Formé, comme il le dit si bien, à « l’Université de la Forêt » Sorel Eta est un passionné intarissable et volubile. Il parle avec conviction, dans un foisonnement d’informations toutes plus captivantes les unes que les autres, de sa vie chez les pygmées aka. Il semble tout savoir et vous affirme à l’instar de Socrate qu’il ne sait rien. Il reconnaît volontiers que si, depuis une dizaine d’années, il s’est fait admettre par cette communauté, les pygmées ne l’ont pas encore initié. Optimiste, il ne perd pas espoir.

Traditionnellement nomades les pygmées sont aujourd’hui en vole de sédentarisation. Ils habitent les forêts équatoriales d’Afrique entre l’océan Atlantique et les Grands Lacs, vivant notamment de chasse et de cueillette. Les populations pygmées, sont composées de différents groupes tels que les Mbuti, les Baka, les Aka...

A proximité d’Impfondo, dans l’extrême nord de la République du Congo, se trouve Kombola, le village dans lequel Sorel séjourne le plus souvent. C’est un village mixte dans lequel communauté bantoue et communauté aka tentent de cohabiter. Sorel nous explique que cette cohabitation est difficile, car si une relation d’interdépendance existe entre les deux groupes, un rapport de domination est instauré par les bantous qui considèrent les pygmées comme leur propriété. Pourtant, si les pygmées se savent en infériorité numérique, ils ne se pensent pas être inférieurs aux bantous en connaissance : ils se savent les rois de la forêt dans laquelle ils sont indispensables aux bantous.

Les bantous fournissent aux pygmées drogues et alcool dont ils sont friands. Cet échange, résolument inégal est indubitablement de type colonial. Comme le colon troquait verroteries et cotonnades contre des biens beaucoup plus précieux, les bantous grugent et asservissent les petits hommes de la forêt. Les pygmées déforestent au profit des bantous, ils fournissent une main d’œuvre quasiment gratuite. Ils chassent pour leurs maîtres qui leur refusent l’instruction craignant qu’elle ne les pousse vers l’émancipation.

L’association « Regard aux Pygmées », dirigée par Sorel Eta Okanandok, est dédiée à la protection de la diversité culturelle et particulièrement de la promotion du dialogue entre les cultures bantoues, majoritaires, et pygmées, largement minoritaires en République du Congo.

Contact : Sorel Eta - tél : (242) 559 12 81 - mèl : [email protected]

Afin de promouvoir et faire connaître la culture pygmée Sorel Eta a réalisé avec les huit membres du groupe Ndima, pygmées aka, du village Kombola, l’album « MOAKA NA NDIMA » (L’homme et la forêt).

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Ce disque inédit, nous permet d’explorer la beauté et la complexité des chants polyphoniques et de l’art instrumental pygmée, comme celui du mbéla, un arc musical ayant l’étonnante singularité d’également servir à la chasse. Au-delà du talent des musiciens de Ndima, ces enregistrements témoignent de la volonté de la jeune génération pour sauvegarder et promouvoir le patrimoine musical qui rythme toutes les étapes et les activités de sa vie sociale et spirituelle.

MP3 - 926 ko
Mbéla - Arc à bouche
MP3 - 923 ko
Ba Passi ba Baaka - Chant polyphonique

Le groupe Ndima, lors de sa participation 4éme FESPAM à Brazzaville en 2003, a retenu l’attention de M. Koïchiro Matsuura, Directeur Général de l’UNESCO, grâce auquel ce CD a pu être édité.

Cet album par défaut de distributeur n’est pas disponible en Europe. Cependant Congopage dispose de quelques exemplaires à la vente. Vous pouvez vous les procurer auprès de Mère Evé de Paris contre 20 € (+/- 13 000 FCFA) + port (délai de disponibilité 15 jours). Sur cette somme, 15,26 € (10 000 FCFA) seront reversés aux artistes.
[email protected]

Ba Passi ba Baaka - Chant polyphonique

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Mbéla - Arc à bouche

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