Après la publication de notre article « Télégramme à un confrère écrivain, Alain Mabanckou : La lutte contre les dictatures africaines et la Francophonie ne peut pas se gagner en solitaire !  », nous avons reçu plusieurs réactions variées.

Si certaines sont très critiques et assimilent notre texte à une attaque contre notre confrère, à un complexe, à de la jalousie, à une demie-mesure parce que notre article ne va pas jusqu’au bout et ne dit pas ce qu’il faut faire, nous récidivons en disant que c’est une chance pour les jeunes générations d’avoir Alain Mabanckou comme leader d’opinion.

Nous pensons qu’Asie Dominique de Marseille qui, lui aussi, revendique ce titre sur le plateau de Télé Congo, et qu’aucun réseau intellectuel ne lui concède, ne nous en voudra pas. Les leaders d’opinion ? Chacun eut s’en faire une opinion et, il peut y en avoir mille dans une démocratie. Pour l’heure, nous voulons parler d’Alain Mabanckou car, lui, sait ce que parler veut dire et, lui, sait parler à ceux qui savent.

Alain Mabanckou, une voix que l’on écoute

La voix d’Alain Mabanckou, non seulement retentit partout au monde ; mais elle est aussi très écoutée dans le concert mondial car en harmonie avec les intérêts des sans voix. Et, l’homme est constant et stable dans son discours sur l’instabilité de notre monde de moins en moins bipolaire.
Les téléspectateurs des grandes chaines de télévision, les auditeurs des radios internationales et les lecteurs des grands journaux et magazines internationaux prennent le temps de le suivre, lire ses livres, écouter ses interviews, consulter ses articles dans la presse en concluant comme Nietzche : voilà l’homme .

Cet acte de magie que Mabanckou a d’accrocher et d’avoir une audience à travers le monde constitue tout un atout dans la lutte que mènent les Africains contre les dictatures dans leurs pays respectifs ; dans l’instauration de la démocratie et le développement de tout le continent ; mais aussi dans la définition des concepts de développement.

Et, cet atout en tant qu’enjeu politique doit être capitalisé et profiter à la cause africaine que les Occidentaux remettent chaque fois en cause comme l’a fait la France de François Hollande en mettant les bâtons dans les roues des Congolais qui voulaient se débarrasser de Sassou en 2015. C’est pourquoi nous avons dit dans le premier télégramme sur lequel nous n’avons pas encore eu sa réaction, qu’Alain Mabanckou ne devait pas lutter tout seul car cela risque de faire vivre à l’Afrique, selon Gabriel Marques,«  cent ans de solitude » c’est-à-dire une autarcie perpétuelle.

Aux autres voix, nombreuses d’ailleurs, qui s’élèvent tous les jours pour dénoncer les régimes dictatoriaux africains, et la politique africaine de la France ; à ces voix s’expriment sur le Franc CFA, parlent du développement de l’Afrique ou encore invitent au panafricanisme, Alain devait associer la sienne.

Création de la Ligue Africaine pour la Démocratie et le Développement

Nous avons pensé regrouper toutes ces voix dans une institution que nous voulons bien dénommer Ligue Africaine pour la Démocratie et le Développement.

Penser Afrique

Les Africains doivent savoir qu’aujourd’hui, aucun pays africain ne peut se développer seul, sans avoir intégré son économie dans celles de ses voisins de la sous-région, de la région et de toute l’Afrique. Les Africains doivent donc désormais penser Afrique.
Toutes ces intégrations sont pourtant facilitées entre autres par le fait que souvent on retrouve les mêmes peuples au-delà des frontières. C’est donc les mêmes cultures et les mêmes traditions qui continuent partout en Afrique, entité une, indivisible, interchangeable.

Missions de la Ligue

Les Africains parlent souvent du panafricanisme et vantent leurs leaders politiques d’antan comme Kwame Nkrumah, Sékou Touré, Patrice Lumumba… pourtant nombre de penseurs du continent ne savent pas exactement ce que contient le concept « panafricain » et comment le pratiquer avec pertinence.

La Ligue Africaine pour la Démocratie et le Développement devrait donc donner un contenu moderne à ce concept et travailler pour que le panafricanisme soit introduit dans les programmes scolaires. Car, il faudra préparer les futures générations à s’approprier ce concept qui prépare à l’identité noire.

Il en est de même des concepts comme l’intégration sous-régionale, régionale et africaine qu’on a tant du mal à rendre systématique en Afrique Centrale en dépit de la CEMAC.

Le président français, Emmanuel Macron, a demandé à Alain Mabanckou de collaborer avec Leïla Slimani pour « contribuer aux travaux de réflexion autour de la langue française et de la francophonie ». Macron a alors caressé Mabanckou dans le sens du poil. Celui a dernier refusé la main tendue par le successeur de François Hollande. Une vraie douche froide.

Les intellectuels africains devraient, à travers la Ligue Africaine pour la Démocratie et le Développement, rédiger un mémorandum à soumettre à l’Elysée. Ils ne doivent pas laisser Alain Mabanckou faire seul les propositions de peur de s’affaler par terre.

Comment peut fonctionner une telle Institution ?

La Ligue Africaine pour la Démocratie et le Développement n’a pas besoin d’un grand appareil administratif ou d’un immeuble imposant dans le quartier de la Défense, à Paris pour être efficace.

Son administration peut fonctionner à distance. Elle n’a pas non plus besoin d’un grand staff. Mais, d’un coordonnateur ou d’un animateur principal et dynamique.
Les nouveaux outils de la technologie permettent aujourd’hui que l’on réalise dans son salon tout le travail que l’on peut faire dans un bureau.
Sur la Francophonie, par exemple, le coordonnateur peut juste contacter plusieurs spécialistes qui doivent délimiter ou cerner le sujet, définir le contenu de ce concept et confier la tache à des experts en la matière qui devront s’occuper de la rédaction.

Des personnes ressources

La Ligue africaine pour la Démocratie et le Développement doit avoir un carnet d’adresses bien fourni dont les interfaces devraient redoubler d’adresse.

Elle a besoin des personnes ressources qui peuvent lui faire les premières propositions et l’aider à faire des choix avant de se prononcer sur une question d’actualité, par exemple la démocratie, le développement du continent africain.

Un comité de sages

La Ligue Africaine pour la Démocratie et le Développement doit avoir un Comité de sages.
Ce Comité peut être composé d’anciennes personnalités politiques, administratives, et d’institutions internationales, ainsi que des religieux qui sont reconnus comme intègres et panafricanistes.

C’est à ce Comité que tout le travail fait par les sachants doit être soumis avant de le rendre public ou de le remettre à qui de droit.
Par exemple, après la rédaction du mémorandum sur la Francophonie, ce document devrait être discrètement envoyé aux membres de ce Comité des sages qui doivent l’apprécier.
Le Comité de sages n’est pas obligé de tenir des réunions publiques. Chaque membre peut travailler dans son coin. Mais, il n’est pas interdit qu’ils se connaissent tous.

Fonctionnement

La Ligue Africaine pour la Démocratie et le Développement peut d’une manière indépendante s’intéresser à un sujet et le traiter en suivant la même procédure. Elle peut aussi être saisie par un gouvernement, une institution indépendante ou une individualité pour travailler sur un concept ou un sujet important sur la démocratie et le développement de l’Afrique. Mais, tous les travaux doivent être publiés sous la forme d’un livre et, vendus pour avoir de quoi constituer son budget de fonctionnement.

Qu’en pense A. Mabanckou, penseur désormais incontournable ?

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain