Le Congo épargné dans une émission sur les Biens Mal Acquis

mardi 22 janvier 2013
  • Rejetons satrapes subsahariens

« Il y au aussi le cas du Congo dont on n’a pas parlé dans l’émission » a semblé regretté la journaliste de FRANCE 3 au moment de faire le point. Pourquoi ? Pourquoi cette mansuétude ?

Que de frustrations après l’émission *« Biens Mal Acquis profitent toujours. Enquête sur un pillage d’Etats  »(FR3) du 16 janvier 2013.

On nous avait promis un réquisitoire implacable sur la pègre qui sévit dans les états pétroliers du Golfe de Guinée : La Guinée Equatoriale, Le Gabon, Le Congo-Brazzaville. Au bout du compte seuls les dossiers guinéens et gabonais furent examinés dans ce magazine prévu de longue date. « Les bras m’en sont tombés » a dit un internaute interloqué par l’impasse que les réalisateurs ont fait sur le Congo de Sassou, l’un des pays à la tête duquel règne un clan prédateur d’une voracité « insatiable », un pays commandé par des « satrapes subsahariens  » (Vincent Hugueux), bref un pays auprès duquel les familles Obiang et Bongo passent pour des boys scouts. C’est ce que dit Okana Ngangwé (www.congo-liberty.com ) Et pourtant Dieu sait combien gabonais et équato-guinéens croquent à belles dents la fortune dérobée à leurs populations.

On est tous restés sur notre faim, imaginant difficilement que les carnassiers à la tête du Congo-Brazzaville aient pu échapper à la pugnace investigation de l’enquêtrice indépendante qui s’est penchée sur le sulfureux dossier de la kleptomanie de nos autocrates d’Afrique Centrale . « Ca fait penser à un chasseur qui rate un éléphant dans un tunnel » note un commentateur.

Gibier de potence

Le Congo est, en la matière, un gros gibier (de potence), un mammouth du détournement de l’argent du peuple par une poignée d’individus. Aucun chasseur d’images ne peut ignorer ce champ de malversations économiques qui passe pour la chasse gardée d’une seule famille : les Nguesso, fils, filles, nièces, oncles, cousins cousines et clients. Il ne se diffuse ou ne s’écrit plus une analyse de vol de fonds par des dictateurs africains sans que la famille Nguesso ne soit citée en exemple symptomatique et emblématique. « A la limite, elle est devenue un cas d’école » souligne un observateur de la société congolaise.

Aussi les téléspectateurs n’ont pas compris qu’un si gros poisson passe au travers des filets de la presse spécialisée sur les opérations illicites des négus africains en Occident.

« Ont-ils payé pour qu’on ne se paie pas leurs têtes ?  » ont soupçonné certains. Ces individus qui ont déboursé des millions d’euros pour échapper à la ténacité des fonds-vautour sont capables de tout. L’hypothèse de la corruption ou de la pression exercée sur Magali Serre et Mikael Lefrancois pour avoir laissé le cas congolais « dans l’ombre  » n’est pas si fallacieuse que ça.

Couteau dans la plaie

Il se murmure qu’évoquer la notion de Biens Mal Acquis (en abrégé BMA) dans une conversation avec Sassou c’est comme retourner un couteau dans une plaie en train de cicatriser. Il paierait une fortune pour que le nom du Congo ne soit plus associé au concept désormais disqualifiant de BMA.

Omar Bernard Bongo a quitté ce monde avec le remords de n’avoir pas lavé son honneur souillé abondamment par le poison BMA. Peine perdue puisque son rejeton, Ali Bongo, au lieu de tirer la leçon, a persévéré dans la dilapidation des richesses pétrolières de son pays, plongeant la population gabonaise dans une misère noire inimaginable pour un pays pétrolier.

Dilapidation compulsive

Même chose pour le rejeton Christel Sassou. Au moment où passait l’émission sur les fastes des enfants des tyrans africains, ce petit indélicat célébrait son anniversaires dans un grand palace parisien, le George V. Coût de la bamboula : des liasses d’euros, comme s’il en pleuvait.

C’est vraiment curieux cette obsession compulsive des despotes congolais. On aurait dit que le proverbe persan « le chien aboie, la caravane passe » a été trouvé pour eux.

Thierry Oko

* Emission de Magali Serre et Mikaël Lefrancois

Pour prolonger le débat, lire : (Biens Mal Acquis] Magali Serre et France 3 : votre "Pièces à conviction" ne convainc personne ! http://congo-liberty.com/?p=5350





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