C’est le début du calvaire. Le Président autodésigné du Congo a entamé son ascension vers Golgotha, au Lieu du Crâne.

Le Président autoproclamé du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, a effectué, du lundi 2 au mercredi 4 septembre 2019, une visite officielle en France.
Le climat, l’environnement, la crise libyenne et la politique interne du Congo ont été les principaux dossiers que Denis Sassou Nguesso et Emmanuel Macron ont examinés, lors de leur rencontre qui a eu lieu, le mardi 3 septembre 2019, au palais de l’Elysée.

Déjà dans sa publication du lundi 2 septembre 2019, Rfi que d’aucuns qualifient de la bouche du ministère français des Affaires étrangères, a informé sur la météo politique qui allait prévaloir en France, durant le séjour parisien de Denis Sassou Nguesso : «  du côté français, ce rendez-vous n’a pas figuré à l’agenda du président Macron. L’Elysée n’a pas souhaité confirmer la venue de Denis Sassou Nguesso. », écrit-elle.

L’Elysée a-t-il cédé devant la pression de ceux qui accusent la France de dérouler son tapis rouge devant les dictateurs et les génocidaires ou a–t-elle tout simplement évité que son homologue congolais soit humilié par les militants de l’opposition qui manifestent sur la place de Paris ?

Est-ce pour ne pas attirer l’attention des Français qu’aucun officiel français n’a fait le déplacement de l’aéroport Le Bourget pour aller accueil le Président autoproclamé ? Pourtant, le cortège de Sassou Nguesso était bien encadré par des motards français.
Même si ce n’est que l’ambassadeur du Congo en France, Rodolphe Adada, qui a reçu le couple Sassou Nguesso au pied du luxueux Boeing 787 Dreamliner privé.
Mais, malgré toutes ces précautions prises par l’Elysée, Levy Nitou, le président de l’Association des Indignés 242, a réussi à mettre son pied dans le plat.
Il a, en effet, eu une conversation téléphonique avec un fonctionnaire de l’Elysée pour désapprouver la France dans le soutien qu’elle apporte aux présidents dictateurs africains. Le document audio a été mis en ligne.

Avec cette première et malheureuse étape, Denis Sassou Nguesso a emprunté le long chemin de croix qui va le conduire jusqu’à la chute. Parce que la pente est trop raide.

Néanmoins, la première station où il est tombé, reste sa rencontre avec le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

A cette première station, Denis Sassou Nguesso a pris une véritable douche froide. Il est sorti de cette rencontre la queue entre les pattes comme un chien suffisamment battu par son maitre et qui se sent coupable.

Voici ce qu’ont écrit, à propos, nos confrères d’Atlantico. Un journal en ligne dont l’équipe de rédaction est composée d’une dizaine de journalistes qui travaillent avec un réseau de plus de 3000 experts, économistes, sociologues, politologues, entrepreneurs, juristes, historiens, médecins, scientifiques ou polémistes. Son directeur de publication est Jean-Sébastien Ferjou.

Des actes envers Mokoko

« La France attend des actes du président congolais Denis Sassou Nguesso envers son opposant Jean-Marie Michel Mokoko, incarcéré depuis mi-2016 et condamné à 20 ans de prison, a annoncé mardi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.
«  Je lui ai parlé de M. Mokoko et d’autres personnes en lui disant qu’on attendait de sa part des actes », a déclaré M. Le Drian devant l’Association de la presse diplomatique, à l’issue d’une rencontre à Paris avec le président congolais de 76 ans, dont 35 à la tête de l’Etat.
« Je le lui ai dit avec fermeté et je pense que le président de la République lui dira la même chose  », a ajouté le chef de la diplomatie française.

M. Sassou a eu dans la foulée son premier entretien bilatéral avec son homologue français Emmanuel Macron, lors d’un déjeuner de travail portant notamment sur les questions d’environnement.

La dernière visite à l’Elysée du président Sassou Nguesso remonte à mai 2018, comme représentant de l’Union africaine (UA) pour la Libye à une réunion internationale sur la crise libyenne.

Au pouvoir depuis 1979 au Congo - à l’exception d’une parenthèse de cinq années qu’il a refermée par un coup d’Etat -, Denis Sassou Nguesso, a été réélu en 2016 lors d’un scrutin dénoncé par l’opposition.

Cette dernière a réclamé samedi à Brazzaville la libération de deux anciens candidats à la présidentielle de 2016, Jean-Marie Michel Mokoko (72 ans) et André Okombi Salissa (58 ans), avant la tenue du prochain scrutin présidentiel de 2021.
Les deux opposants, qui contestaient la légitimité de la réélection de Denis Sassou Nguesso, ont été respectivement jugés en 2018 et 2019 et condamnés à 20 ans de travaux forcés chacun pour "atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat" et "détention illégale d’armes et munitions de guerre"

Une descente aux enfers

Insomnies, mesures du Fmi, grogne, salaires des fonctionnaires, bourses des étudiants, pensions des retraités et actes envers Mokoko attendus par la France, Sassou Nguesso amorce sa descente aux enfers.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain