Yuki (terme kongo/lari pour cruche)
Une cruche est un récipient, généralement en terre cuite.
Cruche : Personne stupide, idiote.
Kolélas (ça ne s’invente pas) a dénommé son nouveau parti YUKI. Jacques Lacan dit que l’inconscient est structuré comme un langage. Le docteur es Economie, Parfait Kolélas, n’a pas pu faire l’économie d’un lapsus. Son inconscient a parlé. L’inconscient, dit Freud, est fort. Plus tu le refoules, plus fort il remonte à la surface. Souvent sous forme de calembour ou jeu de mot. Un calembour a des effets comiques. Mais le YUKI n’a pas fait rire les Congolais tant l’heure est grave. Les Congolais sont dans une colère noire. Kolélas aurait choisi YEZA comme titre de son nouveau parti, personne n’aurait rien dit, puisque tout ce que dit Kolélas est toujours passé comme une lettre à la poste dans l’inconscient collectif des populations du Pool. Hier c’était NTANGOU. Depuis, le soleil a décliné dans les eaux nauséeuses du PCT. Diable, jusqu’où poussera-t-il cette fantasmagorie onomastique !

Seulement, pour une fois, les Congolais épris de justice et de liberté ont toutes les raisons d’être en colère contre Kolélas. Freud parle de refoulement ou de phénomène de rejet. Nous y sommes. Les déçus du MCDDI ont envoyé Kolélas aux milles diables. On ne compte plus les défections. C’est une hémorragie humaine.

Nom d’un chien ! Les Congolais ont été trompés sur la marchandise. La montagne a accouché d’une souris ; le fils de Moïse a pris l’identité de Judas Iscariote, figure biblique de la fourberie. Anathème !

Et pourtant le rapport que près de cinquante pour cent de Congolais ont établi avec les Kolélas Père & Fils était quasi mystique, carrément religieux. Mais ça, c’était avant les élections et c’était déjà sous le règne du père, surnommé Moïse par ses fans auxquels il avait fait la promesse de les amener sur le site de La Terre Promise, là-bas à Canaan.

« Les Dieux ont tant aimé les Congolais qu’ils leur ont donné leur fils unique Guy Brice Parfait Kolélas afin que quiconque croit en lui ne périsse point. »

Et ça c’était avant le culte du veau d’or, la nguirisation blasphématoire .

Malheureusement les Congolais n’en finissent pas de périr. Tout ça, à cause de la morgue et de la veulerie d’un homme, autoproclamé leader d’une région. Gageons que pour se passer enfin de Sassou, les Congolais vont finalement se passer du fils prodigue, Guy Brice Parfait Kolélas.

Cruche

Pourquoi le printemps congolais se passera sans leader ? Pour la simple raison que Guy Brice Parfait Kolélas, Président de UDH-YUKI, prend ses compatriotes pour des gogos (yuki). Un coup il est fils adoptif de Sassou, un coup il est Brutus. Parfois il a un pied dedans, tantôt il est dehors. Fort de ses 27% (loin devant Sassou, 8%) il reconnaît l’avis du Conseil Constitutionnel qui valide la fraude, tandis que dans le même temps il murmure son insatisfaction. Bref, dirait P. Bourdieu, il a le chic de mettre « l’Est à l’Ouest » dans la tête des électeurs. Oui, il fait perdre le Nord à ses amis. On ne sait plus où mettre la tête. Et dire que son parti est bourré de têtes. Et il les a toutes faites tête de linotte. En fait l’expression « mettre l’Est en Ouest » est maghrébine. Et il est vrai que Kolélas rend ses électeurs « amaboul » (ou maboul , « fou » en arabe). Une folie qui, paradoxalement, tourne à l’obsession chez certains d’entre eux. Obsession compulsive qui se matérialise par un soutien inconditionnel. Pour ceux-là, tout ce que fait Kolélas est...parfait.

Gertrude Bienvenue Malalou-Koumba

Reçue incognito par Kolélas Parfait à son passage (tout aussi incognito à Paris) en mars 2017, c’est Gertrude Malalou qui rapporte le nouveau crédo koléliste (déjà entendu par ailleurs) au micro du lanceur d’alerte Aristide Mobébissi alias « Vérité polélé-polélé ». Dans son huis-clos parisien avec la Combattante Malalou, l’actuel leader de UDH-Yuki s’est répandu en explications sur ses prises de positions post-présidentielles qui ont occasionné prises de têtes et maux de têtes au sein de l’Opposition. Reste qu’en disant ses quatre vérités, Parfait Kolélas s’est davantage enfoncé dans la veulerie et dans le mensonge.

« Mon père jeta le peuple dans la rue, il y eut carnage. Je ne ferai pas la même bêtise » a promis et juré Kolélas/fils sur qui tout le monde jurait afin que Sassou ne puisse pas se succéder à lui-même à partir de 2016, notamment en trichant. Or 92 % d’électeurs congolais ont senti le Coup de Jarnac assené par Otchombé alias Tata 8%.

Pour l’enfant prodigue Kolélas : ras le bol de voir toujours le Pool prendre la tête des révolutions alors que les autres régions (pourtant victimes du clan Nguesso) ne prennent jamais des risques !
Tant qu’à être Leader de la rupture avec le sassouisme (estime l’ex-Tangou) autant le faire dans une coalition. « Oui » pour un combat solidaire. « Non », pour une démarche solitaire.

« Je n’ai pas vu le fameux plan B du général Mokoko, » a ironisé Guy Brice Parfait Kolélas ex-président du MCDDI.

Ainsi aurait parlé Guy Brice Parfait Kolélas, leader politique dont parlaient tous les Congolais avant le référendum et avant les présidentielles, comme étant le seul (en dehors du militaire Mokoko) capable de tenir tête à Sassou. Quelle désillusion !

Guy Brice Parfait Kolélas n’a vraiment pas du tout digéré la promesse de gascon qu’aurait faite le général Jean-Marie Michel Mokoko de mettre ses militaires dans la rue afin de soutenir les militants de Kolélas pour une insurrection populaire des quartiers sud de Brazzaville. « On ne peut jamais compter que sur soi-même » a-t-il conclu.

En revanche, le fils de Bernard Kolélas est resté muet comme une tombe quand Gertrude Bienvenue Malalou a noté que lui seul pouvait voyager à sa guise (en France) et pas les autres. Deux poids, deux mesures ? Quant à la question de sa chance de ne pas se retrouver en prison alors que la plupart de ses camarades de l’Opposition y croupissent, Parfait Guy Brice Kolélas dira qu’il joue actuellement d’une extrême prudence, conscient du destin d’orphelin qui guette le peuple si jamais, lui aussi, se faisait embastiller comme Jean-Marie Michel Mokoko, Paulin Makaya, Jean-Marie Michel Mokoko, André Okombi Salissa !

Législatives

« Va-t-il participer aux législatives ? » Indigné par la question, Guy Brice Parfait Kolélas demande que Dieu le maudisse si jamais il cédait à la sirène de la députation alors que le Pool dont il détient une circonscription ( Kinkala) est jonché de cadavres dus aux bombardements de Sassou. Non ; il n’ira pas au parlement godillot de Sassou alors qu’à chaque élection les dés sont pipés à mort.

UDH-YUKI

« Pourquoi avoir créé un nouveau parti ? » Réponse du leader charismatique : « c’est pour une meilleure implantation nationale car les formations politiques classiques sont trop ethno-régionalistes. »

« Je suis venu en France pour des raisons privées, alors je n’ai pas jugé opportun de rencontrer la diaspora car un incident est vite arrivé face à un public très remonté contre ceux qui comme moi privilégient le dialogue à la solution armée » répond-il en substance à la critique de son invisibilité lors de son séjour à Paris au mois de mars dernier.

Kolélas Président ?

Vérité polélé : l’hypothèse d’un Parfait Kolélas Président de la République est une fiction à laquelle lui-même n’a jamais cru. Tout bien réfléchi, dans son subconscient, Kolélas n’a jamais voulu se battre. Somme toute, il est bien content que ni Okombi Salissa ni JMM Mokoko n’aient démarré au quart de tour après les 60 % du PCT aux présidentielles. Il semble que dans son inconscient résonne encore la menace du goût du sang et des larmes proférée par Sassou contre quiconque oserait s’attaquer à son pouvoir chairement acquis. Lâcheté quand tu nous tiens, on lâche tout !

Et en fait, lui que le chroniqueur Bedel Baouna de Ziana TV accuse de passer son temps à chanter dans ses meetings n’est qu’un Scapin, symbole de la farce chez Molière. La fameuse rengaine « waya kwa ba wéyi, ba honda kwaou » qu’il entonne à chaque rassemblement populaire au marché Total n’est que pure démagogie doublée de cynisme puisque, à en croire ses fans, Parfait Kolélas exècre la vue du sang. Enfin, le contenu de ce refrain connote une abdication, forme suprême de la fourberie ! Kolélas, vil usurpateur politique ? On commence à le croire quand on note qu’il adore se complaire dans les seconds rôles. Les Kolélas seconds couteaux de Sassou ? La question n’est pas fallacieuse.

A quoi sert Guy Brice Parfait Kolélas ?

Nombre de Congolais se posent la question. Ceux qui lui sont restés fidèles, les APAKO, jurent que c’est le seul véritable leader que le Congo ait jamais porté à la tête de l’Opposition et, par conséquent, ceux qui lui tiennent tête au sein de l’Opposition sont des inconscients car ils ne mesurent pas le nombre de vies que PAKO a pu sauver en refusant le bras de fer avec Sassou et en ayant vu clair très tôt dans le jeu des leaders issus des quartiers Nord dont l’incapacité de mettre leurs militant dans la rue était on ne peut plus suspecte. Il eut fallu qu’André Okombi Salissa jette également les siens dans la bataille pour que lui aussi Kolélas se jeta dans la bataille insurrectionnelle. Or au moment décisif, Talangaï, Ouenzé, Poto-Poto, Moungali accusèrent une panne au démarrage.

C’est la question métaphysique : « qui est premier entre l’œuf et la poule ? » ; qui devrait le premier mettre ses militants à la rue : Okombi ou Kolélas ?

Mais qu’est-ce qu’un leader politique sinon celui qui vise le pouvoir ? A quoi sert un leader politique qui, avant de commencer, attend que les autres commencent ?
Pancho Villa parle de ce tyran à qui l’on demanda de résoudre une énigme. Le tyran dit « donnez-moi d’abord le mot de l’énigme et je la résoudrai . » Le petit malin !

Un leader politique c’est celui qui sait trouver la bonne réponse à l’énigme avant tout le monde. Après la triche de Sassou, alors que tous ont les yeux sur Kolélas, Kolélas regarde ailleurs.

Et si, au bout du compte, un leader ça ne compte pas ? Quelque exemple.

En Tunisie, au début du printemps du Maghreb, Ben Ali a vu le commencement de sa descente aux enfers non pas à cause d’un Bernard Kolélas local mais à cause d’un bout de pain pour lequel un sans-dent tunisien s’était immolé. L’incendie social partit de cette étincelle. Ben Ali serait encore au pouvoir (comme aujourd’hui Denis Sassou-Nguesso) si le peuple n’avait pas lui-même pris les choses en main. Il n’y a rien de pire qu’une dynamique révolutionnaire manipulée par un leader politique lui-même manipulé par le tyran.

« Mais je n’ai pas d’armes pour faire face au brutal Denis Sassou-Nguesso » geint Guy Parfait Brice Kolélas. Ses partisans disent qu’il a eu raison de ne pas reproduire l’erreur de son père qui jeta le peuple dans la rue en 1997 et récolta la tempête. Le fils Parfait tient au peuple de Bacongo et du Pool comme à la prunelle de ses yeux. Les partisans s’appuient sur des paraboles. Par exemple, « la jeune fille qui porte un panier d’œufs sur la tête évite les disputes. » Regardez la casse récoltée à Pointe-Noire au cours d’une marche pacifique. En vérité (estime le leader de YUKI) le rapport de force n’est pas en faveur de la population. Vaut mieux, selon YUKI, exploiter la voie du dialogue, signer un pacte germano-soviétique qu’aller stupidement à l’affrontement face à un adversaire surarmé.

Ho Chi Min, Churchill

La formule est connue, il n’existe aucune kalachnikov aussi offensive qu’un peuple habité par la soif de se libérer d’un cruel tyran.

Regardez les Vietnamiens face à la puissante armée américaine en 1967. La soif de liberté alimenta leur volonté de vaincre. Les USA, l’une des armées les plus puissantes du monde mordirent la poussière comme Goliath devant David. Il est vrai que même si c’est le fils de Bakana alias Moïse, Guy Brice Parfait Kolélas n’est pas Ho Chi Min père du Viêt-Nam libre.

Les Anglais avaient à leur tête le Premier Ministre Winston Churchill qui tint tête à Hitler, à l’inverse de Neville Chamberlain qui voulut composer avec le chef du IIIème Reich. Le « pacifiste » Chamberlain signa les accords de Munich croyant avoir mis le Royume Uni à l’abri des foudres de l’auteur de Mein Kampf. Prônant une autre stratégie, Churchill eut ce mot génial à l’attention de ses compatriotes : « Je n’ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ».
Chamberlain voulait être ami avec Hitler pour avoir la paix. Non seulement Hitler ne fut jamais son ami mais le premier Ministre vécu la guerre.
« Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre. » dit Churchill à Chamberlain. La suite lui donna raison.

Idem Staline qui signa son pacte avec les Nazis et fut néanmoins agressé par ces derniers. Le maréchal Philippe Pétain collabora avec les Allemands, et son pays fut occupé et soumis par les Nazis.

Guy Brice Parfait Kolélas avait à choisir entre la désobéissance civile et la paix dans le Pool. Il a choisi l’obéissance et n’a pas obtenu la paix . Il ne voulait casser aucun œuf et le Pool est aujourd’hui à feu et sang. Il croit vivre dans un Congo apaisé parce qu’aucun coup de feu ne tonne à Brazzaville mais les Congolais vivent une guerre économique que leur impose le clan Nguesso avec ses détournements financiers abyssaux. Ne parlons pas des enlèvement extra-judiciaires des civils dont Okemba et Ndenguet sont les auteurs.

Mais malgré cette attitude de Munichois affichée par Parfait Kolélas, la colère est palpable chez les sujets de Sassou. Le lanceur d’alerte, Rigobert Ossébi, le décrit bien ici : « Ils (les Congolais) ne laissent rien apparaître de leur colère ni de leurs souffrances et ils encaissent tous les coups ! »
La colère est comme le cour d’eau. Plus l’eau est calme, plus elle est profonde.

Rigobert Ossébi poursuit dans Congo-Liberty (31 mars 2017) :
« Depuis deux générations, ils ont été privés de tout par un petit gang mafieux. Ils ne sont plus payés, rares sont ceux qui ont des revenus, et malgré tout ils continuent à vivre plus mal que bien. Chapeau aux chers parents ! »

Voici ce qu’il dit des leaders :
« Il est vrai que leurs représentants sont soit emprisonnés soit muets et qu’aucun d’eux ne les poussent à la révolte ! »
Or la patience a des limites :
« Demain ne sera pas meilleur et en cela, peut-être, résiderait l’espoir d’un changement. Un beau matin, il se pourrait qu’ils en aient vraiment assez, des uns et des autres, et alors il en sera fini de toutes ces injustices et mauvais traitements. »

Les conditions de l’insurrections sont remplies

«  En effet tous savent fort bien que leurs misères ne sont pas une fatalité mais la conséquence des vols sans limite et d’une prédation permanente depuis 40 années. Oui, Sassou Nguesso a tout volé ! – Pas toujours tout seul !- Et plus encore, il a incroyablement endetté le pays auprès d’autres Etats, institutions publiques et partenaires privés ; tous pour la plupart complices !  »

Avec ou sans Guy Brice Parfait Kolélas, d’ici peu, les Congolais feront sans Sassou.

Simon Mavoula