Admirons le sens aigu du pardon chez les « gars du Pool » qui bossent avec Sassou. Claude Nsilou, l’un d’eux, salue ceux qui ont exécuté ses parents dans le Pool, pillé ses entreprises. Sa furie envers le militant de son parti qui dénonce ceux qui l’ont rendu orphelin n’a d’égal que sa magnanimité envers Sassou.

Le Troubadour, journal d’investigation et d’information générale édité à Brazzaville, a publié sur son mur de Facebook, un dossier du Rassemblement citoyen, le Parti du ministre Alphonse Claude Nsilou.

Le dossier est, en effet, articulé sur le chapeau (introduction) du Troubadour qui présente le contenu et oriente la lecture, la lettre ou droit de réponse d’Alphonse Claude Nsilou et le post d’Anicet Gomas, ancien député du RC qui a suscité la réaction du président du RC.

Ce dossier qui a été mis sur Facebook est donc tombé dans le domaine public permettant ainsi à toux ceux qui le veulent de l’apprécier.

C’est dans ce sens que nous, aussi, avons eu le plaisir de faire connaitre à nos lecteurs ce que remonte notre lecture « entre les lignes » d’autant plus que ce dossier fait état des conditions d’un génocide qui sont déjà réunies. Or, nous, nous sommes en pleine campagne du Non à la guerre !

Signalons, d’entrée de jeu, que ce dossier ne porte pas sur la vie ou les activités du RC ; mais sur celles du pouvoir de Brazzaville dans lequel Alphonse Claude Nsilou est membre du gouvernement, et son parti, membre de la Majorité présidentielle. C’est donc le pouvoir de Brazzaville qu’Anicet Gomas accuse dans son post. Utilisant aussi le logo du RC dont il serait encore membre.

Travailler dans un abattoir, c’est accepter de salir son linge et ses mains

Cependant, l’argumentaire du ministre du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, dans ce débat, pousse à croire, entre autres, que ce dernier veut déjà clamer son innocence devant les crimes de génocide et les crimes économiques commis par le pouvoir.

Par pouvoir, nous n’entendons pas seulement la présidence de la république ; mais toutes les institutions constitutionnelles.

Aux traditionnelles institutions constitutionnelles, nous ajoutons, aujourd’hui, l’ « opposition présidentielle  » c’est-à-dire celle qui a été nommée par Sassou Nguesso et dirigée par Pascal Tsaty Mabiala. Ces crimes engagent donc la responsabilité de toutes les institutions constitutionnelles et celle de tous ceux qui les ont dirigées au moment des faits. Elle est donc collégiale. En plus, c’est depuis des décennies qu’Alphonse Claude Nsilou sert Denis Sassou Nguesso. Il a toujours été dans ses gouvernements. Peut-on continuer à servir le diable et se dire enfant de Dieu ? Peut-on travailler dans un abattoir et prétendre en sortir les mains propres ? Alphonse Claude Nsilou clame-t-il son innocence ou renie-t-il déjà Denis Sassou Nguesso. Le coq a-t-il déjà chanté pour le pouvoir ? Autant de questions que d’aucuns se posent après la lecture de ce dossier. Ci-après ses composantes.

Le chapeau du Troubadour

Le RC d’Alphonse Claude Nsilou a été piégé par un post prétendument attribué à l’ancien député Anicet Gomas. L’ancien député Anicet Gomas, utilisant le logo du Rassemblement citoyen (RC), a publié sur son compte facebook un post sous le titre" « Les conditions d’un génocide orchestré par le pouvoir du Congo Brazzaville se mettent en place ». Le président du RC, dont la responsabilité du parti a été engagée par l’utilisation de son logo, a tenu à réagir par une lettre adressée à un militant. Ce dernier, qui se trouve en France en même temps que l’ancien député, a été chargé de transmettre la teneur de cette lettre à l’intéressé. En même temps, le président du Rassemblement Citoyen a demandé que cette lettre soit rendue publique auprès de tous les militants de son parti.

La lettre d’Alphonse Claude Nsilou

« Bonjour Adéodat,
Le Docteur Fouemina vient de me transférer un texte haineux qui circule sur les réseaux sociaux.
Ce texte serait, semble-t-il, de Gomas. Il porte en plus le logo du RC.
Je préfère ne pas le croire. C’est tellement stupide ! Il circule tellement d’inepties sur la toile ! Contre moi.
Mais quoi qu’il en soit, je condamne de toutes mes forces tout ce qui est dans ce texte. Ce n’est ni ma façon de penser, de vivre, de regarder le monde, ni celle de notre parti, le RC.
Je suis et je serai toujours pour la paix, la justice sociale et la démocratie. Quelles que soient les épreuves ! Ce n’est pas un slogan pour moi. Mon père a accepté de mourir pour ces valeurs... Pendant la crise, beaucoup de personnes s’étaient réfugiées dans son village. Quand il a vu le danger approcher, il a demandé aux gens de quitter le village et s’est ensuite adressé aux plus jeunes en leur disant ceci
 » : « C’est vous demain qui allez continuer la lutte pour laquelle nous acceptons de mourir aujourd’hui, la lutte pour le respect des droits de l’homme. Partez. Continuez cette lutte. Mais jamais avec la haine. Jamais avec la violence. Luttez ! Persévérez ! »

« Tous ceux qui étaient dans le village ce jour-là portent ce témoignage. Il était vieux. Il a été juste après tué avec tous ceux qui ont voulu rester avec lui, sans armes. Leurs corps ont été retrouvés plusieurs jours après... à la merci de toutes les bêtes.
Ma mère en est morte.
Je ne parle pas de mes frères qui ont aussi été tués, ni de mes entreprises pillées.
Ados,
J’ai côtoyé, salué ceux qui les ont tués. J’ai côtoyé, salué ceux qui ont pillé mes entreprises. Jamais je n’ai eu de la haine pour eux, ni pour qui que ce soit ! Parce que je sais qu’il faut construire un pays, une nation.
C’est dans l’amour pour ce pays que je trouve ma force.
Construire un pays c’est regarder vers l’avant, pas dans le rétroviseur.
Ce texte sur les réseaux sociaux est abject. Celui qui l’a écrit est une personne faible. Et les faibles ne gagnent jamais. Ils privent les peuples de victoires essentielles.
Transmets ce message à Gomas.
Porte-toi bien.
Fraternellement.
Alphonse Claude Nsilou

Le post de l’ancien député Anicet Gomas

« Les conditions d’un génocide orchestré par le pouvoir du Congo Brazzaville se mettent en place.
Hier c’était la radio mille collines aujourd’hui ces sont les réseaux sociaux
Le pouvoir de Brazzaville cherche à détourner l’attention nationale, africaine et internationale des grands problèmes liés à l’agonie de notre pays
C’est le cas pour :
- Le génocide du POOL
- La profonde crise économique
- La crise postélectorale qui persiste
- Les prisonniers politiques
- Le terrorisme d’un état devenu dictatorial
- L’impunité assurée...
- La mauvaise gouvernance
- Les meurtres et assassinats qui se multiplient
- Le tribalisme désormais ouvertement assumé
- Et bien d’autres problèmes et difficultés qui compliquent la vie du Congolais
J’attire humblement l’attention du peuple Congolais, de tous les congolais qu’ils soient du Nord, du Sud de l’Est ou de l’Ouest, j’attire l’attention des Autorités de notre pays, l’attention de la majorité comme de l’opposition et du centre, j’attire l’attention des autorités religieuses, des journalistes, des organisations de la société civile nationale celle de la communauté internationale ainsi que de l’Union Africaine et je m’adresse à tous les hommes de bonne volonté de par le monde et je leur dis :
Un génocide de grande ampleur se prépare ! Pour masquer son incapacité à gouverner, et ses échecs, le pouvoir en place au Congo Brazzaville utilise tous les moyens à sa disposition, ainsi que la toile des réseaux sociaux pour mener à bien son plan néfaste.

L’heure est grave. Il est urgent de rassembler toutes les forces vives et les bonnes volontés pour analyser la situation. Il faut avoir le courage de prendre le problème à bras le corps pour arrêter le génocide Congolais en cour de préparation. Il faut dépasser les peurs et les intérêts égoïstes pour le bien du peuple Congolais son unité nationale ainsi que son bien-être et le vivre ensemble…

Vous hommes politique Congolais, que vous soyez de la Majorité, de l’opposition ou du centre, s’il vous reste encore un peu d’humanité ne vous rendez pas complice du plan criminel qui se trame…
L’Afrique n’a pas besoin d’un nouveau Rwanda, notre silence et notre inaction font de nous des coupables.
J’ai dit !
 »

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain