Originaire du Congo-Brazzaville, Ferréol Gassackys est député de Poto-Poto. Homme de culture, de la grande Culture, il a été par le passé Commissaire Général du FESPAM ( Festival panafricain de musique). En juin 2019, il a publié Les hasards du destin (Editions L’Harmattan), un roman réaliste et philosophique, aux allures de tragédie…

« Le confort et le succès nous incitent à la stagnation, alors que les difficultés et les échecs peuvent être une source de motivation au changement », écrivait Napoléon Hill.
Cette leçon, Sinclair – le personnage principal du roman de Ferréol Gassackys -, la convoquera sans cesse. Flambeur et bandit dans sa jeunesse, coriace et altruiste dans sa vie d’adulte et politique, Sinclair est un héros. « Lui, cet enfant à l’allure rebelle et très souvent bataillant à longueur de journée contre ceux de son âge et même les plus grands, car déjà se dessine en lui une âme d’indomptable et d’indépendant. » (Page 9)

Destiné à un bel avenir, l’environnement dans lequel il évolue, en Europe surtout, l’en éloigne inéluctablement. Que ce soit en France ou en Allemagne de l’Est, en Angleterre, il mène une vie de bâton de chaise. Une vie immorale et amorale. Mais, chaque fois qu’il se perd dans les fanges de la débauche, Sinclair sait se ressaisir. C’est qu’il n’est pas irréductible à l’introspection. Bien au contraire, il se remet en cause. Sans hésitation aucune.

Ce roman aborde certes les aventures d’un jeune africain en Europe et dans son pays natal, mais il soulève surtout une question voltairienne. Immensément philosophique. Dans son livre Zadig, Voltaire pose en effet cette question : le mal est-il un bien nécessaire ? «  Les hommes pensent que cet enfant qui vient de périr est tombé dans l’eau par hasard, que c’est par un même hasard que cette maison est brûlée : mais il n’y a point de hasard ; tout est épreuve, ou punition, ou récompense, ou prévoyance.  »

De ce mal, Sinclair en fera une force. Et pour cause : il est sûr de son destin et sait que ce qui est écrit va arriver. Forcément. Ce faisant, il cherche les voies et moyens de s’en sortir. C’est tout naturellement qu’il s’oriente vers la spiritualité et la politique. Tel Saint Paul sur la route de Damas, il veut donner un sens à sa vie. Ne dit-on pas que des ténèbres jaillit parfois la lumière ? « Sinclair se convainc de ce qu’il doit laisser une trace durable dans l’histoire, se souvient par ailleurs de ce sage africain lui expliquant que la quête spirituelle s’identifie à la situation d’un homme perdu dans le désert, mort de soif et qui, après plusieurs kilomètres d’errements, se retrouve devant une marre d’eau boueuse et nauséabonde. "Eh bien, lui signifie le sage, ta quête doit être identique à ce dilemme, tu boiras de cette eau pour étancher ta soif, sans regarder ce qu’il y a à l’intérieur". »(Page 61)

Sources : Entrecongolais.com

Les hasards du destin, L’Harmattan Congo-Brazzaville, roman, 127 pages, 14,50 euros