Guerres du Pool : les concepts Etat, guerre, dictature, nation et peuple pour comprendre la complicité des institutions internationales et nationales ainsi que celle des Congolais !

Définitions

L’Etat : Il peut être défini comme étant « l’ensemble des pouvoirs d’autorité et de contrainte collective que la nation possède sur les citoyens et les individus en vue de faire prévaloir ce qu’on appelle l’intérêt général, et avec une nuance éthique le bien public ou le bien commun  »

La guerre  : Elle est une lutte armée entre deux ou plusieurs pays ou peuples »
La dictature  : Elle est un régime dans lequel une personne (dictateur), ou un groupe de personnes, disposant d’un pouvoir absolu, s’y maintient de manière autoritaire et l’exerce de façon arbitraire. »

La nation  : « un ensemble d’êtres humains habitant un même territoire, ayant une communauté d’origine, d’histoire, de culture, de tradition. »
Le peuple : « un ensemble d’hommes formant une communauté nationale ou culturelle. »

Denis Sassou Nguesso et les guerres du Pool

Le président autoproclamé du Congo à l’issue du holdup électoral qui avait eu lieu le 20 mars 2016, prépare une énième guerre contre les populations civiles du Pool à qui il voue, sans raison, une haine implacable. Comme toutes les précédentes, cette guerre n’a aucun enjeu. Les populations du Pool ne sont ni des séparatistes ni des indépendantistes pour leur imposer des guerres récurrentes. Sans armes et avec leur foi, elles récitent ce verset du livre de l’Exode « L’Eternel combattra pour vous ; Et, vous, gardez le silence  ». Même si elles savent bien que dans un passé très récent, l’Eternel n’avait pas combattu pour elles. Peut-être était-il allé là où il avait des urgences et on avait plus besoin de lui. Sans armes et avec la seule force de leurs poings, elles attendent que sorte parmi ses hommes un Samson qui, lui aussi, sera doué d’une force fantastique qui lui permettra de lutter contre leurs ennemis. Aussi, se rappellent-elles du combat de David contre Goliath dans lequel le héros des philistins avait été abattu d’un caillou lancé avec une fronde. Tout ceci pour dire qu’elles sont innocentes et n’ont ni armes ni munitions de guerre.

Cependant, elles ne veulent plus compter ni sur la communauté internationale qui s’était déjà volontairement fait aveugle, muette et sourde dans les précédentes guerres qu’elles avaient subies, ni sur les diverses institutions nationales encore moins sur les Congolais dont le silence et l’indifférence sont une aide qui facilite la préparation et l’exécution du crime !

Pour prouver l’aide des institutions internationales et nationales ainsi que celle des Congolais à la préparation et l’exécution du crime dans les guerres du Pool, nous allons travailler sur les concepts : Etat, guerre, dictature, nation et peuple que nous avons définis au début de notre article.

Le Congo, pas un Etat

La définition de ce mot contraste avec les réalités que présente le Congo. La mission principale d’un Etat qui est celle de faire prévaloir l’intérêt général n’est pas accomplie ou connue par ceux qui dirigent ce pays. Pour preuve : le tribalisme érigé en doctrine politique, sociale et économique ainsi que la mauvaise gouvernance qui empêche la majorité des Congolais de profiter des richesses et services qu’offre un Etat, et qui sont à l’ origine de la crise multidimensionnelle que connait le Congo.

Rien qu’à partir de l’échec de cette première mission, les institutions internationales devraient exclure le Congo sur la liste des Etats, et le suspendre de toutes les organisations internationales. Aussi, ne devrait-il plus bénéficier d’une quelconque aide ou d’un crédit jusqu’à ce que le pays redevienne un Etat. Les Congolais devront donc refuser de payer les dettes contractées par le régime dictatorial de Brazzaville. Tout simplement parce qu’à la signature des contrats, leur pays n’était pas un Etat.

Continuer à le compter parmi les membres des institutions sous-régionales, régionales, africaines et mondiales ne devient qu’une complicité. Or, le Congo qui est une dictature et qui n’existe plus comme Etat, est toujours membre des Nations unies, de l’Union africaine et d’autres institutions internationales dont il continue même à bénéficier de l’aide financière. Les cas les plus scandaleux sont ceux de la Banque mondiale et de l’Union européenne.

Les guerres du Pool ne sont pas des guerres

La guerre est une lutte armée entre deux ou plusieurs pays, peuples… Et, une guerre a un enjeu qui peut être politique (autonomie d’un territoire ou guerre sur une frontière), économique (conflit autour de l’exploitation d’un gisement, d’une ressource naturelle…), social, culturel et religieux (impossibilité de vivre ensemble ou protection de sa religion ou de sa culture). Or, le Congo n’est pas dans cette situation. Les fils du Pool n’ont jamais demandé une autonomie, fermé les portes de leur département aux autres peuples ou cherché à protéger leur culture ou leur religion. En plus, ils ne sont pas armés pour faire une guerre. C’est le pouvoir qui arme quelques individus pour donner à son terrorisme d’Etat les dimensions d’une guerre ou d’une lutte armée. Les guerres du Pool ne sont pas des guerres, elles ne sont que des actes terroristes ou de banditisme sénile d’un homme surpris par le crépuscule de sa vie, et qui veut tout détruire pour ne rien laisser aux générations futures. La particularité de la guerre qui est en préparation dans le Pool se situe dans le fait que Sassou Nguesso qui vit dans la psychose d’un coup d’état et qui craint que ses propres armes se retournent contre lui, fait plus confiance aux mercenaires étrangers qu’à ses miliciens recrutés dans la partie septentrionale du pays.

La notion du pouvoir

A notre avis, la notion du pouvoir devrait connaitre une évolution. On ne devrait plus comprendre ce mot rien qu’à partir des responsabilités qui incombent à ceux qui dirigent la cité, ou les notions des pouvoirs législatif, exécutif et législatif. Le pouvoir devrait aussi englober les partis de l’opposition qui, eux aussi, ont des missions ou un pouvoir que leur reconnait la constitution : celui du contrôle des gestionnaires. Le cas de l’opposition du Congo soutient bien notre point de vue. Surtout que le leader de l’opposition est nommé en conseil de ministre et a rang de ministre. Ce qui veut bien dire que l’opposition congolaise fait bel et bien partie du pouvoir. Elle est donc cogestionnaire du pouvoir et de la dictature dont Denis Sassou Nguesso est le maestro.

La notion de la dictature

La définition du mot dictature donnée au début de notre texte ne semble pas rimer avec la dictature du Congo dans la mesure où Denis Sassou Nguesso ne dispose pas d’un pouvoir absolu que lui confère la constitution. La séparation des pouvoirs législatif, exécutif et législatif est claire dans sa constitution. Même si celle-ci est taillée sur sa mesure. Et, il existe, par exemple, des institutions de contrôle de l’action du gouvernement, de la lutte contre la corruption, la défense des droits de l’homme. Cependant, Denis Sassou Nguesso ne profite que de l’inefficacité de toutes ces institutions de la République pour être dictateur et instaurer un régime dictatorial. Mais, la responsabilité de Denis Sassou Nguesso dans l’inefficacité des institutions de la république ne peut pas, toute seule, couvrir celle des personnes qui dirigent ces institutions qui ont le droit naturel de se démettre d’une fonction par rapport à la déontologie de leur profession, leurs convictions religieuses ou morales ou encore leur personnalité, ainsi que celle de tous les Congolais qui sont une nation et un peuple.

La nation et le peuple

Le peuple peut devenir complice de la dictature lorsqu’il ignore son histoire, perd les repères qui font de lui une nation et un peuple, et souffre d’une faiblesse morale dont les symptômes majeurs sont, entre autres, la paresse, la lâcheté, la timidité et le laxisme. Mais, c’est surtout lorsqu’il ne se scandalise plus devant les antivaleurs qu’il devient traitre. Son silence et son indifférence le rendent coupable.

Conclusion

Dans toutes les guerres du Pool, la responsabilité des institutions internationales et nationales ainsi que celle de tous les Congolais est engagée. Peut-être il faudrait mettre au programme scolaire notre livre, Kue Ngo ou le Kongo des origines, dans lequel nous tentons de reconstruire, sous la forme d’un roman, l’écosystème social du Congo, pour faire renaitre le nationalisme, la solidarité et l’amour entre les Congolais.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain