L’ANNULATION DES ÉLECTIONS POLITIQUES AU CONGO, ESSOR DU DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF.

Alors qu’un article du quotidien Libération 23 juillet 2017 déplore le silence assourdissant de la France après les curieux résultats des législatives congolaises, La Convention des Démocrates Indépendants (CDI) de Monsieur Adrien Houabaloukou abonde dans le même sens en exigeant que « Le Congo ... (renoue ) pour le bien de son peuple avec l’ordre républicain. »

Le moins qu’on puisse dire c’est que « Les élections politiques du 16 juillet 2017 ont été marquées par de nombreux incidents violents dans tout le pays, la faible participation, l’annulation du scrutin de la Région du Pool à un jour des échéances politiques, la confiscation du matériel de vote par la population de Kéllé dans la Cuvette Ouest, les scrutins privés dans les villas des proches du pouvoir, la non fiabilité du fichier électoral, le mauvais de découpage des circonscriptions électorales, le manque de formation du personnel électoral, Clément Mouamba candidat unique la députation à Sibiti … »
De quoi susciter l’admiration de Staline s’il était encore en vie. En effet à Kellé le candidat du PCT aurait pu faire un score soviétique comme Pierre Mabiala dans le Niari si la population ne s’était pas insurgée contre les nombreux dénis de démocratie.

Le Congo serait donc une exception politique ? « Dans tous les pays du monde, le vote est toujours à bulletin secret, le dépouillement et la proclamation du scrutin se passent dans le bureau de vote, ceci en public. »

Mais dans ce pays dirigé de main de maître par Sassou « le Ministre de l’intérieur se conduit en mauvais maître d’école qui corrige le vote des électeurs issus des urnes. La durée de son tripatouillage conduit à une longue attente des résultats après les élections. Ce dernier ne tient même pas compte de la transmission des procès-verbaux provenant des bureaux de vote. »
Une attente critiquée par Libération car avec moins de 2 millions d’électeurs rien ne justifiait ce long retard.

Le culot le dispute à l’arrogance. « La Commission Nationale Électorale Indépendante (CNEI) du Congo est sous les ordres du Ministre de l’intérieur de Denis Sassou Nguesso. Elle n’a pas la maîtrise de l’organisation des élections politiques au Congo. (...) Le fait d’être Ministre de l’intérieur, monsieur Raymond Zéphirin Mboulou a décidé en date d’hier une anticipation négative du deuxième tour des élections législatives.  »

Chassez le naturel...« Denis Sassou Nguesso marche une énième fois sur sa propre constitution. »

« Et pourtant, le préambule de sa nouvelle constitution » « affirme son attachement aux vertus du dialogue comme moyen de règlement pacifique des différends dans le cadre d’une République apaisée… ». Balivernes !

Serait-ce folie ? « Nous constatons que le pouvoir de Sassou a perdu la raison.  » s’inquiète la CDI.

La Convention des Démocrates Indépendants (tout comme les Institutions Internationales) a toujours privilégié le dialogue entre l’opposition et le régime. « Il faut rappeler ici que la feuille de route de l’ONU avait recommandé au Congo que le dialogue précède à la tenue des élections consensuelles dans l’idée d’une démocratie progressive. »

Du reste « La mission d’observation électorale de l’Union Africaine (UA) au Congo, publie à Brazzaville le 19 juillet 2017, un rapport qui exhorte les acteurs politiques congolais au dialogue. » conclue la CDI.

Pourquoi Sassou qui invite au dialogue en RCA n’en veut-il pas dans son propre pays ?

Thierry Oko