Il aura fallu attendre le dernier conseil des ministres de l’année 2018 pour que le khalife d’Oyo Denis Sassou Nguesso se fasse violence et se débarrasse enfin de l’un des plus décriés directeur de l’administration Jean Alfred Onanga. Et, l’un des plus véreux aussi.

L’une des plus importantes régies financières du Congo-Brazzaville, transformée par la volonté de Denis Sassou Nguesso, a été mise en musique par Jean Alfred Onanga. La douane était devenue un instrument d’influence des Mbochis et un outil d’enrichissement ethno-régional.

Appareil économique de l’Etat, la douane excelle par les malversations financières de ses agents et par une très faible collecte des fonds pour le compte du Trésor Public.

Théorème tribal

Le fils de mama Mouébara, Denis Sassou Nguesso, dirige le petit pays pétrolier d’Afrique Centrale, le Congo-Brazzaville, suivant le théorème : les cadres politiques, administratifs et militaires doivent être originaires de l’axe Oyo-Boundji-Olombo auquel il faut lester les localités de Makoua et Owando. Les services des douanes du Congo-Brazzaville ne font malheureusement pas exception à cette règle non écrite mais qui fait office de loi. Exit la compétence et les qualités de bon gestionnaire alors que le Cardinal Etienne Mosegwo en RDC avant qu’il ne cède sa place à Monseigneur Fridolin Ambongo à l’Archevêché de Kinshasa, avait décrété : «  les médiocres doivent dégager  ».

Au Congo-Brazzaville de Denis Sassou Nguesso, c’est : « ébonga, ébonga té, toujours meilleur  ». C’est ainsi que certains cadres civils et militaires sont maintenus à des postes de direction en dépit de leur qualité de piètres gestionnaires.

L’appartenance à l’ethnie Mbochi est devenue une assurance-vie, un gage de longévité à la tête d’entreprises étatiques et des administrations publiques. Il faut montrer patte blanche pour occuper certains postes dans l’administration publique. En somme, être de la bonne ethnie. Suivez mon regard.

Sous la pression du Fonds monétaire international (FMI), le dernier conseil des ministres de l’année 2018 a pris la décision de nommer Guenolé Mbongo Koumou directeur général de la Douane et des droits indirects, en remplacement de Jean Alfred Onanga, qui était en poste depuis 2005, et Ludovic Itoua, directeur général des Impôts et des domaines, à la place d’Antoine Ngakosso.

Danses folkloriques

Accusé de malversations financières par les enquêteurs de la DGST du général Obara et de Jean Dominique Okemba, Lauric Ngouémbé ancien élève du lycée de la Révolution passé par l’Université de Bordeaux, a été nommé inspecteur général des Finances. Non content d’avoir été relevé de ses fonctions et remplacé par Guenolé Mbongo Koumou, grand manipulateur, Jean Alfred Onanga a flatté les bas instincts mbochi des agents de la douane qu’on retrouve à tous les étages qui ont manifesté en uniforme de service en chantant les gloires de Jean Alfred Onanga, en entonnant les chants mbochi et en esquissant des pas de danse guerrière. «  Onanga élombé  ».

Et, ceci au vu et au su de tout le monde. Le successeur de Jean Alfred Onanga n’a qu’à bien se tenir. En bon mbochi, Jean Alfred Onanga pourrait lui jeter le mauvais sort : le mouandza. Un fétiche mbochi foudroyant. Guenolé Mbongo Koumou, le remplaçant de Jean Alfred Onanga est mbochi.

Chasse gardée

Que se serait-il passé si le nouveau directeur de la douane portait le patronyme de Massamba, originaire de Mbanza Nganga, localité de la région du Pool ? Assurément c’est la guerre civile que les douaniers mbochi auraient déclenchée. La direction de certaines administrations publiques serait-elle réservée aux cadres mbochis ? Les Impôts, les douanes, le Trésor Public, le port autonome de Pointe-Noire la SNPC, la CORAF, la délégation des Grands Travaux seraient-ils la chasse gardée des mbochis ? Les populations du Congo-Brazzaville connaissaient la promotion canapé. Denis Sassou Nguesso a innové en passant un cran au-dessus de la promotion ethnique. Sylvain Villiard à été promu directeur du Centre hospitalier de Brazzaville ; dans le but avoué d’amélioration de la qualité de prestation du CHU de Brazzaville, faute d’avoir trouvé dans le marigot naturel de l’Alima un cadre mbochi capable de redresser ce joyau hospitalo-sanitaire.

Le colonel Ignace Ngakala ayant littéralement échoué, il s’en est tiré sans aucune poursuites judiciaire. Les populations du Congo-Brazzaville comprennent pourquoi Sassou Nguesso traîne les pieds pour démanteler la pieuvre mbochi qui a fait main basse sur les régies financières. Nianga-Mbouala a tort de crainre pour l’avenir des mbochi. Il est totalement illusoire de croire que la révolte de Ngamakosso aura lieu.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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