Même entre eux, malgré la linguistique qui leur sert de tronc commun, Mbochi sens strict, Makoua, Kouyou, Likouba... ne se font pas de cadeaux.

Que de couleuvres avalées !

A la chute du tout puissant et ancien directeur général des douanes, Jean Alfred Onanga, une horde de « mbochi  » avait manifesté en chantant à tue-tête « Onanga élombé, Onanga élombé ». Les « Makouaens » qui n’ont pas bougé lors de l’incarcération de Jean-Marie Michel Mokoko daigneront-ils exprimer leur mécontentement à l’occasion de la mise à l’écart de Christian Roger Okemba et de Nicolas Okandzi ? Ont-ils les couilles bien suspendues et vont-ils pousser la chansonnette « baré ba bissi kâ !  ». Les ressortissants de Makoua se sentent-ils assez humiliés pour rentrer en rébellion contre le pouvoir « mbochi » de Denis Sassou Nguesso ?

DGST

Lydie Okandzi, épouse du kleptomane homicide, découvre les sévices de la DGST. Des gémissements, des pleurs, des plaintes en provenance de la DGST, Madame Okandzi n’avait rien vu, rien entendu et rien dit. Les auditions à la DGST se déroulent dans les conditions inhumaines régulièrement dénoncées par les ONG de défense des droits et des libertés. De nombreux congolais y ont laissé leur vie. A la suite de l’arrestation de Christian Roger Okemba et Nicolas Okandzi, ci-devant conseiller de Sassou, dans une bande sonore devenue virale, c’est Madame Okandzi, native de Makoua flattant l’instinct grégaire primaire qui sonne la révolte. « Mon mari n’est pas un voleur, celui qui a pris l’argent c’est Okemba, c’est comme ça que vous traitez les cadres, il ne peut pas prendre ses médicaments, le pouvoir de Sassou est en train de se dérober sous vos pieds. Je vais faire un scandale ici, je ne rentre pas chez moi, je vais passer la nuit ici, je suis Française.. ».

Depuis le retour du khalife d’Edou-Penda au pouvoir en 1997 (Denis Sassou-Nguesso), la Régie Financière est devenue un instrument d’influence de la Cuvette et considérée comme un outil d’enrichissement ethno-régionale.
Appareil économique de l’Etat, la régie financière excelle par les malversations financières de ses agents majoritairement de la Cuvette et par une très faible collecte des fonds pour le compte du Trésor Public où règne en véritable monarque Albert Ngondo.

Théorème tribal

Le fils de mama Mouébara, Denis Sassou Nguesso, dirige le petit pays pétrolier d’Afrique Centrale, le Congo-Brazzaville, suivant le théorème : les cadres politiques, administratifs et militaires doivent être originaires de l’axe Oyo-Boundji-Olombo auquel il faut lester les localités de Makoua et Owando. A ce titre, les cadres civils et militaires originaires de Makoua occupent une place de choix dans le dispositif de Denis Sassou Nguesso. C’est ainsi sont apparus les Auxence, Ikonga, Germain ikonga Akinndou, Ndékessé, Sylvestre Ondzel, Ondzel Ona, Valence Osseté Niamba, Jean-Marie Michel Mokoko, Firmin Ayessa, Jacob Okandza, Nicolas Okandzi, Christian Roger Okemba, Jean-Pierre Ngombé, Roger Edouard Okoula, Ndinga Mbo, Aya, Ata…

Les divers services de la régie financière du Congo-Brazzaville ne font malheureusement pas exception à cette règle non écrite mais qui fait office de loi. Exit la compétence et les qualités de bon gestionnaire.

Une autre bande sonore appelle au cessez Le feu : « Cette affaire est très sale. Elle va éclabousser tout le monde. Tout le monde vole. Il faut commencer par le père, la mère et les enfants. C’est une affaire qui concerne au premier chef Firmin Ayessa et Ngafouomo. Mboulou et Obara n’ont jamais volé ? Il faut les sanctionner d’une autre façon. Pas la prison ! … »

Jurisprudence Elongo

Les originaires de Makoua ne supportent pas l’incarcération de Christian Roger Okemba, les membres de sa famille et de Nicolas Okandzi, assassin du jardinier Bambélo. La jurisprudence Elongo doit s’appliquer à Christian Roger Okemba et à Nicolas Okandzi.

Jean Didier Elongo a volé 750 millions de francs CFA. Il a croupi quatre mois en prison, a été élargi et nommé au comité central du PCT. Pour plus que ce que l’on reproche à Christian Roger Okemba et à Nicolas Okandzi, des cadres « mbochis » trempés dans les malversations financières s’en sont tirés sans aucune poursuite judiciaire. Les exemples sont légion. Pour les ressortissants de Makoua, la jurisprudence Elongo doit bénéficier à l’ancien maire de Brazzaville et à l’ancien directeur général du budget. Quand bien-même ce son des bandits qui puinissent d’autres bandits, à quand l’application de la loi, rien que la loi ? Les populations du Congo-Brazzaville en ont marre d’une justice à géométrie variable.

Benjamin BILOMBOT BITADYS