Aimé Kifoula : « A l’UJSC, j’étais à bonne école »
Grand voyageur, professeur de danse africaine, le Normand d’adoption Aimé Kifoula a sorti un album de sept titres, un régal sonore sur des thèmes propres à la tradition congolaise. Entretien.

Vous avez intitulé votre album d’un « enfant de la savane ». Pour quelles raisons ?

Aimé Kifoula  : Enfant de la savane c’est pour faire exotique. J’avais aussi pensé à enfant de la forêt mais j’ai grandi à Brazzaville la capitale alors je me suis laissé tenter par enfant de la savane, ca marchait mieux.

Parmi les sept titres de l’album, « Tchere Tchere » retient l’attention, et pour cause, c’est un fait de société récurrent…

Aimé Kifoula  : Tout à fait ! Et d’ailleurs je vais vous faire un aveu : c’est une histoire vécue. Un homme qui décède laisse finalement ses enfants sans défense face à la meute des neveux, lesquels veulent tout s’accaparer. Très souvent les neveux oublient qu’ils ont eux aussi un père. C’est le côté pervers de la tradition que je dénonce dans cette chanson.

D’où vous vient cette passion pour la tradition, du moins pour le « Ngoma » ?

Aimé Kifoula : Tout petit, j’aimais bien chanter. À l’école, j’allais en dansant. Partout, j’aimais bien jouer. Les instruments de musique m’ont instruit, la chanson m’a édifié. Ma mère disait : « Ce n’est pas avec tes chansons que tu vas réussir dans la vie. » Moi je pensais le contraire.

Qui de vous deux avait raison ?

Aimé Kifoula : (rire) Moi ! Puisque je vis de l’art. Je suis prof de danse africaine et je parcours le monde. Dans ma ville d’adoption, Caen, je dispose d’une école de danse. Donc, je peux affirmer que l’art ne constitue pas pour moi une simple passion mais bien une vocation. Vous savez, j’ai grandi à Makélékélé et non loin de chez nous, il y avait un ballet. Tout part de là. Et puis j’ai rejoint L’UJSC, une très bonne école de l’art. Ou tout simplement de la vie. Merci à mes anciens du 08 Février, parmi lesquels Mana Mouyabi.

Propos recueillis par Bedel Baouna