Député de Kinkala dans le département du Pool, mais aussi président de l’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki), Guy-Brice Parfait Kolélas pouvait être le prochain président du Congo Brazzaville s’il savait lire les signes des temps.

L’environnement international et national assaini par les révélations qui sont faites par le Fmi dans ses négociations avec le gouvernement du Congo, l’affaire Jean Marie Michel Mokoko, à l’issue de laquelle le pouvoir de Brazzaville est sorti très affaibli et critiqué partout, et la dernière lettre pastorale des évêques du Congo sur la crise sociopolitique et économique que vit actuellement le pays et qui a été adressée au peuple de Dieu ainsi qu’aux femmes et aux hommes de bonne volonté, peuvent l’aider à réorienter et redéfinir sa nouvelle politique.

Kolélas, premier ministre de Christel Denis Sassou Nguesso

Malheureusement, Guy Brice Parfait Kolélas qui serait déjà pressenti être le premier ministre du premier gouvernement de Christel Denis Sassou Nguesso, se serait laissé éblouir par les apparences du pouvoir, notamment cette nomination qui le ferait déjà rêver et qui le pousserait à renoncer à ses ambitions politiques et celles de son parti.

Nous apprenons, même, dans les milieux proches du pouvoir de Brazzaville que le leader de Yuki aurait troqué cette nomination contre sa candidature aux prochaines élections générales anticipées qui vont, sans doute, avoir lieu avant 2021.

Et, même s’il se présenterait aux élections présidentielles, le leader de Yuki aurait promis à ses alliés de ne pas contester les résultats qui seront proclamés et qui donneront vainqueur Christel Denis Sassou Nguesso, dès le premier tour.

Pourtant, dans le même milieu, nous avons aussi appris que son passage à la primature ne serait qu’éphémère comme celui de son père, Bernard Kolélas, dans le dernier gouvernement de Pascal Lissouba.

Le dernier premier ministre de Pascal Lissouba n’avait fait qu’un mois dans ses fonctions. Puis, il avait pris le chemin de l’exil lorsque la guerre déclenchée le 5 juin 1997 par Denis Sassou Nguesso contre Pascal Lissouba s’était généralisée.
Par ailleurs, les partisans de Denis Sassou Nguesso pensent aussi que Guy Brice Parfait Kolélas est très imprévisible et ne pourra pas former un bon couple avec Christel Denis Sassou Nguesso. Le clan préfère l’actuel ministre de l’Enseignement technique et professionnel, de la formation qualifiante et de l’emploi, Fylla de Saint Eude.

Mais, certaines indiscrétions justifient ce choix par le fait que le ministre Fylla serait devenu l’un des beaux-pères de Christel Denis Sassou Nguesso.
Ce dernier aurait fait, en France, un enfant avec sa fille. Mais pour une autre opinion très critique à ce projet, cela cacherait aussi la volonté de garder le pouvoir dans le clan.
Cependant, lors des élections législatives, le clan projetterait de repositionner le ministre Fylla dans la circonscription unique de Kinkala qui abrite aussi le chef-lieu du département du Pool. Car, il veut faire de lui le leader politique de ce département dans lequel Sassou Nguesso a du mal à s’imposer.
Guy Brice Parfait Kolélas prendra la place de sa sœur aînée dans la circonscription de Goma Tsé-tsé. Toujours dans le département du Pool. Signalons que c’est dans cette circonscription que Bernard Kolélas était aussi élu député.
Mais, revenons aux multiples chances qui s’offrent au leader de Yuki pour gagner la prochaine élection présidentielle. Même anticipée.

Les atouts de Guy Brice Parfait Kolélas

Le premier atout : c’est sa candidature à la dernière élection présidentielle du 20 mars 2016. A l’issue de cette échéance électorale, le leader de Yuki devait aller au deuxième tour avec le général Jean Marie Michel Mokoko. Sur le plan national et international, Guy Brice Parfait Kolélas est donc déjà connu. Il lui suffira tout simplement d’avoir un bon projet de société très ambitieux et de faire beaucoup de presse. Pas lui-même. i
Il n’est pas un bon communicateur. Il est aussi instable et incohérent dans son discours politique.

Mais, l’affaire devra être faite par son chargé à la communication qui doit vendre son image au Congo et à l’étranger.

Le deuxième atout : c’est que, jusque-là, Guy Brice Parfait Kolélas est épargné par les poursuites judiciaires pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat qui sont faites contre beaucoup de leaders de l’opposition. Notamment ceux qui s’étaient présentés à élection présidentielle anticipée de mars 2016. Même si la menace par le clan Sassou Nguesso de le citer dans l’affaire Ntumi, au cas où il se dérobait du nouveau pacte signé, planerait encore sur lui comme l’épée de Damoclès. Guy Brice Parfait Kolélas serait donc sous la loupe du clan au pouvoir.

Pourtant, le leader de Yuki peut se servir de l’environnement national et international déjà assaini par l’affaire Jean marie Michel Mokoko et la lettre pastorale des évêques du Congo sur la crise sociopolitique et économique que vit actuellement le pays.

L’environnement national et international après le procès Mokoko

L’environnement national : Contrairement à ce que fait croire la presse gouvernementale et les partisans du pouvoir, le procès de Jean Marie Michel Mokoko n’a pas convaincu les Congolais qui pensent d’ailleurs qu’il n’est pas fini, malgré le verdict prononcé. Pour eux, les juges n’ont pas suffisamment fourni les preuves de son inculpation. Mieux : le chef d’état-major général des Forces armées congolaises, le général de division Guy Blanchard Okoï avait confirmé que le général Jean Marie Michel Mokoko avait remis toutes les armes qui étaient affectées à sa garde. Et, il l’a, par ailleurs, félicité pour cette bonne volonté.

Mais, il y a aussi le silence de l’accusé, lui-même, qui a non seulement choqué les Congolais ; mais les a poussés à être sensibles et à le soutenir dans ces moments très difficiles qu’il a passés avec les juges.
Néanmoins, à cela faudra encore ajouter la crise multidimensionnelle que connaît le Congo, notamment la mauvaise gouvernance et les détournements des fonds publics qui éclaboussent la majorité des dignitaires du pouvoir.

En l’occurrence Christel Denis Sassou Nguesso que les Congolais citent en premier à cause de sa très mauvaise gestion du pétrole congolais et de ses multiples comptes bien garnis dans les paradis fiscaux. Là aussi, Guy Brice Parfait Kolélas est épargné par les critiques.
Même si une certaine opinion fait état de la compagnie de pêche maritime que les Kolélas auraient créée au Sénégal.
L’environnement international : Il peut profiter des dimensions que continue à prendre l’affaire Mokoko dans la presse internationale, et de la conférence internationale que veulent organiser certains membres de la diaspora, notamment le président du Cercle des démocrates et républicains du Congo (Cdrc), Modeste Boukadia.
Mais, Guy Brice Parfait Kolélas devrait aller à cette grande messe avec beaucoup d’humilité.
Sa stratégie devra, entre autres, être celle de rassembler et réconcilier les Congolais. Une chose que Sassou Nguesso n’arrivera plus à faire. D’ailleurs, personne ne pourra plus le croire !
Pour ce faire, il devra mettre entre parenthèse son parti, le Yuki, et se hisser au dessus de tous les autres partis politiques. Afin de travailler avec les cadres de tous les bords politiques qui adhèrent au projet de la conférence internationale ou celui du dialogue national proposé par les évêques du Congo.

Dénicher les démocrates dans tous les partis

Il pourra les trouver dans tous les partis politiques. Même au sein du Parti congolais du travail (Pct), le parti au pouvoir. Il doit y avoir des démocrates qui veulent, eux aussi, le changement ou l’alternance politique.

A fortiori si le plan veut qu’à tout prix que son fils Christel se succède à lui. Et, en l’autorisant à publier son projet de société et à commencer à battre sa campagne présidentielle, alors que Denis Sassou Nguesso n’a pas demandé l’avis ou attendu son intronisation par le parti. Il y a sans doute des déçus dans cette formation politique qu’il faudra récupérer.

Aussi, Kolélas pourra d’avance accepter de faire des conclusions ou des recommandations de cette conférence internationale les principales articulations de son projet de société. Et, engager dans la rédaction de ce document les cadres de divers horizons politiques. Ca lui fera beaucoup grandir !

Mais, il y a surtout cette lettre pastorale des évêques sur la crise sociopolitique et économique que connaît le Congo qui a eu des échos très favorables dans la communauté internationale qui peut lui ouvrir grandement la voie. Les évêques ont besoin de quelqu’un qui va prendre le relais pour apaiser l’ire de Thierry Moungalla.
Guy Brice Parfait Kolélas peut donc aller voir les évêques du Congo et les rassurer de sa totale adhésion et de sa participation effective au projet du dialogue national dont ils font état dans leur lettre, même si pour réussir ce dialogue national qui doit avoir lieu à l’étranger, les évêques ne doivent pas confier son organisation aux politiques.
Et si Guy Brice Parfait Kolélas voudrait être le futur président du Congo, c’est la voie tracée par le général Jean Marie Michel Mokoko que nous lui conseillons d’emprunter, et non le chemin sinueux pris par Denis Sassou Nguesso et qui est non seulement sans issue mais aussi plein d’embuches. Il doit continuer le combat qu’il a amorcé et qui s’annonce victorieux.

Un rêve puéril

Mais, tout cela n’est qu’un rêve puéril. Puisque le leader de Yuki qui croit vivre une partie du destin que l’abbé Fulbert Youlou dans ses fonctions de maire de Brazzaville, premier ministre, puis président de la république du Congo, ne pourra s’en doute pas remettre en cause le pacte qui le lie avec Denis Sassou Nguesso, et la proposition d’être le premier ministre du premier gouvernement de Christel Denis Sassou Nguesso qui lui serait faite. Pourtant, aux yeux de beaucoup d’observateurs, ce poste de premier ministre n’est qu’une apparence du pouvoir. Puisque Kolélas ne pourra pas gouverner librement.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain