Nous avons appris de source sûre que des hommes de main du régime congolais auraient été dépêchés de Brazzaville pour Paris. Leur mission : assassiner Roland Lévy Nitou, leader des Indignés du 242. L’affaire est à prendre au sérieux. Lévy Nitou fut déjà agressé par un commando à la faveur d’un séjour parisien de Sassou. C’était le 29 mai 2018, Faubourg Saint-Honoré.

En ce mois de novembre de la même année, rebelote.

« Un groupe de barbouzes venus en précurseurs à paris en association avec des anciens flics à la solde du régime de Brazzaville ont mis une opération sur pied en vue de neutraliser Roland Lévis Nitou (Les indignés) et certains ténors de la diaspora avant l’arrivée ou pendant le séjour de Sassou à Paris. Ingueta. » a-t-on pu lire non sans ressentir une vague d’inquiétude.

Lire également  : http://www.congopage.com/Recit-de-l-agression-de-Roland-Levy-Nitou-du-mouvement-des-Indignes-du-242-par-des-nervis-du-regime?var_mode=calcul

Le donneur d’ordre, Denis Sassou-Nguesso en personne, veut en découdre avec ce chef de l’un des réseaux militants les plus virulents envers son régime ainsi que l’indique la vidéo sur le tour des palaces de luxe effectué par ses membres afin de prévenir le personnel qu’ils allaient faire du boucan quand Sassou y prendra ses quartiers.

Véritable contre-feu du régime, la macabre opération anti-Nitou voudrait montrer que ce pouvoir, hier encore infréquentable, est désormais en odeur de sainteté à l’Elysée avec, en arrière-plan, un sentiment d’impunité que lui confère sa capacité de corruption des grands de ce monde.

Les raisons de la colère

Entre autres raisons de la fureur du Führer congolais, selon cette source : le harcèlement politique dont il est l’objet dans la diaspora. Le monarque de Mpila ne supporte plus l’affront que les Indignés du 242 font à sa personne. Son sang n’avait fait qu’un tour lorsque, dans le cadre de leur traque compulsive des biens mal acquis, les Indignés avaient pointé du doigt sa villa très cossue de Mont Boron à Nice (voir article ). C’est la goutte qui a fait déborder le vase de la rancœur, un vase dans lequel l’opposition a fourré pêle-mêle le génocide lari, la requête à Genève pour crime de guerre, le détournement de biens sociaux, le dialogue exclusif (sans Sassou) etc.

D’avoir jeté à la vindicte publique le bien immobilier niçois, ça n’a pas franchement fait du bien à Sassou et à son amour propre. L’immeuble azuréen, dit-on, dégage une haute charge émotionnelle dans son cœur. Bien que vénale, la maison aurait une valeur affective familiale de haute portée. Avant de décéder au Maroc, la fille aînée de l’homme du 5 juin 1997, Edith Bongo, aurait passé une convalescence dans le bien immeuble du 50 Bd Mont Boron à Nice. Le père ne pensait pas que Les Indignés iraient jusqu’à Nice retourner le couteau dans la plaie d’un deuil qui a du mal à se faire.

L’inébranlable chef de l’Etat congolais a alors considéré le geste dénonciateur des Indignés comme une profanation et surtout comme un blasphème. D’où le contrat, à la manière de Don Corleone, lancé sur le lanceur d’alerte Roland Lévy Nitou.

« Cette fois-ci, je veux qu’on en finisse » a décrété le Président du Congo. Venant de celui qui aime parler du gout du sang, la fatwa contre Nitou a de quoi donner des sueurs froides en dépit du fait que le slogan « la patrie ou la mort nous vaincrons » fait office de crédo chez la plupart des combattants de la diaspora.

Action

Pour finaliser ce contrat reproduisant une vieille tradition de la pègre de Chicago, des miliciens cobras ont été recrutés à Brazzaville par le colonel Guy Péla, membre de la sécurité présidentielle du tyran d’Oyo et ancien catéchumène chez les spiritains à Ouénzé.

Divisés en deux contingents, les tueurs ayant pris place à bord d’un vol d’Ethiopian Airlines se sont déjà placés sur les lieux du crime en attendant le deuxième groupe qui va débarquer ce samedi 10 novembre 2018 à Roissy Charles de Gaulle par Air France. De retour à Paris, Edgar Bokilo, dans une vidéo, confirme naïvement cette présence lorsqu’il fanfaronne au sujet d’un commando invisible dont il serait entouré.

Guy Péla, l’ancien servant de messe à Ste-Marie de Ouénzé devenu redoutable policier, compte positionner ses cobras autour de l’hôtel parisien où logera Denis-Sassou-Nguesso lors de la conférence Internationale sur la Paix organisée en marge de la commémoration du centenaire de la guerre de 14/18 le 11 novembre par Emmanuel Macron. Deux précautions valant mieux qu’une, l’ancien enfant de chœur, le colonel Guy Péla, envisage repousser plus loin la ligne de démarcation entre la niche de Sassou et le groupe de ceux qui n’aiment pas Sassou. Difficile alors aux Congolais d’aller dire à Sassou leur façon de penser. A l’intérieur de cette « ligne Maginot », Guy Pela fera ramper ses cobras pour piquer ceux qui ne rampent pas devant Sassou. Comme la fameuse ligne imaginaire Maginot, on doute, ce 11 novembre, qu’elle repousse les manifestants anti-Sassou.

Moyens matériels

Guy Péla a mis le paquet. Les tueurs seront équipés de véhicules de type Mercedes Vito munies de vitres fumées.

Afin de ne pas se tromper de cible, la photo de Roland Lévy Nitou circule en de bonnes mains. Une fois la mission accomplie, des dispositions ont été prises pour que les tueurs à gage ne soient pas pris par la police. Ni vus, ni connus, ils vont regagner au plus vite Brazzaville.

Selon les recommandations du chef-cobra (Sassou), c’est mieux que le contrat soit exécuté après son séjour parisien.

Pas bête. Ca s’appelle « avoir un alibi en béton armé ». Ceux qui ont bonne mémoire se souviendront qu’à la mort de Ngouabi, les fomenteurs étaient tous loin de la scène du crime. Mais, loin s’en faut, ça n’en a pas moins fait des suspects numéro 1.

C’est con. S’il arrive quelque chose à notre compatriote Roland Lévy Nitou et ses camarades de lutte ( Elie Moussompa, Alain Kimpo, José Gabriel Andzoua, Judicaël Bikouta…) nul besoin de sortir de la cuisse de Jupiter pour en arriver à la conclusion que le coup vient du pétainiste Sassou.

De toute façon, le combat est mystique. L’esprit de Matsoua (André Grenard Matsoua un ancien parisien) veille sur ceux qui continuent la lutte de libération du Congo loin de la terre natale.

Victor Loubaki