Une année de luttes vient de s’achever. L’année 2017 a commencé dans le même état d’esprit pour les militants engagés dans le combat contre la dictature et la tyrannie au Congo-Brazzaville, afin d’installer la Liberté, la Justice et la Démocratie sur tout le territoire national.

C’est pourquoi, en ce début du mois de février, les Assises Nationales du Congo invitent l’ensemble des forces patriotiques et sociales à plus de lucidité face aux nouveaux enjeux qu’induisent les contextes international et national qui s’imposent à nous et nous appellent à plus d’engagements pour inverser le rapport de force au niveau national et briser le mur du silence et l’indifférence de la communauté internationale.
• Nous devons, au nom de notre peuple, continuer à dénoncer vigoureusement le silence et l’inaction des instances continentales et mondiales en nous associant davantage aux diasporas frères, aux citoyens du monde et acteurs de la solidarité internationale qui partagent notre lutte pour la démocratie, la liberté, la justice et la dignité de nos peuples.
• Nous devons intégrer avec réalisme la nouvelle donne consécutive au changement d’administration aux USA. Des opportunités sont à saisir malgré les choix ambiguës de politique extérieure du nouveau président Donald TRUMP.
• Nous devons davantage décrier la duplicité des autorités françaises qui, au nom d’une opaque diplomatie économique et d’autres intérêts inavoués, ont renoncé à la défense de la démocratie et des « droits de l’homme » en Afrique Centrale, et plus particulièrement au Congo-Brazzaville.

En effet, après avoir donné un blanc-seing au despote SASSOU NGUESSO pour qu’il organise un référendum inconstitutionnel, le président français F. HOLLANDE s’est complaisamment affiché au sommet Afrique-France de Bamako avec l’homme qui a fait passer une Constitution scélérate au prix de centaines de victimes qui avaient eu le tort de manifester pour le Non au changement de la constitution.

Aujourd’hui, les masques sont tombés avec la publication de l’infâme arrêté des ministres français des finances et de l’intérieur portant gel des comptes bancaires de l’opposant congolais Ferdinand MBAOU, au motif que ce dernier « vise gravement à déstabiliser les structures politiques du Congo et à renverser le pouvoir de M. Denis SASSOU NGUESSO, président congolais réélu le 20 mars 2016 », dixit ledit arrêté qui révèle de façon quasiment officielle la reconnaissance et le soutien accordé à un général-président ordonnateur de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide depuis décembre 1998.

Les Congolais ont la preuve définitive que le gouvernement français, malgré des déclarations laconiques et attentistes, n’a jamais été du côté des militants pro-démocratie et des défenseurs des Droits de L’Homme au Congo-Brazzaville qu’il considère plutôt comme des « terroristes ».

Les Congolais constatent également que c’est du bout des lèvres que le H.C.R et le Conseil de sécurité évoquent, dans des rares occasions, la situation mortifère qui prévaut au Congo-Brazzaville. Dans une récente résolution, les parlementaires européens viennent de condamner les violences politiques dans deux pays voisins au Congo sans aucune évocation de la situation plus meurtrière dans notre pays. Une omerta internationale entretenue par les pétrodollars de la dictature sassouiste.

Certains chefs d’états africains et dirigeants de l’Union Africaine semblent s’être ligués, autant que ceux de l’O.I.F, contre les aspirations légitimes du peuple congolais à vivre dans la paix véritable et en démocratie. Ils font la courte échelle au tyran de Brazzaville pour qu’il se pavane ici et là dans le costume trompeur du médiateur-faiseur de paix, alors que son propre pays est devenu une prison et un mouroir à ciel ouvert où un procureur zélé ose incarcérer, séance tenante, un avocat étranger venu défendre son client, le député André OKOMBI SALISSA arrêté et emprisonné avant toute levée de son immunité parlementaire.

Les Assises Nationales du Congo partagent sans équivoque le seul mot d’ordre que les circonstances nous imposent, à savoir : « comptons sur nos propres forces et consolidons l’unité d’action des forces vives congolaises  » pour la réalisation de l’objectif de libération de notre pays du joug dictatorial de SASSOU NGUESSO et son système.

Plus que jamais, il nous faut agir avec plus de détermination et d’abnégation pour mettre fin au projet de « présidence monarchique » d’un homme désavoué par le peuple souverain. Pour son maintien au pouvoir, SASSOU NGUESSO traque, enlève, emprisonne, torture, assassine ses concitoyens, bombarde des populations civiles dans le département du Pool, théâtre depuis plus de dix mois, dans un huis-clos tragique, de massacres collectifs, de viols et de pillages.

Le régime militariste de Brazzaville recrute à tout va de jeunes gens pour servir de chair à canon comme l’attestent les témoignages filmés de leurs camarades rescapés.
Officiers et hommes de rang, le Pool ne peut être un champ de bataille ennemi. Refusez d’y aller ! Votre devoir, c’est de défendre le territoire national et non un tyran fratricide.

Les Assises Nationales du Congo, tout en réaffirmant leur confiance au peuple congolais ainsi qu’aux forces politiques de l’intérieur et de l’extérieur en lutte, rappellent qu’aucune libération ne sera possible dans notre pays sans soulèvement populaire, comme le stipule l’article 35 de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen :

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

Il nous faut donc aller jusqu’au bout de l’insurrection afin que le sang de nos martyrs qui coule depuis septembre 2015 n’ait été versé inutilement. Chaque résistant congolais où qu’il se trouve, selon ses moyens, doit apporter son soutien à cette lutte nationale désormais ouverte.

Les Assises Nationales du Congo s’associent aux citoyens binationaux africains et congolais pour le renforcement de la sensibilisation de l’opinion publique française. Continuons d’agir ensemble pour dénoncer et barrer la voie aux complices de l’infâme conspiration « françafricaine  ».

Les Assises Nationales du Congo soutiennent et saluent le courage des patriotes congolais, prisonniers politiques que sont : Paulin MAKAYA, Modeste BOUKADIA Jean-Marie Michel MOKOKO, André OKOMBI SALISSA, Anatole LIMBONGO NGOKA, Jean NGOUABI, Ghys Fortuné BEMBA DOMBE et tous leurs compagnons d’infortune. Elles leur témoignent leur indéfectible solidarité.

Les Assises nationales du Congo dénoncent et condamnent la traque fallacieuse du pasteur NTOUMI dont la posture de légitime défense n’est plus à démontrer ; traque qui cache mal la volonté délibérée de réduire le Pool à l’état de « No man’s land », et qui se lit en lettres de sang : GENOCIDE.

La plateforme Assises nationales du Congo rappelle que Denis SASSOU NGUESSO n’est pas le président élu du Congo. Elle invite les patriotes à plus de combativité et de vigilance afin que les caméléons politiques, toujours à l’affût de compromissions éhontées, cessent de duper indument le peuple et de retarder le triomphe de nos idéaux.

Vivent les forces patriotiques de la résistance, à l’intérieur et à l’extérieur du pays !
Vivement la République et la démocratie !
Fait à Paris, le 04 février 2017.
Pour le Délégué Général
MAWAWA Mâwa-Kiese

P/O Le Délégué Porte parole
Antoine Page KIHOULOU

Assises Nationales
du Congo Association Loi 1901, déclarée à la Préfecture de Police de Paris, Récépissé n°W7512246551
Mail : assises.secretariat@gmail.com
Paris le 04 février 2017