COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Conseil Représentatif de la Plateforme associative Assises Nationales du Congo s’est réuni, le dimanche 11 février 2018 pour examiner l’actualité économique, sociale et politique de la République du Congo depuis le dernier « discours sur l’état de la Nation » prononcé par le Général Denis Sassou Nguesso, le 30 décembre 2017.
Le Conseil Représentatif des Assises Nationales du Congo a ainsi constaté avec peine la poursuite de l’aggravation de la crise multidimensionnelle. En effet :

I – SUR LE PLAN ECONOMIQUE

1. Un pouvoir politique non crédible dans ses relations avec les Institutions de Bretton Woods
Depuis la dernière mission effectuée par le Fonds Monétaire International (FMI) du 5 au 20 décembre 2017, le Gouvernement n’a suivi aucune des recommandations relatives à l’audit sur la mauvaise gouvernance et la corruption avérée, audit pourtant publiquement réitérée par la Directrice Générale du FMI sur les antennes de Radio France Internationale (RFI) le 14 décembre 2017.

2. La liquidation précipitée des entreprises publiques et le déni du droit syndical
Le pouvoir de Brazzaville, a procédé à la liquidation précipitée de deux grandes entreprises publiques, à savoir la Société Nationale d’Electricité (SNE) et la Société Nationale de Distribution d’Eau (SNDE), contre les avis motivés des centrales syndicales des dites entreprises, et avant toute recommandation cohérente de politique macroéconomique de stabilisation du FMI. A contrario, les deux plus importantes entreprises publiques dépourvues de syndicats, principaux foyers de la corruption endémique, en l’occurrence la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC) et la Congolaise de Loterie (COGELO), sensées générer les plus grosses recettes de l’État et dont la liquidation a été exigée par la société civile, pour gestion opaque, demeurent inamovibles.

3. La poursuite des mensonges d’Etat
Jusqu’à ce jour, le pouvoir de Brazzaville n’a fourni aucun élément pertinent en réponse, aux questions essentielles que se posent autant l’opinion nationale qu’internationale :
• Quel est le montant de la dette extérieure du Congo ?
• Quel est le montant de la dette intérieure du Congo ?
• Comment expliquer que Messieurs Bouya Jean-Jacques, Denis Christel Sassou et Gilbert Ondongo aient à eux seuls engagé la République auprès de plusieurs créanciers, notamment chinois sans s’en référer au Parlement ? L’article 111 de la constitution du 20/01/2002, en cours au moment des actes en cause ne stipulait-il pas : « Sont du domaine de la loi : (…) l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toute nature, les emprunts et les engagements financiers de l’état ; (…) » ?

II – SUR LE PLAN SOCIAL

1. L’aggravation des conditions de vie des fonctionnaires et des retraités
Les fonctionnaires et agents publics de l’Etat accusent plusieurs arriérés de salaire. Au 11 février 2018, le personnel de l’Université Marien Ngouabi ainsi que celui du Centre Hospitalier Universitaire de Brazzaville (CHUB), accusent plus de quatre (4) mois d’arriérés de salaire.
Les retraités, considérés par le pouvoir comme des serpents sans venin, accumulent 13 mois d’arriérés de pensions. C’est un mépris évident à l’égard de cette catégorie sociale de Congolais. Un mépris analogue est entretenu face à la jeunesse estudiantine réduite à la mendicité.

2. Le fonctionnement a minima du CHUB
Depuis la grève illimitée déclenchée le 01/08/2017 par les agents du CHUB, cette unique institution médicale de référence de notre pays est restée complètement fermée durant trois mois. C’est à partir de décembre 2017, qu’il fonctionne a minima…

3. La poursuite des grèves de manière intermittente
La contestation se poursuit dans la fonction publique, les entreprises d’Etat, les différents organismes publics ou parapublics. De manière intermittente et larvée, les étudiants et le personnel de l’Université Marien Ngouabi entrent en grève. La pression du pouvoir sur les leaders des différents syndicats entame de temps à autre la détermination des grévistes.


III – SUR LE PLAN POLITIQUE

1. Les manœuvres politiciennes
La signature d’un accord dit de cessez-le feu et de cessation d’hostilités entre le pouvoir de Brazzaville et un représentant de la rébellion apparait aujourd’hui comme un leurre. Concrètement, ledit Accord n’a jusqu’à présent produit aucun effet pertinent et palpable au profit des populations civiles. L’insécurité perdure dans le département du Pool, désormais envahi par les mercenaires du pouvoir venus de l’étranger, sans base militaire de repli, qui rackettent des villageois démunis et meurtris.

2. Des prisonniers politiques
La détention arbitraire de plusieurs adversaires politiques et acteurs de la société civile dont le Général Jean Marie Michel Mokoko, Okombi Salissa, Paulin Makaya, Limbonga Ngoka, le journaliste Ghislain Fortuné Dombé... Sous l’injonction du gouvernement américain, le colonel Marcel Mpika a été libéré. Mais des centaines d’autres concitoyens ploient dans les geôles insalubres du totalitarisme congolais.


IV – EN CONSEQUENCE

Au regard de tout ce qui précède, le Conseil Représentatif des Assises Nationales du Congo exige :

1. Pour ce qui concerne les victimes civiles d’exactions, de viols, de tortures et tous actes infamants.
L’ouverture d’une enquête internationale, conformément aux dispositions du Protocole additionnel (Protocole II du 8 juin 1977) aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés non internationaux, mais aussi du Statut de Rome, Traité portant création de la Cour Pénale Internationale. A cet effet, le Conseil Représentatif entend peser avec force pour que les criminels qui se terrent au sein de ce régime criminogène et tous leurs complices soient poursuivis. Et principalement, la responsabilité juridique du Parti Congolais du Travail (PCT), et de la mouvance présidentielle est engagée.
2. Pour ce qui concerne la mauvaise gouvernance, les mensonges économiques et financiers du pouvoir de Brazzaville  :
La mise en œuvre des Audits requis par le FMI. Le Conseil Représentatif interpelle la Société civile congolaise indépendante du pouvoir de Brazzaville à se tenir en veille permanente pour dénoncer les manœuvres visant à couvrir la gabegie et la corruption qui minent notre économie, et qui ont conduit à la privatisation et à la liquidation précipitée des biens relevant du patrimoine national. Surtout que ces privatisations et liquidation ne sont que des subterfuges pour accroître les ressources d’une oligarchie.

3. Pour ce qui est de l’avenir politique du pays dans son ensemble :

3.1- Les Assises Nationales du Congo, réaffirment que seule une démission du pouvoir de Monsieur Sassou Nguesso et de son système permettront une relance sereine et apaisée du pays à travers un gouvernement de transition, expurgé des acteurs politiques actuels, responsables de la faillite économique, sociale et institutionnelle du Congo. Dans le chaos généralisé actuel, une quelconque aide du FMI, non corrélée à un changement de régime, sera considérée par la résistance politique comme une collusion entre les institutions de Bretton Woods et le régime kleptomane de Brazzaville.

3.2- Les Assises Nationales du Congo, organisent à Paris, une table-ronde des forces-vives de la diaspora, le samedi 17 mars 2018, de 9h à 18h, sur deux thèmes majeurs :
1- Exiger solennellement la démission du dictateur-tyran Denis Sassou Nguesso.
2- Les perspectives institutionnelles pour une véritable transition démocratique au Congo.

Cette table-ronde est un moment politique majeur qui est ouvert aux Congolais, soucieux d’œuvrer pour un changement irréversible dans notre pays. Les communications doivent être envoyées, entre le 1er et le 10 mars au secrétariat des Assises, qui les soumettra à la commission d’organisation en cours de constitution.

Paris, Ottawa, Washington, Brazzaville, le 17 février 2018
Pour les Assises Nationales du Congo,
Le Secrétaire Général
Ferdinand Justice MOUKALA
Contacts Presse :
Le Porte-Parole, Secrétaire Exécutif en Charge des Médias et de la Stratégie de Communication :
Antoine Page KIHOULOU

Assises Nationales du Congo
83, rue de Reuilly,
ACDE Impasse du Mousset
75012 Paris (France) Association Loi 1901, déclarée à la Préfecture de Police de Paris,
Récépissé n°W7512246551
du 20 mai 2014
Mail : [email protected]

Paris le 17 février 2018