Nous avons appris de source familiale le décès de l’ancien ministre Paul Kaya survenu ce lundi 25 novembre 2019 à Paris.

On le savait malade. « Mon père est en maison de repos avec structures médicalisées » nous confia sa fille Véronique au Salon du Livre de Mouans-Sartoux ce mois d’octobre.

Ministre sous le gouvernement de Sassou issu de la guerre (1997) Paul Kaya quitta rapidement le navire pour repartir en exil comme dans les années 1965 lorsqu’il échappa aux meurtriers du tristement célèbre « Groupe de Mpila. » Ses amis, Lazare Matsokota, Joseph Pouabou et Anselme Massouémé n’eurent pas sa chance. Ils furent assassinés. Après avoir mis sa famille en sécurité, Paul Kaya réussit à échapper aux règlements de comptes politiques qui caractérisèrent cette époque.

Il trouva refuge en Côte d’Ivoire auprès du Président Houphouët Boigny qui lui permit de mettre en application ses compétences intellectuelles.
Paul Kaya était réputé excellent économiste. Ses compétences ne profitèrent hélas jamais à son pays natal le Congo.

En 1991, à la faveur de La Conférence Nationale, l’homme politique rentra au Congo où en compétition avec Lissouba et André Milongo, il manqua de peu d’être élu Premier Ministre de la Transition.

Après la guerre civile (1997), Président du Mouvement pour la Démocratie et la Solidarité ( M.D.S qui compte comme deuxième personnalité l’ancien ministre des Finances Jean-Luc Malékat), parti affilié aux démocrates chrétiens, Paul Kaya tenta l’aventure ministérielle en intégrant le nouveau gouvernement dans un contexte de flou artistique politique. En désaccord avec la vision institutionnelle de Sassou, l’expérience gouvernementale de l’ancien Secrétaire Général du Conseil de l’Entente fit long feu. L’économiste reprit la route de l’exil, alternant son existence entre Paris et Abidjan.

Ce lundi 25 novembre, c’est un grand témoin de notre histoire politique qui vient de tirer sa révérence. Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille et, particulièrement à l’écrivaine Véronique Diarra, sa fille.

La rédaction