C’est en paraphrasant l’écrivain malien, Amadou Hampâté Bâ, l’auteur du très célèbre roman « L’Etrange destin de Wangrin » dans « le séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau, ne le transforme pas en crocodile  » que l’idée nous est venue de recadrer le nommé Blaise Nzonza. Télégramme, maloba mokoussé.

Pour la petite présentation, Blaise Nzonza, c’est cet ancien propagandiste de Yuki, le parti de Guy Brice Parfait Kolelas, leader d’opinion ( ?) dans la diaspora congolaise de France. L’homme vient de renoncer à sa lutte contre le pouvoir dictatorial de Brazzaville pour se faire enrôler dans les rangs de Denis Christel Sassou Nguesso.
Blaise Nzonza justifie son adhésion par les actions philanthropiques : bourses d’études accordées aux étudiants et campagne sanitaire menée à travers tout le pays, par ce fils à papa. Tout flatteur vit aux dépens de celui qu’il courtise.

Nous serions resté indifférent à son choix si Blaise Nzonza n’avait pas, sur un plateau-télé animé par John Lewis, dit avoir été séduit par le Projet de Gouvernement,« Ce que je crois », de Denis Christel Sassou Nguesso, et par le modèle politique français où la doctrine a complètement disparu pour laisser la place aux hommes. Le fameux concept « la fin des idéologies » ou carrément la fin de l’histoire.

Tout en respectant le choix de Blaise Nzonza et son nouveau discours, même s’il surprend, nous voulons, nous aussi, participer au débat qu’a suscité son nouveau pragmatisme. Néanmoins, nous voulons, d’entrée de jeu, lui dire que seul le fumeur de chanvre peut entrer et rester longtemps dans une pièce qui est envahie par la fumée et les odeurs du chanvre. La fameuse phrase de Marx, la religion, opium de peuple, correspond à Nzonzi devenu tout doux avec celui qu’il fustigea encore hier.

Nous participons à ce débat, parce que dans notre livre à paraitre très prochainement, nous dénonçons l’imbroglio politique dans lequel s’est mise la France, en faisant disparaitre les doctrines ou les idéologies, et en privilégiant les hommes. Une stratégie anhistorique qui est, malheureusement copiée aveuglement par les leaders politiques congolais. Blaise Nzonza s’en réjouit alors que c’est une catastrophe pour la nation et le peuple français, et pour tous ceux qui copient ou s’inspirent du modèle français.
Cependant, notre papier surprendra ! Parce que nous commençons par sortir le mérite de Denis Christel Sassou Nguesso avant d’exposer sur ses actions philanthropiques, et de chuter sur ses nombreux crimes économiques. Ca consiste d’utiliser la force de l’adversaire pour le terrasser. C’est du judo.

Et, en déduire «  tel père, tel fils  ». Les hyènes ne font pas des agneaux. Le séjour, même long, d’un Sassou Nguesso au pouvoir ne le transforme pas en démocrate. Or, le Congo a besoin de démocrates.

Le mérite de Denis Christel Sassou Nguesso

Si Denis Christel Sassou Nguesso a un mérite, c’est tout simplement celui d’avoir résumé son discours politique dans un livre qui porte de titre de «  Ce que je crois. »

Le président de la Fondation Perspectives d’Avenir sort la politique de son vieux schéma dont les principales composantes sont entre autres : une région, un leader politique pour être incontournable dans le débat politique, et l’oralité qui permet aux hommes politiques congolais de faire et défaire leurs propres discours, afin de bien manipuler les militants et l’opinion nationale qui ne doivent pas tout comprendre de la politique.

Or son livre qui, à notre avis, n’est qu’un Programme de Gouvernement, et non un Projet de Société. Car, un Projet de Société ne peut pas être écrit par un seul individu. Il est le fruit d’une Conférence Nationale au cours de laquelle les Congolais décident de doter leur pays d’un gouvernail. (Les détails sur cette évolution des concepts dans notre prochain livre).

Et, c’est aussi à travers ce livre que Blaise Nzonza a découvert les idéaux de celui que l’on appelle aussi affectueusement Kiki. Ce qui est bien est que les générations présentes et futures découvriront donc la pensée politique de Denis Christel Sassou Nguesso dans ce livre. Car, les écrits restent ici-bas et les paroles s’envolent. dans le néant du firmament. Une culture politique que nombre de politiciens congolais n’ont pas encore.

Ce que je crois : livre de Théophile Obenga ou de Kiki ?

Nous avouons ne pas avoir lu le livre de Denis Christel Sassou Nguesso pour deux petites raisons. La première est que nous avons horreur du plagiat. Or « Ce que je crois » est le titre d’un livre de l’ancien président sénégalais Sedar Senghor.

La seconde : le fait que Théophile Obenga ai été le nègre de Kiki ne nous rassure pas. Parce que Théophile Obenga, c’est aussi ce grand intellectuel africain qui a deux discours : un discours académique qu’il tient devant les étudiants et dans les conférences nationales et internationales ; et un discours politique avec lequel il flatte le prince.

Nous craignons tout simplement que « Ce que je crois » ne soit qu’une escroquerie intellectuelle. Tenez, lors du débat sur le changement ou non de la Constitution qui a eu lieu au Congo en 2015, Théophile Obenga n’a pas hésité de dire que la Constitution n’est pas La Bible. Donc on peut la changer. Tout simplement pour permettre à Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat. Ce que la Constitution ne lui permettait pas. Pourtant, dans ses conférences à l’étranger, il combat la dictature, le despotisme, l’oligarchie, le changement des constitutions pour juste se maintenir au pouvoir. En plus, malgré ses beaux discours, il reste conseiller du dictateur et génocidaire Denis Sassou Nguesso. Le double langage, ça ne fait pas sérieux, ce n’est pas digne d’un intellectuel ! C’est de l’escroquerie intellectuelle !

Des actions philanthropiques de Kiki

Notre cher ami, Blaise Nzonza, suit-il l’actualité politique du Congo ? Les actions philanthropiques de Kiki avaient fait l’objet d’une intervention de Pascal Tsaty Mabiala à l’assemblée nationale.

Le député et chef de l’opposition gouvernementale avait demandé où trouve-t-il l’argent qui lui permet de mener ces activités philanthropiques ? Une question que Blaise Nzonza devrait aussi se poser avant de s’aligner. Même le gouvernement dirigé par son propre père, avait été bousculé par cette concurrence déloyale qui l’affaiblissait. Puisque Denis Christel Sassou Nguesso confirmait l’échec de son père à la tête du pays, depuis bientôt quatre décennies.

Des bourses d’études : Blaise Nzonza a-t-il pris soin de vérifier qui est sur la liste des étudiants qui ont bénéficié les bourses de la Fondation Perspectives d’Avenir ? Nous avons appris que les bénéficiaires des bourses de Perspectives d’Avenir seraient en majorité des Congolais de l’autre côté du Fleuve. Les recrutements étaient faits à Kinshasa par le cousin de Denis Christel Sassou Nguesso, un certain Mossengwo, qui vit et travaille à Pointe Noire. Même les soldats qui ont été envoyés en Israël pour une formation et qui seront affectés à la garde de kiki, seraient des Congolais de Kinshasa.

La France qui n’a plus de doctrine

« La France manque aujourd’hui de doctrine politique, sociale et économique. Ce qui fait que les Français n’adhérent plus aux doctrines et aux idéaux ; mais aux hommes.
Ils ne respectent plus les doctrines et les idéaux pour ne pas tomber dans leurs propres pièges.
Néanmoins, c’est dans cet imbroglio que la France d’aujourd’hui se plait à vivre. Parce qu’elle y trouve ses comptes.
Par exemple, elle peut aller tuer des peuples entiers, et piller les richesses de ses anciennes colonies, sans remords.
Puisqu’elle n’a pas une doctrine qui peut la ramener à la morale et l’éthique politique ou l’humanisme ou encore à son propre principe républicain : Liberté, Egalite, Fraternité.
Mais, ce n’est pas un choix libre que la France a fait pour être dans cette situation confuse qui tranche avec la France des Lumières.

Elle s’y trouve parce que le pays manque de génie comme dans les temps anciens pour se procurer un Nouveau Projet de Société avec des Nouveaux Concepts, Maquettes et Plans de Développement qui peuvent faire qu’elle gagne avec ses anciennes colonies.

Cependant, il ne lui reste que son histoire, sa ruse et son terrorisme d’Etat ; mais aussi le nombre de ses anciennes colonies qu’elle continue à maintenir et à défendre farouchement pour être comptée encore parmi les Grandes Nations.

Pourtant, à cause de son manque de génie, la France a raté de créer avec ses anciennes colonies ce que nous pouvons appeler un Empire Economique Francophone (EEF) », avons-nous écrit dans notre livre à paraitre très prochainement, et que nous recommandons aux Congolais, surtout à Blaise Nzonza pour éclairer son esprit. Voilà pourquoi nous prophétisons : la France ne redeviendra une Grande qu’avec le génie des Africains. Cela a commencé avec le football et la demande faite a Alain Mabanckou de faire des propositions sur la Francophonie, ça finira dans l’élaboration du Projet de Société de la France. C’est inévitable !

Faites ce que je vous dis ; mais ne faites pas ce que je fais ?

Les crimes économiques de Denis Christel Sassou Nguesso ne sont plus à démontrer. Il ne se passe pas un mois sans que les médias internationaux ne les révèlent au monde entier. L’homme peut avoir un bon discours politique, mais ce sont ses actes ou son comportement qui révèlent sa personnalité. C’est par son fruit que l’on connait un bon arbre. « Une personne doit être identifiée et authentifiée à partir de sa personnalité qui est infalsifiable comme la biométrie », avons-nous écrit dans la biographie de notre roman « You are mum ! You are dad ! »

Or, Christel Denis Sassou Nguesso, même baptisé dans les eaux du Jourdain ou confessé par le Pape, ne cessera pas de voler ou de piller les richesses du Congo. Combien de fois Denis Sassou Nguesso et sa famille ont-ils été reçus au Vatican, depuis le Pape Jean-Paul II ? Ne reviennent-ils pas au Congo avec des médailles et des chapelets bénis par le Pape ? Et, que font-ils de leur foi chrétienne ? Le nommer président, c’est lui donner un cheque en blanc. Un Sassou Nguesso restera criminel et dictateur jusqu’à sa mort. D’où notre déduction : le séjour, même long, d’un Sassou Nguesso au pouvoir, ne le transforme pas en démocrate.

Après les crimes économiques, les crimes de sang

Les Sassou Nguesso ne sont pas bêtes. Ils savent que les crimes qu’ils ont commis sont imprescriptibles. Le seul moyen qu’ils ont de se protéger et être à l’abri des poursuites judiciaires, c’est d’être au pouvoir. Comme son père, Denis Sassou Nguesso, Denis Christel Sassou Nguesso, lui aussi, tripatouillera mille fois la Constitution pour se maintenir au pouvoir. N’avons-nous pas dit que tel père, tel fils ? Les chacals font des chacals.
Si c’est cette partition en Ut mineur que Blaise Nzonza veut aller jouer, en tout cas, les Congolais n’iront pas danser avec lui.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain