.
Cependant, après sa rupture avec le Rwanda et l’Ouganda, et les grands changements politiques qu’il avait commencés à opérer dans son pays, Laurent Désiré Kabila fut isolé politiquement et diplomatiquement. Il est abattu, le 16 janvier 2001, dans son palais, dans des circonstances qui ne sont toujours pas élucidées. Ca fait penser à l’assassinat de Marien Ngouabi jamais éclairci.
Néanmoins, le comité de crise monté pour coordonner les obsèques de Laurent Désiré Kabila et gérer la crise, désigne celui qui serait son fils pour lui succéder. Il s’agit de Joseph Kabila dont la filiation à Laurent Désiré Kabila suscite, pourtant, un grand débat.

Mais, ce dernier qui connait la puissance des armées ougandaise et rwandaise puisqu’il en avait fait partie et qui veut faire la paix avec ces pays, monte avec eux un projet de changer complètement la physionomie et les cartographies politique, militaire et administrative de ce pays par l’occupation rwandaise.
Joseph Kabila n’a donc pas hésité à nommer des cadres rwandais à la tête des institutions constitutionnelles, administratives, politiques et militaires du Congo-Kinshasa. Mais, il faut aussi voir les milliers de Rwandais qui ont chassé ou massacré, par le moyen de la guerre, les populations autochtones de l’Est du pays.

Face à cette invasion, les Congolais sont devenus des étrangers dans leur pays. Si certains errent encore dans les savanes ou les forêts, d’autres se sont exilés dans les pays voisins. D’où les guerres récurrentes à l’Est de ce pays. Malheureusement, c’est dans ces régions de l’Est qui sont en guerre que les puissances occidentales et la Chine pillent les matières premières qu’elles exportent chez elles à partir du Rwanda. On y note pourtant la présence des Forces de l’Onu mais la guerre continue et fait des morts tous les jours.

Faisant d’une pierre deux coups, ce plan a aussi permis à Joseph Kabila de neutraliser les grands leaders de l’opposition comme Etienne Tshisekedi, mort à l’étranger, à Bruxelles, en Belgique ; et Jean-Pierre Bemba Gombo, accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans le conflit centrafricain, entre 2002 et 2003. Sa milice avait, en effet, apporté de l’aider au président Ange-Félix Patassé qui était menacé par la rébellion de François Bozizé.

Bemba était incarcéré à la CPI depuis 2008, durant les deux mandats de Joseph Kabila. Hasard du calendrier ou simple coïncidence, il vient d’être acquitté au cours de ce mois.

La rwandalisation du Congo-Brazzaville

Au Congo-Brazzaville, les Rwandais ne seront pas seuls. Ils viendront avec les Congolais de la Rdc. Et, le Congo-Brazzaville devra recevoir 5.000.000 de têtes pour noyer complètement la population congolaise qui, elle, ne compte que 4.000.000 d’habitants. C’est un véritable drame que Denis et Christel Denis Sassou Nguesso préparent. Drame auquel les Congolais ne réagissent pas, ne s’intéressent pas encore. Et pourtant il s’agit d’une catastrophe. La disparition du Congo est en marche. Le plan est déjà en exécution. Par exemple, toute la garde de Christel Denis Sassou Nguesso, le pressenti successeur de Denis Sassou Nguesso, ne sera composée que des Congolais de la Rdc et des Rwandais. Ces éléments seraient déjà en formation en Israël. Il y a faux et usages de faux pour s’octroyer des pièces d’identité du Congo-Brazzaville. Cela est de même dans le domaine de la santé où des étudiants de la Rdc ont obtenu des bourses octroyées par la Fondation Perspective d’avenir que dirige Christel Denis Sassou Nguesso.

Cependant, ce qu’il faudra craindre, dans un proche avenir, est que ces étudiants qui deviendront médecins et qui travailleront, sans doute, au Congo-Brazzaville, aient la mission de continuer autrement le plan Mouebara. Celui qui avait été confectionné, par Denis Sassou Nguesso, pendant la guerre de 1997 et qui vise à dépeupler la partie sud du Congo par les massacres des populations.

Puisqu’ils auront la facilité d’empoisonner, à travers les médicaments qu’ils vont administrer à leurs patients, rendre stériles les jeunes filles de toutes les régions du sud la stratégie de longue durée semble payante. Au Kenya, par exemple, des faux vaccins destinés à rendre les femmes stériles ont été trouvés dans des lots de médicaments. Le modèle est transposable au Congo.

Les Congolais doivent faire échouer la succession de Christel Denis Sassou Nguesso

Ne nous amusons pas ! « Ce n’est pas seulement les poils du rat qui brulent ; mais, c’est tout le rat  » pour reprendre une expression bakongo. Le pressenti successeur de Denis Sassou Nguesso a dit qu’il va continuer la politique de son père. Et, quelle est cette politique ? Les pages de ce site seront très insuffisantes si nous nous mettions à répondre à cette question !

Comprenez ! Si les Rwandais et les Congolais de la RDC qui seront disséminés dans la partie septentrionale du pays seront, sans doute, obligés à cohabiter avec les populations qu’ils trouveront sur place, dans la partie sud, reconnue comme rebelle au pouvoir de Sassou Nguesso, ça ne sera pas le même traitement. Croyez-moi ! Les Rwandais et les Congolais auront la mission de prendre les terres, déloger ou massacrer les populations autochtones pour y demeurer à vie. Les cadres du Sud qui continuent à soutenir Denis Sassou Nguesso ne savent pas encore ce que mijotent Sassou Nguesso et son fils. Et c’est vraiment dommage car ils en seront, eux aussi, victimes. Kolelas et Tsaty Mabiala subiront, eux aussi, cette politique phagocyte. Puisque selon ce plan, tous les grands partis doivent disparaitre, le plan marchera comme sur des roulettes. Les cadres originaires du sud seront tous remplacés. Un seul grand parti, celui de Christel Denis Sassou Nguesso, naitra et occupera le terrain politique avec ses 5.000.000 de militants.

Création des comtés dans chaque département

Pour faire asseoir l’autorité politique de Christel Denis Sassou Nguesso dans tout le pays, le projet envisage la création de ce qui ressemblerait au comté dans les monarchies. C’est- à -dire les Sassou ou des Nguesso se partageront les départements, comme les comtes ou les ducs. Chacun sera leader politique d’un département. Chacun aura la mission de faire asseoir le parti familial dans sa région. Chacun aura une base constituée par les Rwandais et les Congolais de la RDC qui auront déjà la nationalité congolaise, pour avoir tous les droits politiques. C’est un travail qui prendra du temps ; mais qui a déjà commencé dans les officines du clan Sassou. Mais, tout deviendra effective et ira vite avec l’implantation des sociétés agricoles rwandaises dans le Pool et la Bouenza. Les Congolais doivent coûte que coûte s’opposer à la réalisation de ce projet s’ils ne veulent pas vivre des lendemains qui déchantent .

Somme toute

Les Congolais doivent cesser d’être comme une mère poule et ses poussins t surpris par la pluie. En effet, lorsqu’ils sont complètement mouillés, ils projettent de se construire un abri. Et, chaque poussin s’engage à porter quatre piquets. Ils le disent dans leurs piaulements : « biya, biya ! biya, biya !  ». Et, la mère poule de les réconforter : « Mbazi mbo ta ntunga nzo yeto  » littéralement « demain, nous allons construire notre abri. » Mais, la pluie finie, le projet est complètement oublié. Il ne sera dépoussiéré qu’à la prochaine pluie lorsqu’ils seront de nouveau mouillés.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain