Après sa bourde de Washington où Sassou demande à nos frères de la RDC de se rebaptiser « Zaïre » voilà l’occasion de parler de la dictature qui s’est installée au Congo-Brazzaville, dans le pur courant diffusionniste, car tout se passe comme si le mobutisme, par ricochet, voire par anachronisme, s’est répandu au Congo-Brazzaville vingt ans après la mort de son créateur, son penseur historique Wazabanga.

Ceux qui ont connu le culte de la personnalité ritualisé au Zaïre sous Mobutu ont l’impression de revivre l’histoire quand ils voient la manière dont la machine de propagande au Congo, en 2014, déifie le général Président Denis Sassou-Nguesso.

Le Zaïrois Mobutu Sésé Séko aurait été fier de son émule Denis Sassou-Nguesso tant il reproduit avec une rare et diabolique fidélité son système idéologique égocentrique exacerbé par l’inénarrable Sakombi Inongo lui qui trouva la fantastique idée de faire surgir l’image de son idole Koukoubenzo dans un ciel nuageux du Zaïre.

Abacost

L’identification inéluctable au mobutisme est visible dans tous les domaines de la société au Congo-Brazzaville, depuis les costumes jusqu’aux chansons, en passant par l’intimidation, la répression et la corruption.

L’abacost, le symbole vestimentaire du mobutisme, est devenu la tenue officielle et officieuse du régime du général Sassou. Chaque épigone du chemin d’avenir qui se respecte possède au moins une vingtaine de coupes de cette veste à col Mao dans sa garde-robe. Il manque (on ne sait pourquoi) le port chez Sassou de la chéchia en peau de léopard qu’affectionnait feu le tyran d’outre-fleuve. Ca viendra sans doute. Il manque aussi à l’homme de Tchambitcho la canne qu’adorait l’homme de Guadolite. Qu’à cela ne tienne, la ressemblance symbolique avec le vieux fou de la rive gauche y est.

Les louanges

Les chansons de propagande du groupe kaké à l’époque du maréchal Mobutu sont désormais interprétées par les « organisations des masses » du PCT. Ces cantiques en lingala versaient tous dans la louange délirante. Suivez le répertoire des chanteurs officiels du régime (de Roga-Roga au plus obscur chanteur perroquet de Talangaï). Comme sous Mobutu, Sassou est mis à toutes les sauces. Télé-Congo, l’appareil idéologique de Mpila, s’interdit de laisser passer une demi-heure sans chanter le nom de Sassou et louer ses chantiers, nombreux et tous inachevés. Comme jadis La Voix du Zaïre le « Grand tam-tam d’Afrique ».

Le lingala, langue officielle du Zaïre, sert dorénavant d’idiome pour retranscrire les slogan du PCT. Sous Marien Ngouabi l’écriture de la propagande se faisait en langue française. Voilà que sous Sassou les banderoles aussi bien politiques que publicitaires utilisent un lingala châtié, pur, dur, qui n’a rien à envier à la syntaxe en usage à Kinshasa sous Wazabanga.

« Baméka Sassou té, bakéba na bango » menace la banderole que déploie le PCT pour accueillir le tyran ce 9 août à son retour des USA où il reçut une douche écossaise. Le kikongo, l’autre langue officielle, est relégué aux oubliettes depuis belle lurette. Comme dans le Zaïre de Mobutu, l’aversion envers le mounoukoutouba est palpable ici dans le Congo de Sassou. Tout pour le lingala rien que pour le lingala. La puissance du « Nié nié » qui servait à Mobutu pour galvaniser la foule est également de mise dans l’articulation du discours sassouiste.

L’intimidation a emprunté également au lingala dans le syntagme « Mbata ya ba kolo ». Quant à la répression, celle-ci se nourrit des méthodes des Kotakoli et de la DSP du Léopard du Zaïre (de triste mémoire) qui, pour parfaire son système procédait à des enlèvements, des disparitions, des exécutions sommaires, des meurtres secrets et des emprisonnements extra judiciaires.

Congo-Zaïre

Rien ne manque à l’appel dans la panoplie idéologique sous Sassou empruntée à Mobutu Sésé Séko Waza Banga.

Bref, s’il y a un pays qui mérite le nom de Zaïre (de triste mémoire) ce n’est pas celui auquel on pense.

SIMON MAVOULA

Post-Scriptum :

Au moment où j’écris ce papier, Koffi Olomidé, épargné par Mbata ya Mokolo, est en train de chanter à Sibiti, devant Sassou, lui cirant les savates comme c’est pas permis. Le manque de solidarité avec ses compatriotes fracassés par la terreur de Jean-François Ndenget n’est pas le moindre défaut de Koffi le renard.