Même si après son séjour à Moscou Sassou est en train d’écrire la chronique d’une guerre annoncée, les possibles affrontements de 2021 ne sont pas une fatalité. Prenons le toréador d’Edou par les cornes. Virons-le de l’arène. Au lieu de la guerre, les Congolais auront la paix.

« Soki o moni ndoki, belela. Mboka mobimba eyoka yo ! » En clair :
« Quand tu croises un sorcier, il faut ameuter tout le village ».

Nous voulons peindre le comportement politique de Sassou Nguesso, Président autoproclamé du Congo, et dénoncer, d’avance, la guerre qu’il veut imposer aux Congolais en 2021. Ce prédateur ne donne pas l’occasion aux Congolais de mettre leurs morts dans des cercueils et de les enterrer convenablement. A cause de ses guerres récurrentes très meurtrières il y a cette redoutable horreur qui contraint les familles à abandonner, dans les savanes ou les forêts ou encore le long des routes, leurs parents fauchés par des obus. En raison de cette morbide perspective, nos compatriotes vivent un stress permanent. On sait de quoi ce tyran est capable. Nous pensons au cas de l’ancien Président Alphonse Massamba-Débat qui n’a jamais eu de sépulture, et de celui du cardinal Emile Biayenda qu’il avait, lui-même, enterré vivant à des fins métaphysiques.

Chrétien

Pourtant et parait-il que « St-Denis » est chrétien comme l’indique la chapelle qu’il vient de financer dans son village natal, Oyo, comme Houphouët Boigny la Cathédrale de Yamoussoukro. Il avait été baptisé ; en la cathédrale Saint Paul de Dolisie ; comme Clovis à Reims. Frère des lumières, Mwana Mouébara est un grand constructeur d’églises et en fait don à Dieu à l’instar des nobles du Moyen-Age qui achetaient des indulgences pour accéder au Paradis sans passer par le purgatoire. Et pourtant, d’églises, le papa d’Edith en détruit aussi beaucoup dans ses guerres. Et, sa secte syncrétique vit un œcuménisme avec les églises chrétiennes. Comble de paradoxe, Sassou Nguesso est un chrétien qui enfreint l’un des plus grands Commandements de Moise : « Point tu ne tueras ». C’est le béaba du catéchisme chrétien.

Les « démons crachés » de l’autre République

C’est le titre d’un roman que nous avons écrit et publié en 2007 chez L’Harmattan. Le groupe de mots « démons crachés  » est un acronyme de démocratie devenue onomatopée dans la bouche de l’un des personnages du livre. Le protagoniste nasillait et était édenté. Or, il se révèle, aujourd’hui, que Sassou Nguesso et compagnie factualisent ce qui, pourtant, n’était qu’une fiction et un charabia. Vampire, Sassou verse le sang des Congolais sans remords, projettent de le verser encore en 2021 comme le justifient ces achats d’armes de guerre qui ne sont pas autorisés par les deux chambres du parlement. Qui a bu, boira.

Il s’agit bel et bien d’armes de guerre que Sassou Nguesso a acquises en Russie, lors de ses dernières emplettes. Voilà pourquoi c’est un « démon craché ». Sans doute, va-t-il bientôt convoquer l’assemblée nationale pour légaliser cette commande d’armes. Il l’a fait dernièrement pour le rééchelonnement de la dette du Congo avec la Chine. Or quand il est allé s’endetter, les députés n’étaient pas au courant. Le dossier n’était jamais passé par l’une ou l’autre chambre du parlement.

Des régimes politiques qui tournent avec du sang

« A l’image des automobiles qui fonctionnent avec de l’essence, les régimes politiques congolais roulent avec du sang humain ... » avons-nous écrit dans l’avertissement du roman dédié à notre ami, le ministre Alain Akouala Atipaut, qui pense que « l’Affaire des disparus du Beach de Brazzaville est cousue de fil blanc  ».

Et, notre réponse est : «  l’engoulevent a le crane aplati parce qu’un jour de marché, il a osé transporter dans sa hotte les marchandises de tous les animaux. ». Sassou Nguesso n’avait-il pas dit, à la Conférence nationale souveraine « J’assume  » au lieu de dénoncer tous les criminels qui se cachent derrière lui ? Mais, notre ami Alain n’a jamais réagi à cette dédicace. Pourtant, nos chemins se croisaient, parfois , à Brazzaville.

Répondre à la guerre par la guerre ?

Cependant et récemment, dans notre article publié sur le même site et qui est titré « 2021 : « Ba fwa ba fwa ! Ba sala ba sala ! » Les candidatures de Denis et Christel Sassou Nguesso, prises pour des déclarations d’une guerre généralisée », nous avons dit que les Congolais ne doivent plus attendre la mort, couchés dans leurs lits. Car, personne ne sait qui survivra pendant cette prochaine guerre ! Celle-ci sera plus meurtrière que les précédentes. Vu l’arsenal acquis, des recrutements des miliciens et des mercenaires étrangers continuent à se faire jusqu’ à ce jour ; et Sassou Nguesso est dans sa phase politique finale.

Il a deux options aujourd’hui. Soit il accepte d’échouer dans son projet de transfert du pouvoir à son fils, et expose toute sa famille, tous les membres de son clan, et tous ses partisans au châtiment des Congolais ou à la justice internationale ;soit, il casse la « baraque  ». Quitte à détruire tout le pays pour imposer son fils, Christel Denis Sassou Nguesso, et mettre sa famille ainsi que son clan en sécurité, et mourir en paix. C’est ce qui justifie son achat massif d’armes de guerre, le recrutement des miliciens et des mercenaires, et le contrat avec la Russie dans la formation militaire.

Mais, croyez-nous que les militaires russes n’iront pas, au Congo, pour encadrer les éléments des Forces armées congolaises. Comme aussi les armes achetées ne seront pas stockées dans les casernes militaires qui sont officielles ; mais à Tshombitso, la caserne privée de Sassou Nguesso, qui est située dans le comté du général Benoit Moundele Ngolo. Curieusement, ce général écrivain, grand révolutionnaire, qui est très éloquent dans tous ses livres où il pleure son amour de jeunesse auquel il serait brutalement sevré par Denis Sassou Nguesso, manque de mots pour dénoncer la désacralisation des terres de ses ancêtres. Car c’est là que l’on prépare le crime de sang et le génocide.

Or le gouvernement peine à payer les salaires, les pensions de retraite et les bourses. Et, beaucoup de services de l’Etat sont au ralenti. Voilà une affaire qui mérite une interpellation du gouvernement dans les deux chambres du parlement, de faire l’actualité dans la presse nationale : gouvernementale et privée ; de pousser les démocrates qui sont dans tous les partis politiques de rompre leur silence, et contraindre tout le Haut-commandement militaire à démissionner s’il était républicain et se souvenait de la promesse de ses membres faite sous le drapeau. Tout de même, la responsabilité des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, ainsi que celle du Haut-commandement militaire est déjà engagée. Ils en subiront les conséquences. D’ailleurs, nous sollicitons l’aide des services étrangers pour avoir les documents sur cet achat d’armes, afin de les publier.

Campagne d’information

Avant de répondre à cette guerre par la guerre, car, il faudra que Sassou Nguesso et les chantres de son pouvoir s’en mordent les doigts, et sachent que cette énième guerre qu’ils veulent imposer aux Congolais, sera généralisée au pays et dans la diaspora où le Congo a des intérêts, et où les dignitaires du pouvoir ont caché leurs familles, nous suggérons aux partis politiques et aux individualités ainsi qu’à tous les Congolais du nord, du sud, du centre et de l’est, qui sont épris de paix de dire « stop » à la guerre, en adhérant à cette campagne d’information qui s’ouvre, dès aujourd’hui, sur le thème : « Non à la guerre, en 2021 ». Nous invitons tous les Congolais à faire valoir leurs talents et leurs génie créateur dans la musique, la peinture, la littérature… en publiant leurs œuvres dans les journaux en ligne ou dans les réseaux sociaux ; à la presse nationale et internationale de faire l’écho de cette campagne ; aux anciens diplomates et personnalités politiques ou administratives de dépoussiérer leurs carnets d’adresses pour se servir de leurs relations, mêmes personnelles, pour informer sur la préparation de cette énième guerre et l’empêcher ; nous intimons aux confessions religieuses d’entamer des rencontres avec les leaders des partis politiques et les responsables des institutions constitutionnelles, notamment l’assemblée nationale et le sénat, et de solliciter les bons offices des gouvernements des pays amis, ainsi que ceux des institutions internationales, de faire la « théologie d’en bas  » qu’elles ont abandonnée pour privilégier la « théologie d’en haut  » ; mais qui, pourtant, les invite à accompagner le peuple de Dieu dans son combat politique. Car, les chrétiens sont le « Sel de la terre » et « Lumière du monde ». Et, ce combat est bien politique.

Les temps sont durs, pourtant les Eglises chrétiennes doivent pleinement jouer leur rôle. Et, si « l’Etat a le droit de contrôler la qualité de la nourriture spirituelle que servent les églises aux populations... les Eglises ont aussi le droit de contrôler la qualité de tout ce que l’Etat fait consommer aux populations ; elles font partie du peuple de dieu. En tant que Pasteurs des Eglises, ils ont donc la mission de veiller sur le peuple de dieu. C’est pourquoi les deux institutions sont condamnées à travailler ensemble et à se surveiller, pour éviter que ni l’une ni l’autre ne développe un « terrorisme  » c’est-à-dire ne devienne un lieu de la propagation des valeurs négatives. Et, aucune d’entre elles n’a le droit d’affaiblir l’autre. », page 171, «  On se verra à Rome !  ». Une nouvelle publiée in « La France, ni marâtre ni mère-patrie » Or, l’Etat de Sassou Nguesso est terroriste parce qu’il développe le « terrorisme ». Il est devenu un lieu de la propagation des anti-valeurs. Les Eglises ne doivent donc pas se taire.

N’attendez pas 2021 !

Chers Congolais, ne restez pas les bras croisés, lorsqu’autour de vous on commencera à tomber comme des mouches. Il faut dire NON à la guerre ; demander assistance à la Communauté internationale c’est-à-dire l’Onu, l’Union européenne, l’Union africaine. Il est vrai que comme dans un passé très récent, la Communauté Internationale fermera ses yeux pour ne pas voir les torrents de sang qui couleront. N’attendez non plus un mot d’ordre d’un leader politique pour vous engager. Car, souvent, c’est pendant les guerres qu’ils abandonnent le peuple pour protéger leurs intérêts personnels.Ceux qui sont pris pour des leaders charismatiques sont, en réalité, des leaders « nkarismatiques  ».

La notion de « nkarismatique  » est un dérivé artificiel du mot « Nkari  » qui signifie commerce. « Nkarismatique » désigne les leaders facilement corruptibles. N’attendez pas une action de la France. L’ancien colonisateur n’est ni une marâtre ni une mère-patrie, ni St-Martin ni l’Abbé Pierre. Nous avons pour preuves, les contrats pétroliers signés dans l’opacité et les guerres de 1997 et 2016 soutenues par la France. Les personnes que Sassou Nguesso va tuer dans cette guerre de 2021 sont vos frères et vos sœurs. Vous aussi pourriez faire partie du Waterloo congolais. C’est pourquoi dire non à la guerre de 2021, c’est déjà l’empêcher de se produire et sauver des vies humaines. Après votre lecture, n’oubliez pas de transférer cet article à tous vos amis.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain