Accord boiteux

Les recommandations de la Commission ad’ hoc paritaire réunie du 17 au 20 janvier 2018 qui préconisent la levée du mandat d’arrêt lancé contre le Pasteur Ntoumi interpellent notre attention.

Nous déplorons que la résolution de la crise du Pool n’ait mis autour de la table que les deux belligérants (Frédéric Bintsamou alias Pasteur Ntoumi et le gouvernement).

L’Eglise, la société civile, la communauté internationale, les ONG et la classe politique du Congo-Brazzaville n’ont pas été associés aux travaux. Nous regrettons que les intérêts des populations n’aient pas été au centre desdites négociations.

L’indemnisation des populations déplacées a été passée sous silence. La libération des prisonniers politiques, le dialogue sous l’égide de la communauté Internationale n’ont pas été pris en compte.
En définitive les recommandations de la commission paritaire banalisent les massacres et font la part belle à l’impunité au Congo-Brazzaville.

A notre sens, il s’agit d’un accord boiteux dont les conséquences risquent de faire tomber la région dans les mêmes travers.
Triste constat : toute cette effusion de sang pour en arriver à ça ?
La question qu’on se pose est celle de la possible collusion entre le Pasteur Ntoumi et le Pouvoir. A qui a profité la guerre ? En tout cas pas aux populations civiles du Pool.

Nous proposons :
1°- Que cette commission soit élargie à l’ensemble de la classe politique, à l’Eglise, à la société civile, aux ONG et la Communauté Internationale.
2°- Les responsabilités des uns et des autres doivent être clairement établies.
3°- Cette guerre a fait 130.000 déplacés. Le nombre de morts doit être répertorié afin de dédommager les familles.
4°- Les villages doivent être reconstruits.

C’est à ces conditions que la Paix dans la région du Pool pourra être durable.

Jean-Luc Malékat, président de l’ACODESA (Actions et Conseils pour le Développement Economique et Sociale en Afrique)


Fait à Nice le 22 janvier 2018