Congo-Justice : La leçon de Me Bouncounta Diallo à Oko Ngakala et Thierry Moungalla.

L’homme est connu pour son sens aigu de la formule. Ce vendredi 03 mars à Paris Gare du Nord, dans une Conférence de presse animée par Guy Mafimba sur le cas de l’ancien candidat à l’élection présidentielle André Okombi Salissa, Me Boucounta Diallo, celui-là même qui avait défié le procureur Oko Ngakala, le jour ou ce dernier avait déféré André Okombi Salissa non pas devant la Justice mais devant la presse, a manié la périphrase et la métaphore à souhait. « Deuil du droit ; ilot d’injustice, etc. » a-t-il dit à propos du fonctionnement de la Justice.

Mais ça n’est pas tout. Après que Guy Mafimba, le représentant en Europe d’AOS, lui a accordé la parole, Me Boucounta Diallo a dressé un tableau quasi apocalyptique du Congo, avant de s’en prendre à Oko Ngakala, lequel « a plus l’air d’un shérif que d’un procureur » (sic). Et de rappeler la vacuité complète qui entoure le dossier d’inculpation de son client, André Okombi Salissa. « On nous dit que mon client a été incarcéré pour délit de flagrance. Mais alors pourquoi ouvrir une information judiciaire à l’encontre de mon client ? En matière de flagrant délit, on est directement déféré devant le tribunal et non devant le parquet ; en matière de flagrant délit, le juge d’instruction n’intervient plus » , a-t-il affirmé.

Par ailleurs, l’ordonnance du juge d’instruction du 15 février dernier constitue un aveu d’impuissance, a poursuivi Maître Bouncouta Diallo, puisque le juge d’instruction lui-même avoue qu’en "l’état actuel du dossier, le modus operandi n’est pas connu" (resic). En fait, la Justice au Congo lui paraît déroutante. « Comment le ministre de la Communication, juriste de formation, peut-il affirmer que dès l’instant où quelqu’un a été condamné, il n’a plus besoin d’avocat ? C’est une situation inédite dans l’histoire de la Justice universelle », déplore l’avocat sénégalais.

Pour lui, il est évident qu’au Congo « le Droit n’a pas droit de cité ». L’illustration en est donnée par le reniement de la Haute Cour de Justice : dans une loi organique de 1999, tout membre du gouvernement et tout élu jouissent du privilège de cette haute juridiction. Par conséquent, le cas d’André Okombi Salissa relève de la Haute Cour de Justice, dans la mesure où il était encore député au moment de sa capture. Et que l’acte d’accusation ne pouvait venir que de l’Assemblée nationale. « Au lieu de ça, les autorités judicaires congolaises ont procédé autrement  » a soupiré l’avocat Sénégalais.

A n’en point douter, le Congo souffre « d’une carence intellectuelle » (repic). « Et que si l’on veut sauver la face de la Justice, donc du Droit, il est nécessaire de convoquer le symbole et la libération immédiate d’André Okombi Salissa sera un symbole fort pour cette Justice », a-t-il conclu.

BB

JPEG