Le jeudi 11 juillet 2019, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international examinera, enfin, le dossier du Congo-Brazzaville dans le cadre de la facilité de crédits élargie. Cette date semble être fatidique pour les Congolais. Le pays court un grand danger.

Déjà, les articles ou les messages publiés dans les réseaux sociaux donnent bien la température qui règne au Congo. Le déclenchement d’un conflit, le jeudi 11 juillet, n’est pas à écarter, selon certains analystes de la politique congolaise.
Car, au cas où la décision du Fmi sera positive, les partisans du pouvoir fêteront l’événement comme une victoire politique. Ils afficheront un comportement triomphaliste qui risquera de narguer et de frustrer beaucoup de Congolais jusqu’à faire monter la tension dans le pays.

Les Congolais qui ne croient plus au discours politique de Denis Sassou Nguesso et celui de son gouvernement pour relever l’économie du pays, et qui sont conscients des conditions drastiques que va imposer le Fmi au gouvernement congolais, n’accepteront pas d’avaler la pilule. Elle sera trop amère pour la descendre dans les tripes. Ces Congolais risqueront de s’exprimer, à l’étranger et au pays, par des actes de vandalisme qui pourront déclencher la révolution qui couve déjà dans tout le pays et dont l’air est déjà visible dans les horizons.

Il en sera de même en cas de refus. La décision du Fmi sera vécue comme une annonce et une signature de l’acte de décès du pouvoir de Denis Sassou Nguesso, par le Fmi et la communauté internationale. Ces partisans risqueront de descendre, eux aussi, dans la rue pour manifester contre le Fmi, surtout la France, jusqu’à rendre le pays ingouvernable par une guerre qui permettra à Sassou Nguesso de se maintenir au pouvoir et de ne pas organiser les élections en 2021.
La guerre programmée en 2021, risquera de commencer ce jeudi 11 juillet 2019. Car, elle permettra au pouvoir de gagner le temps.

Ils ont fait le plein

Devant cette situation qui plonge le pays dans l’incertitude, les dignitaires du pouvoir ont déjà «  fait le plein  » c’est-à-dire ils ont rempli les réservoirs de leurs véhicules 4x4 et sont prêts à quitter le pays ; les congélateurs avec toutes les provisions nécessaires, et leurs valises avec des devises étrangères. Voilà pourquoi la BEAC en manque cruellement, dans ses coffres-forts, ces derniers temps.
On apprend aussi, dans certains milieux diplomatiques, que des ambassades seraient consignées pour recevoir certaines familles des dignitaires du pouvoir, en cas de conflit.

La France, comme Ponce Pilate ?

Le dossier du Congo avait d’abord été programmé le 5 juillet dernier. Malheureusement, à cette date, il n’a plus figuré dans le calendrier du Fmi.
Selon certaines sources, la France n’avait pas réussi à l’inscrire dans le calendrier du Fmi, parce que bloquée par les autres puissances occidentales qui exigent comme préalable à ce prêt, la bonne gouvernance et un gouvernement d’union nationale.

Mais, nous avons aussi appris qu’elle voulait que Denis Sassou Nguesso calme avant tout la tension qui ne cesse de monter dans son pays, en organisant le dialogue et créant un gouvernement d’union nationale, avant de programmer le dossier Congo dans le calendrier du Fmi. Or, le dialogue national, le gouvernement d’union nationale et la paix signifient la fin du règne de Sassou Nguesso.

Cependant, c’est le chantage, la pression et les menaces de Sassou Nguesso sur les intérêts français au Congo qui auraient obligé la France à peser de tout son poids pour inscrire le dossier Congo à la date du 11 juillet prochain. Et, la France aurait lavé ses mains dans le dossier Congo. Comme Ponce Pilate dans la condamnation de Jésus. Est-ce pour cette raison qu’elle a retiré Mme Christine Lagarde à la tête de cette institution pour lui proposer un autre poste ?

Aboutiront, n’aboutiront pas ?

C’est la question que ce posent, aujourd’hui, tous les Congolais qui vivent déjà dans un climat de panique et craignent un « Jeudi noir ».

Mais, aussi toute la communauté internationale qui met à l’épreuve l’éthique des institutions de Bretton Woods, ainsi que les investisseurs internationaux qui, eux, attendent le climat sociopolitique qui naitra dans le pays, après la décision du Fmi.
Car, d’aucuns savent que les décisions du Fmi sont drastiques et détériorent souvent le climat sociopolitique dans les pays où cette institution signe les accords avec les gouvernements.

Déjà, dans la presse nationale et les réseaux sociaux, la guerre a commencé. Les deux camps : la presse proche de l’opposition et celle qui soutient l’action gouvernementale se lancent les pierres.

« Ils ont été prompts à relayer le calendrier de travail du conseil d’administration du Fonds monétaire international, duquel ne figurait pas le Congo à la date du 5 juillet, initialement annoncée pour l’examen de son dossier. Ces pseudos activistes de la bonne gouvernance ont hélas toute honte bue, disparu des réseaux sociaux où ils sont très actifs, pour commenter l’inscription du Congo au calendrier du FMI en date du 11 juillet 2019. Dire que l’ennemi du congolais, c’est le congolais (…) Le dossier du Congo sera examiné. Dans le peuple, cela est vu comme un soulagement, en attendant les décisions qui en résulteront. Du reste, le ministre Calixte Ganongo quitte Brazzaville lundi, pour Washington. L’accord FMI-Congo sera sauf retournement de dernière minute, conclu. Le premier décaissement pourrait intervenir au mois d’août. Cela, ce sera au moins, du concret, qu’attend le peuple. » Lisons-nous dans les Echos.

Et, Brazzanews de rétorquer : « Finalement le Congo-Brazzaville a été programmé pour le 11 juillet au lieu du 5 juillet 2019. Selon nos sources, le FMI ne donnera aucun prêt au Congo. Ceux qui nous accusent d’encourager la crise pour aboutir à un soulèvement ont tort et nous assumons cette stratégie. C’est le seul moyen de tourner la page de la dictature la plus féroce en Afrique.  »

Réalisé par Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain