Aujourd’hui, jour pour jour, c’est le trente troisième anniversaire du décès de Marien Ngouabi assassiné le 18 mars 1977 à Brazzaville. Ses bourreaux continuent de dormir du sommeil du juste. Le Gouvernement congolais en exil commémore l’évènement par la contribution ci-après de son Premier Ministre, Me Tony Gilbert Moudilou.

A nos biens chers compatriotes !

Notre joie est immensément grande, celle qui nous permet encore une fois, bien qu’éloignés les uns des autres par le mur de la traîtrise, de la trahison, de la flétrissure érigée par les auteurs du mal qui ont voulu que cela soit ainsi afin d’être seuls, sans témoins à dépecer notre cher et beau pays et le mettre dans l’état de faillite dans lequel il se trouve aujourd’hui.

Oui la situation de perdition dans laquelle l’ont plongé les fils indignes à la tête de notre pays, devrait interpeller tous citoyens, tous patriotes qui aiment ce pays. Celle-ci : sociale, culturelle, économique, financière et politique reste sans voix et sans commentaire. Elle nous pousse très simplement à nous poser quelques questions à savoir : ces gens là, s’aiment-ils vraiment ? Et aiment-ils leur pays ? La forfaiture qui a pris le dessus sur la conscience collective et le patriotisme, nous laisse pantois.

Biens chers compatriotes et chers amis ;

Nous allons commencer notre propos par quelques citations pour baliser notre chemin.

La première citation :
« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Quand elle choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux, elle devient une civilisation atteinte ; Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. Déférée à la barre de la raison comme à la barre de la conscience, cette civilisation est impuissante de se justifier et que, de plus en plus elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins de chance de se tromper » = dit Aimé Césaire. (Discours sur le colonialisme).

Paul Valéry nous évoque de façon spectaculaire « un arbre qui pousse aux Indes et qui ne porte ses fruits que pendant l’orage ».

La troisième citation nous a été léguée par l’ancien Président Mobutu Sese Séko et qui, se trouvant à la tribune des Nations Unies à New York en octobre 1973, devant le dilemme du problème palestinien, alors que le Zaïre, son pays, était l’un des seuls pays africains qui entretenaient des relations diplomatiques avec Israël. Dans un concept international plus que interrogateur, il fit l’une des plus belles déclarations de son existence ceci devant un monde entier resté sans voix il déclarait en substance dans ce sens :

« Le fruit ne tombe pas seulement quand il est mûr. Devant la tempête et l’ouragan de l’histoire, mûr ou pas mûr, il finit toujours par tomber »

L’ancien Président Hamed Sekou Touré de la Guinée qui, se trouvant devant l’hégémonie et l’incompréhension dans le comportement de l’ethnie Peulh, déclarait :

« Quand tu danses avec un aveugle sur la piste, il faut de temps en temps lui marcher sur ses pieds pour qu’il sache et comprenne qu’il n’est pas seul sur cette même piste dont il a tendance à s’en approprier ».

Le Président Yasser Arafat de la Palestine aimait à dire :
« Quand un peuple végète dans la misère, il s’allie à n’importe quel diable ; pourvu qu’il trouve ce qu’il recherche pour sa vie et sa survie ».

Bien chers compatriotes,

Faut-il assassiner cette civilisation dont parle Aimé Césaire ?
Que dire de l’arbre qui ne produit ses fruits que pendant l’orage ? Du fruit qui ne pensait tomber que quand il est mûr mais qui bien évidemment et fort heureusement, peut tomber même quand il n’est pas mûr devant la tempête et l’ouragan de l’Histoire. Et ce peuple Peulh, arrogant, hégémoniste, égocentrique, fanfaron, vexatoire, hautain ami de l’argent, vicieux, narcissique se croyant au dessus de l’ensemble du peuple guinéen et voulant s’approprier de tout ; le Président Hamed Sekou Touré lui répondit avec le ton et l’accent appropriés : « il faut lui marcher sur ses pieds pour qu’il comprenne qu’il n’est pas seul sur la piste de danse dont il a tendance à s’en approprier arrogamment et méprisamment ».

Enfin, cette alliance qu’il faille faire à tous prix avec n’importe quel « diable afin de trouver ce qu’on veut ». Toutes ces belles réflexions, ne concernent-elles pas le peuple congolais par rapport aux problèmes qu’il traverse ? Nous vous laissons le soin d’en faire une analyse attentionnée et en méditer avec courage et patriotisme.

Bien chers compatriotes,

Nous sommes à la veille du cinquantenaire de notre indépendance. Les questions qui se posent et s’entreposent dans nos esprits sont ceux de savoir : qu’avons-nous fait de nos cinquante (50) ans d’Indépendance ? Qu’avons-nous fait et n’avions pas fait ? Et pourquoi ? En gros quel bilan tirons-nous aujourd’hui ?

Nous étions pourtant bien partis au sortir de notre indépendance jusqu’à la huitième année, quand ; patatras les arrivistes politiques ont débarqué avec tous les maux qui minent actuellement notre société. Au bout du compte, notre Congo est revenu à l’âge de la pierre taillée, le Congo a bien reculé en arrière, alors que jusqu’en 1970, tous les pays africains tiraient et prenaient l’exemple sur le Congo. L’exemple le plus patent est la place que nous occupions dans la culture, les arts et le sport. Nous ne parlons pas d’industrialisation du pays qui nous valut une admiration toute particulière. Des usines qui faisaient la fierté de notre pays : l’usine textile de Kinsoundi SOTEXCO employant 12.000 ouvriers, celle de Disques (la première de l’Afrique au Sud du Sahara), CIDOLOU (l’usine de cimenterie de Loutété), CHACONA, qui fabriquait les bateaux pour aller au Nord de notre République, OFNACOM, l’Usine des cahiers, COMBE qui nous produisait du bon légume sans oublier, BETOU réputé pour ses allumettes ainsi que l’Usine de séchage du poisson.

Quand on hérite d’un patrimoine, la morale et la conscience poussent les héritiers à prendre soin, en le manageant correctement afin de le pérenniser. Aujourd’hui, quand nous nous interrogeons sur ce qu’est devenu notre pays depuis le 4 septembre 1968, les questions s’entremêlent dans notre esprit. Est-ce que les hommes et les femmes arrivés à la politique après cette date, aiment-ils vraiment notre pays ? Si oui comment alors analyser le comportement animalier qu’ils affichent ? Pourquoi ce comportement abject à l’égard du peuple congolais que nous constituons ? Pourquoi se moquent-ils tant d’un peuple qui ne mérite pas un tel mépris ; quand les acteurs ne sourcillent même pas, affichent l’arrogance avec un tel dégoût, sans état d’âme et sans vergogne ?

Le 4 septembre 1968 reste la date la plus triste de notre histoire. Avec l’arrivée du PCT et sa cohorte d’arrivistes dont Sassou Nguesso reste le chef de bataillon. Elle est à l’origine de tous nos maux.

Mars 1977 est l’autre période qui est venue enfoncer le clou, la date la plus noire de notre histoire. Elle nous emmena à la tête du pays un monstre froid, un malade qui a écrit notre page d’histoire à l’encre rouge restée indélébile. En assassinant le Président Marien Ngouabi le vendredi 18 mars 1977, le Cardinal Emile Biayenda le mardi 22 mars et le Président Alphonse Massamba-Débat le vendredi 25 mars de la même année, l’histoire naturelle et politique du Congo se révulsait et le Congo n’était plus le même. Tous les rêves s’étaient transformés en cauchemar d’épouvante. Le Congo avait fait un bon en avant dans la division et le satanisme. Aujourd’hui, il ne reste de commun entre les congolais que le nom de notre pays ainsi que les frontières internationales. Tous les sentiments de solidarité et d’amour se sont fissurés, lézardés et disloqués. Les partis politique sont crées aujourd’hui pour opposer et diviser le peuple. La méfiance entre les populations est plus que de mise. Même les mariages sont sujets à caution. On ne se marie plus comme hier. Il y a aujourd’hui collusion avec les destructeurs de l’Unité nationale.

Depuis le 18 mars 1977, la notion de la Nation a sauté en éclat. Les conséquences sont telles que d’après la déclaration du capitaine Okongo Nicolas à la Conférence Nationale, l’homme du Nord arrivé au pouvoir à la suite de ce coup d’Etat meurtrier, n’avait qu’un but : « tuer et encore tuer la maximum des Kongos. Ils avaient tellement envie de se venger ; mais contre qui et pourquoi ? Ce qui fait qu’en un laps de temps ils ont tellement tué sans vergogne que leurs épouses étaient obligées de les téléphoner pour marquer leur désapprobation. Et ils étaient obligés de tuer leurs propres parents du Nord pour éviter une guerre civile ». (Okongo Nicolas membre du Comité Militaire du Parti (CMP) né à la suite de l’assassinat du Président Marien Ngouabi lequel Comité est l’idée du penseur Sassou Nguesso. (Conférence Nationale Souveraine le 17 mai 1991).

Depuis le 18 mars, rien mais alors absolument rien n’a changé. Le pays continue de saigner, d’être pillé par ses propres fils qui le font sans ambages, sans recul et sans état d’âme.

« Monseigneur,
Le peuple Congolais n’a pas été assassiné qu’à travers ses fils et ses filles. Il l’a aussi été économiquement. Je n’ai pas compris, je ne comprends toujours pas que certains de nos compatriotes se soient livrés à un pillage aussi systématique de leur propre pays comme des étrangers. Comment des congolais ont-ils pu devenir de véritables prédateurs, allant jusqu’à dépecer l’os de ce malheureux pays. Comment peut-on compter en milliards l’argent détourné par ces malfrats dans un pays où des gens meurent comme des mouches, faute de moyen pour acheter un seul comprimé de nivaquine ?

J’en ai tiré tout simplement la conclusion suivante, certes méchante, mais je n’en avais pas d’autres : ces gens-là n’aiment pas leur pays ».

Pourtant nous jouissons d’un pays qui est un véritable don de Dieu : -pas de sécheresse – pas d’inondation – pas de tremblement de terre – pas de volcans – pas de cyclones. Toutes ces calamités qui peuvent réduire à néant, en quelques secondes parfois les immenses efforts et les réalisations de l’homme sur terre, Dieu nous en a préservés les affres.

Mais par contre, que des ressources abondantes et variées dans ce Congo !
 D’abord un homme capable, le congolais, qui a fait ses preuves dans le passé. Celui que sous d’autres cieux et en d’autres temps, d’autres hommes ont admiré et souhaiteraient continuer à admirer.
 Ensuite cette terre qui ne demande qu’à nourrir son peuple !
 Et cet océan, ces fleuves, ces rivières, ces ruisseaux, ces étangs qui ne demandent qu’à être exploités !
 Cette forêt aux essences si nombreuses et parfois si rares !
 Et ce sous-sol encore inexploité !
 Et ce pétrole enfin que les autres pays qui en possèdent l’utilisent à bon escient !

(Déclaration du Premier ministre Charles Ganao à la Conférence Nationale Souveraine le 26 mai 1991).

Aujourd’hui le temps est aux nombreux détournements des deniers. Les finances sont confiées à un personnel de la tribu, souvent dénués de toute formation académique et placés aux antipodes de la probité morale qui devrait caractériser les bons gardiens de notre patrimoine public. Une course à l’enrichissement illicite est devenue la seule dialectique et tout ceci se fait sans arbitre pour signaler la faute. Tout le monde vole et le Président de la République qui devrait être le modèle est le premier prédateur. On est comme au village des ananas où tout le monde porte une huppe ou au champ de maïs où tout le monde a une barbe. Le pays n’a plus de chef, de responsable capable de siffler la fin de la récréation.

Devant un tableau aussi lugubre qu’invisible et qui ne laisse aucun espoir de clairvoyance, l’avenir de notre pays est en péril. L’autorité, la Justice et la Loi se sont muées en de forces brutales, vulgaires et primitives d’écrasement de l’homme et du citoyen ; ce n’est pas seulement l’esprit de responsabilité, de légalité, d’équité et tous les autres principes généraux d’ordre, de sécurité dans un Etat moderne qui ont été transformés en « garanties aléatoires, en paris, en incertitudes » ; ce n’est pas seulement l’Etat qui a été transformé en une société des fêtards, des danseurs c’et à dire des ambianceurs tous azimuts. Ce sont toutes nos valeurs : morales, spirituelles, philosophiques et psychologiques qui ont été dépravées. Pour manger aujourd’hui, il faut faire allégeance à Sassou : le glorifier et le déifier sinon, on reste affamé. Les dignitaires du MCDDI, de l’UPADS, de Yhombi, de Mwinda et autres sont allés s’agenouiller devant les pattes palmées de Sassou et ils sont devenus pour la plupart des, des Directeurs, Députés, des Sénateurs, Ministres. Et Sassou adore ça : mettre les gens au pas, les humilier pour les tuer ensuite.

C’est toute l’âme elle-même de la Communauté nationale qui a été atteinte. C’est l’avenir entier de notre pays qui a subi un sacré coup de massue, tous les points névralgiques de notre existence ont été touché et pris en otage. Aujourd’hui la décomposition de notre Nation est profonde à cause du traitement inculqués par les politiciens venus d’Europe de l’Est (partis pour cinq ans d’études, ils revenaient avec des diplômes en poche alors même qu’ils étaient pour la plupart idiots et échouaient dans les classes au Congo). Là-bas, comme par baguette magique, ils étaient devenus de très bons étudiants. Le résultat, nous sommes aujourd’hui gouvernés par ces arrivistes politico intellectuels venus de Roumanie, Tchécoslovaquie, Rda, Pologne, Albanie, Hongrie et URSS, et ce dans toute l’administration, et rien ne marche.

Nous tournons en rond comme quand le chien se torche. La démocratie : son état d’esprit, ses réflexes qui sont le fruit d’un long apprentissage, celui de l’intérêt général, de la tolérance, de l’acceptation de l’autre et des différences, ce qui serait le seul moyen d’être libre et le remède le plus honnête que l’on puisse opposer aux maux de la société. La démocratie exigeant le rejet des solutions faciles, de la loi du plus fort et du recours à la violence. Celle dépassant les divisions et les haines, celle qui désarme les peurs, la démocratie comme Etat respectueux de chacun, juste, équitable, désintéressé, capable de susciter l’adhésion patriotique, de mobiliser les énergies.

La démocratie régulatrice acceptant les règles transparentes et rigoureuses de l’administration et de la gestion, en un mot de la « bonne gouvernance » a été mise à mal. Le Congo du PCT a tout raté. Il n’existe plus rien de consistant. Oui, malgré toute une aspiration profonde à la paix, à la liberté, un véritable débat doit inspirer notre action politique. Elle doit être une vocation dont en dépend notre pays.

Bien chers compatriotes,

Le Congo que nous entrevoyons demain, celui d’après Sassou, est un Congo convivial, débarrassé de manipulation et d’intrigues macabres et scabreuses, de la corruption et de toute forme de vampirisme. C’est un Congo où il fait bon vivre s’appuyant sur les expériences des premières années d’indépendance, de son histoire, sur ses valeurs de civilisation, écoutant son aspiration sincère et inventant notre propre modèle en manquant pas de tenir compte de l’évolution du monde.

Il faut en finir avec les pronunciamientos et toutes les transitions violentes. Nous devrions être à partir de demain, un Congo stable qui avancera à son propre rythme, avec détermination sur les chemins de l’Etat de droit. Cette nouvelle vision de notre pays, nous devrions nous y atteler tous pour l’atteindre. Mais avant cela, nous devrions nous débarrasser de tous ces morpions qui se sont accrochés à l’odeur alléchante de notre richesse et de notre argent. Nous devrions nous en débarrasser sans état d’âme comme ils se sont comportés à notre égard et ceci par tous les moyens. Rappelons-nous les citations citées au début de notre propos.

Au regard de ce qui précède, le Gouvernement Congolais en exil se voit dans l’obligation morale, psychologique et matérielle de prendre le devant de ce combat acharné pour la libération de notre Territoire national. C’est l’Idée même de sa création et de son existence. Le Gouvernement Congolais en exil demande à notre peuple dans son ensemble de s’apprêter à l’accueillir car il arrive vous apportant le sujet d’une grande joie. Il arrive vous annonçant la fin de la récréation, des jacasseries, de la perversion, de la dépravation des mœurs, des détournements de nos deniers, du vol caractérisé, de la ruine psychologique, du respect de la chose publique. Le Gouvernement Congolais en exil arrive pour restaurer la LOI prise dans toute son essence, sa valeur et sa grandeur ; la Morale et la mise au travail du peuple congolais à qui le PCT et son système, conduit par son Chef d’Etat Major Général Sassou Nguesso, a inculqué une certaine morale, une éthique : celle du renoncement. Le Gouvernement Congolais en exil ramène l’ÉTAT : le vrai celui qui a été émasculé depuis le 4 septembre 1968.

Nous avons besoin de l’Etat qui assure et assume, donc un Etat Fort avec un Chef aux « couilles bien suspendues », énergique, républicain, patriote, respectant le Droit et la Justice, la Loi et les valeurs intrinsèques qui caractérisent notre être et notre « vivre ensemble ». Le Gouvernement Congolais en exil ramène le Congo Uni, celui que nous avons perdu depuis que toutes nos valeurs ont été dépravées, ceci depuis le 4 septembre 1968. Le Congo nouveau va arriver et avec Lui toute l’espérance la vraie, dont rêve chaque Congolais et chaque Congolaise du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Oui, pendant près de deux mois nous avons observé un grand silence. Il était sciemment entretenu mais cela ne voulait pas dire que nous ne travaillions pas. Loin de là, car comme on le dit chez nous : « quand un cultivateur de vin de palme a perdu son couteau, il le cherche dans toutes ses poches ». C’est là où nous a rejoint le Président Yasser Arafat qui lui parle du peuple « à s’allier à n’importe quel Diable pourvu qu’on trouve ce dont il a besoin ». Nous ne pourrions rien entreprendre en se résignant, en croisant nos bras et regarder Sassou Nguesso, son Gouvernement et ses Alliés nous traiter de la sorte comme si notre peuple venait de naître alors que celui-ci a une longue histoire. Dans son long combat, pour son courage, tous les peuples du monde admiraient. Hier, on ne s’amusait pas avec ce peuple Congolais. Le Président Mobutu Sese Seko disait de nous : « qu’il préférait avoir ses 50 Millions de Zaïrois que le Million d’en face : celui de notre Congo. Pour lui : « tozalaki matata trop » (trop revendicatif, trop pragmatique). N’oubliant pas que la 1ère révolution africaine était partie de notre pays : les 13 -14 et 15 août 1963 qui a amené la démission du Premier Président, Fulbert Youlou. Nous restons aussi le premier pays qui installa pour la première fois, le Drapeau rouge dans notre Continent (le 31 Décembre 1969). C’est encore nous et par nous que vont arriver les Conférences Nationales Souveraines qui instaureront le multipartisme.

En effet, si la première Conférence Nationale Souveraine a été tenue par le Bénin en 1990, ce n’est pas ce pays qui en est le revendicateur initial. C’est le Congo Brazzaville, c’est nous qui depuis 1987 étions dans les rues à Paris réclamer à voix haute, la tenue de cette Conférence Nationale. C’est le Congo Brazzaville à travers nos Associations et Partis de Paris qui demandions à la France de lâcher le Pouvoir corrompu de Brazzaville. Mais celle-ci ne pouvait pas lâcher le Congo, trop riche et trop important pour ses intérêts. Ceci serait une faute grave si la même France n’avait pas circonscrit tous les contours et tous les enjeux. Si avec le Bénin la France avait vite décidé que ce pays organisa sa Conférence, parce qu’il n’y avait pas de grands enjeux pour lui au Bénin. Pour la France, le Bénin ne présentait pas de danger car il n’y avait là-bas rien à négocier et à perdre.

Le Congo, c’est le Pétrole, c’est le bois, c’est toutes ces grandes richesses dont la France trouve intérêts. Le Congo, c’est un pays à part, d’une influence capitale. C’est à partir du Congo notre pays qu’un certain Général De Gaulle alla pleurer pour que les Africains volent au secours d’une France étranglée, ensevelie sous les bombes Allemandes. C’est à partir du Congo notre pays que cette France, aujourd’hui arrogante retrouva sa virilité après que les Africains soient montés en masses successives et serrées, la libérer. C’est à partir de notre pays et capitale que respirait la France Libre car c’est dans notre capitale restée grandement historique que les voix de libération s’élevaient et voies de reconquête partaient.

Comment peut-on éteindre une telle flamme en un laps de temps ? Eh bien non. C’est la même flamme que nous avons utilisée en 1987 pour exiger de Sassou Nguesso la tenue de la Conférence Nationale Souveraine. C’est le Dr Bakouma Séraphin, c’est Guy Menga, c’est Aloïse Moudileno Massengo, c’est le Dr Ekondi Akala et les autres forces vives de la nation avec lesquels nous lancions les hostilités à Paris. Sassou sait ce que mon groupement La COORDINATION DES ELEVES ET ETUDIANTS CONGOLAIS DE France lui a fait subir : aucun répit. C’est donc nous et non la CSC de Bokamba Yangouma qui sera la pièce principale et le moteur de l’arrivée des Conférences Nationales Souveraines en Afrique et plus particulièrement chez nous au Congo Brazzaville. Je revendique cette paternité. Et c’est le même élan, la même ferveur, la même abnégation, le même courage qui nous animèrent lors de cette revendication et dont notre peuple reconnut la portée, qu’aujourd’hui, nous avons remis sur la sellette, avec la même hargne, nous demandons sans condition le départ du morpion qu’est Sassou Nguesso. Car Sassou Nguesso doit partir de gré ou de force quel qu’en soit le prix à payer.

Biens chers compatriotes,

Nous sommes le 18 mars 2010, c’est une date commémorative des 33 anniversaires de l’Assassinat du Président Marien Ngouabi et de l’arrivée de la terreur au pouvoir. Faisons de cette date celle qui va marquer le coup d’envoi de la Libération de notre pays. Que les esprits de tous les morts partis à partir de cette date de nous accompagner dans cette bataille de libération nationale. Une date qui sera gravée dans nos mémoires.

Bien chers compatriotes,

Aujourd’hui tous les pays africains nés en 1960, parlent du cinquantenaire de leurs indépendances ; du bilan de ces 50 ans : qu’ont-ils fait depuis et ce qu’ils n’ont pas fait. Et pourquoi ? Si les Congolais interrogent notre filou national Sassou Nguesso, il vous parlera de « inoua idia » et de danser. Il est entrain de demander aux Congolais de la Diaspora, ses amis avec lesquels il partage les ambitions, celles de manager, boire et danser ; les fêtards à le rejoindre massivement. Ils seront logés nourris et le voyage est gratuit car les « billets ekofoutama na mboka ; sur place » comme dans les années fastes du PCT où on faisait venir par bateaux entiers, des avions, des camions, des vélos tous les villageois de la Cuvette quand tous les billets étaient payés sur place. Yaka noki noki, billet ekofutama na Brazza » nous inondait la Radio Congo.

Quelle honte, quelle tristesse d’avoir comme Chef un homme dont les seules ambitions sont de boire, manger, danser et assassiner. Un homme avec lequel, on ne sait pas où il conduit notre pays. Aucune vision : aucun programme économique, culturel et social. Le vol rien que le vol. Les meurtres rien que les meurtres. Aujourd’hui, quand nous regardons notre pays, c’est comme si nous venons à peine de naître. On tourne encore en rond comme le chien quand il se torche. Mais pendant combien de temps allions-nous encore tourner sur nous-mêmes ? Aucune rigueur dans la gestion de notre « chose publique ». L‘amour du pays est quasiment inexistant ; aucun sens de la justice et de l’équité. C’est le ras-le-bol général lié à la situation sociale, économique et politique que le morpion nous ont imposés. Il y a des abus de toutes sortes : d’autorité, de pouvoir etc…Des comportements des plus répréhensifs qui soient et qui ne connaissent aucun répit ; bien au contraire. 50 ans après les indépendances, 19 ans après les Conférences Nationales et Souveraines, l’Afrique continue de tourner en rond et danser sans répit.

Pourquoi nous devrions nous débarrasser de ce morpion répugnant et immonde, ce démon représenté par le nouveau sceau de la république : Une couronne placée au dessus du dragon au feu entouré de deux éléphants ? C’est tout simplement un devoir citoyen.
Il faut donc réagir.

Peuple Congolais unissons nous, le temps de gloire est arrivé. Le soleil se lève et notre Congo va resplendir. La longue nuit va s’achever et l’espoir va renaître.

Vive le Congo !
Vive la paix et l’espoir retrouvé !
Vive la République !

Pour le Gouvernement Congolais,
Le Premier Ministre Me Tony Gilbert MOUDILOU.

Fait à Paris le 18 mars 2010.