Cédant à la panique, le pouvoir de Sassou se défend comme il peut. Quitte à fouler au sol le Droit International.

Les lecteurs de Congopage doivent s’en souvenir ! Il y a quelques semaines, nous avons publié un article dans lequel nous avons promis à Denis Sassou Nguesso une guerre généralisée dans le pays et dans la diaspora où les dignitaires du pouvoir de Brazzaville ont des biens meubles et immeubles et mis à l’abri leurs familles, au cas où il déclencherait un énième conflit au Congo, et verserait encore le sang des innocents. Qu’ils soient du nord, du sud, de l’est ou de l’ouest.

Quelques semaines seulement sont passées, voici l’affaire du déploiement des flics congolais en France.

Les échos de cet article nous rapportent que la menace avait été prise au sérieux par le pouvoir, notamment par le ministre conseiller spécial du président autoproclamé, Denis Sassou Nguesso, mais aussi secrétaire général du Conseil national de sécurité, « l’admiratéré des fessés » comme dirait un personnage (le geôlier) de notre nouvelle, « La France, ni marâtre ni mère patrie », 2019, Edilivre.

En effet, notre personnage a du mal à retenir et prononcer le groupe de mot « Contre amiral de vaisseau », le grade de Jean Dominique Okemba, « con scellé spécial  », au lieu de conseiller spécial.

Dans cette nouvelle, il ne s’agit pas du contre amiral de vaisseau et conseiller spécial de Sassou Nguesso, Jean Dominique Okemba mais, d’un certain John Dominion.

Passons.

La menace a été prise au sérieux

La menace a été prise au sérieux jusqu’à provoquer la colère de Jean Dominique Okemba, alias « Morandzambe » ( l’homme de Dieu). Le « con scellé » s’autoproclame aussi, dans son milieu, la « deuxième personnalité du Congo ».

La peur est passée au camp du pouvoir parce que dans les diasporas congolaises, les victimes de la mauvaise gestion des finances de l’Etat ont montré de quoi elles étaient capable. Excédées, elles ont affronté des éléments de la Force publique dans certains pays, soulevant et jetant au sol comme des petits sacs de ciment, des policiers aguerris. Cas de Cuba.

Cependant, sans convoquer une session du Conseil national de sécurité, puisque les effectifs de cette institution, sont aujourd’hui complet, le cousin du général Jean Marie Michel Mokoko ayant été nommé au poste qu’occupait le colonel Marcel Ntsourou, Jean Dominique Okemba a directement conseillé son oncle, Denis Sassou Nguesso, de vite envoyer des flics à Paris pour non seulement sécuriser leurs familles qui y vivent ; mais aussi neutraliser quelques personnalités politiques, administratives et militaires, membres de l’opposition.

C’est ainsi que 150 flics ont été déversés en France pour y faire la guerre.

« To ke na Poto ko boma ba Ninja »

Les informations qui nous sont parvenues, après la publication de notre article, « Congo-Brazzaville- Sassou Nguesso déverse 150 flics et commence la guerre en France  » sont vraies.
D’ailleurs, certains militaires qui font partie de cette mission criminelle, n’ont pas gardé le secret.

Ils ont informé leurs parents et amis des objectifs de leur mission, avant de prendre l’avion pour Paris, pour certains, et Bruxelles, pour d’autres.
Ils ont dit en lingala, la langue parlée dans les quartiers nord de Brazzaville : « To ke na Poto ko boma ba Ninja ». « Nous allons en France tuer les Ninjas ».

Dans le langage des fanatiques du pouvoir de Brazzaville, le mot Ninja ne désigne pas seulement les miliciens du Pasteur Ntumi ; mais aussi tous les fils du Pool.
Voilà pourquoi les guerres récurrentes qui ont lieu dans ce département ont toujours été très sanglantes et meurtrières.

Tout jeune du Pool surpris par les éléments des Forces armées congolaises ou des mercenaires étrangers, dans les zones des combats, doit être tué.

Et, c’est avec des fausses identités que tous ces militaires ont obtenu des visas d’entrée en France et en Belgique, afin de circuler librement dans l’Espace Schengen.

Jean Dominique Okemba : conseiller ou « con scellé » ?

Néanmoins, dans cette décision de déployer les militaires congolais en France pour traquer des opposants, Jean Dominique Okemba parait comme un vrai Machiavel (conseiller du Prince). Il confirme que son oncle est un véritable terroriste. Il exhume, sans s’en rendre compte, l’affaire de l’explosion de l’avion de l’UTA dans le désert de Ténéré. En tout cas en tant que conseiller, il est spécialement écouté. On le dit plus puissant que Sassou. Il s’en vante à huis clos ainsi que témoigna au procès de Ntsourou le neveu de ce dernier (Kévin) travaillant pour le compte de notre florentin d’Oyo. A la barre, Okemba se dégonfla, évidemment.

Dans l’affaire de l’avion de la compagnie française UTA atomisé en plein vol, serait visé le président Tchadien, Hissen Habré. Son ange gardien le dissuada de prendre le vol fatal.

Le coup des flics dépêchés en Europe montre suffisamment que le Conseiller spécial de Denis Sassou Nguesso ignore les principes élémentaires du Droit international.

L’affaire ouvre deux fronts. Car, dans la diaspora congolaise, notamment celle de France, vivent deux types de Congolais.

Il y a des Congolais qui sont devenus Français qui sont donc régis par le droit français. Les tuer, c’est donc tuer des citoyens français. Il y a également les refugiés politiques protégés par la Convention de Genève dont le Congo est signataire. Le camarade conseiller semble spécialement se moquer de la signature de son oncle Sassou.

La France sur pente glissante

Cependant, si au nom de la Françafrique, la France accepte cette combine avec le pouvoir de Brazzaville, et autorise Sassou Nguesso à tuer ses opposants qui sont en France, nous pensons que le Haut-commissariat des refugiés ne va pas se mouiller pour les beaux yeux de Macron.

C’est que les tueries programmées en France par Sassou Nguesso, surtout si elles concernent aussi les Congolais qui ont le statut de refugié, vont faire rebondir l’Affaire des disparus du Beach dans laquelle le HCR est déjà impliqué à cause de son manque de vigilance.

Okemba ignore complètement que la sécurité des personnes, des biens meubles et immeubles des Congolais vivants dans les Etats étrangers est assurée par ces Etats. Principes élémentaires du Droit international.

Le déploiement des militaires congolais en France : un acte terroriste

Le déploiement des militaires congolais en France qui ont mission de tuer les opposants, n’est qu’un acte terroriste. Or, la France lutte contre le terrorisme. Elle paye un lourd tribu.
Sassou Nguesso pose là donc un grand problème de Droit international. Ses conseillers doivent l’aider à mesurer les risques qu’il prend en empruntant la voie de feu Bin Laden.

Comment va-t-il justifier la présence, le port d’armes et les barbouzeries de ses flics sur le territoire français ou dans d’autres pays européens ?

Et, nos frères congolais qui ont accepté cette mission ne savent pas aussi qu’au cas où les services français de sécurité mettront la main sur eux, ce n’est pas la constitution de Sassou qui va les protéger. Okemba a dû leur dire comme dans la série « Mission impossible » que la DGST ne répondra pas d’eux s’ils sont arrêtés. Ils seront jugés par rapport au droit français. Nous ne croyons pas qu’ils auront la chance du général Jean François Ndenguet arrêté par la police française, relâché nuitamment et rapatrié à Brazzaville par vol spécial décollant du Bourget.

N’étant pas expert du Droit international, nous invitons les professionnels en la matière pour les informer du flagrant délit. Nous les invitons vivement à en informer les institutions internationales comme le Conseil de Sécurité des Nations unies, l’Union européenne, l’Union africaine… A moins que, dans une lueur d’intelligence, nos barbouzes ne demandent, eux-mêmes, asile au pays des Droits de l’Homme.

La leçon du prophète Esaïe

«  Ils n’ont point d’intelligence, ceux qui portent leur idole de bois.  » Dit le prophète Esaïe. C’est le cas de Jean Dominique Okemba et de Denis Sassou Nguesso qui rendent culte à Mammon.

Un petit mot à Asie Dominique

Notre ancien collègue de classe au lycée, Asie Dominique de Marseille, devrait s’occuper des questions de ce genre pour sauver l’honneur du pouvoir qu’il défend, et du pays qui est dans les mains des médiocres, au lieu de passer son temps à disserter sur les Laris.

Se rappelle-t-il seulement qu’il a été formé dans le Rocado Zoulou Théâtre, la troupe de Sony Labou Tansi qui est un lari ?

Il a vécu, durant des années, et voyagé à l’étranger avec des Laris. C’est dans le milieu lari du théâtre qu’il avait appris à débiter 1000 mots en une minute et avait eu la vocation de journaliste.

Par ailleurs, dans notre classe, au lycée, il y avait des Laris, Mbochis, Bembes, Kouyou, Teke, Vili… Pourtant, nous ne nous occupions pas de nos ethnies ou origines. Nos professeurs de français, en l’occurrence Alphonse Nzanga Konga et Joseph Bayiza étaient nos modèles. Cher Asie, d’où vient cette haine contre les Laris ? Ressaisis-toi et honore, au moins, la mémoire de l’auteur d’Antoine m’a vendu son destin , auprès de qui tu as appris beaucoup de choses.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain