Le Congo-Brazzaville célèbre avec faste le cinquantenaire de son indépendance sur fond de crise économique et de creusement des inégalités sociales. La bagatelle de 27 milliards de francs CFA a été mobilisée pour fêter l’événement. Rien ou presque pour l’emploi et le travail des jeunes. Tout pour le cinquantenaire, rien que pour le cinquantenaire. Pour l’occasion, un Yacht a été commandé à Dubaï pour la croisière (Cf Congopage.com, 20 Juillet 2010). Cette cérémonie grandiloquente à coup de milliards est à mille lieues des préoccupations des populations du Congo-Brazzaville notamment des jeunes potentiellement actifs mais oubliés par les divers programmes de société de ces vingt cinq dernières années. Du plan quinquennal au chemin d’avenir en passant par la nouvelle espérance. Les jeunes sont les laissés pour compte. Les promesses d’emplois de Denis Sassou Nguesso sont restées lettre morte. Elles ont fondu comme neige au soleil, se sont évaporé comme des écrits sur du sable du Sahara. C’était du bluff.

« Le chômage des jeunes, qui a atteint l’année dernière un niveau record dans le monde, avec 81 millions de personnes âgées de 15 à 24 ans sans emploi, risque de créer une génération perdue » a mis en garde le Bureau international du travail (AFP, 12 Août 2010). Cet avertissement du BIT sonne comme une claque administrée aux gouvernements peu soucieux du sort des jeunes. Parmi les pays épinglés par Juan Somavia, directeur général du BIT, le Congo-Brazzaville figure en bonne place. Et pour cause : ce petit émirat pétrolier d’Afrique centrale qui produit 330 000 barils par jour est victime du syndrome hollandais (fascinée par le pétrole, La Hollande négligea les autres secteurs de l’économie dans les années 60). Au Congo, le secteur pétrolier qui fait tomber une pluie de pétro CFA dans les caisses du Trésor public a cannibalisé le reste du secteur économique créateur d’emplois. Le taux de chômage est de 53 % d’après le RPDH. Les jeunes font toutes les démarches mais les portes se ferment devant eux. Du moins, pour ceux des jeunes qui ne sont point tombés pieds et poings liés dans la sapologie cette forme déguisée d’abêtissement du Congo-Brazzaville. La sapologie est encouragée par Isidore Mvouba et Alain Akouala Atipo et fait roucouler d’aise Sassou Nguesso. Ces jeunes qui sont sans emploi continuent d’aller gonfler le secteur informel.

« Les jeunes gens sont le moteur du développement économique », a estimé le directeur général du BIT, Juan Somavia, ajoutant que « renoncer à ce potentiel est un gâchis économique qui peut saper la stabilité de la société ». Ce sont des recommandations frappées du coin de bon sens mais que nos dirigeants congolais, après cinquante ans d’indépendance, n’arrivent pas à exécuter.

Pour lutter contre cette situation, le BIT a appelé les gouvernements à maintenir leurs programmes de soutien pour l’emploi des jeunes, malgré les coupes budgétaires annoncées ces derniers mois et années. Denis Sassou Nguesso, Isidore Mvouba, Gilbert Ondongo et les agents du Chemin d’avenir mettront-ils à profit ce sage conseil d’expert du BIT, en assurant par exemple la promotion des PME/PMI, de la protection de l’environnement, de l’agriculture, de l’hôtellerie et du tourisme etc. ? Au Congo-Brazzaville, il n’est pas interdit de rêver éveillé ! Pour l’instant ces agents ont la tête dans les nuages enivrants du cinquantenaire. Habitués à consommer sans travailler, ils doivent prendre Juan Somavia pour un drôle d’oiseau.

Benjamin BILOMBOT BITADYS