« Ignotum per ignotius  », « L’obscur par le plus obscur » : c’est la dynamique régressive que sassou met en œuvre au Congo-Brazzaville en ajoutant des couches sombres au tableau apocalyptique peint depuis 32 ans, à l’encre rouge.

Efficacité

Ce n’est pas en bissant la partition musicale, ce n’est pas en reconduisant les mêmes têtes que sassou sortira ses compatriotes des ténèbres où il les plongea depuis un certain 5 juin 1997. « L’obscurité prendra fin  » : c’est ce qu’il leur a pourtant fait miroiter le 15 août dernier sous un climat social morose. Une fois la tricherie parlementaire accomplie (avec des scores ayant atteint les 100 %), il promit, sans rire, un changement de gouvernement avec comme prédicat : l’efficacité.

C’était sans compter avec la seule religion qu’il pratique avec foi : la démagogie.

Mais la notion d’efficacité est relative. Les philosophes préfèrent le concept d’efficace, plus pertinent pour peu qu’on y mette du cœur à l’ouvrage. Ainsi, on peut nuire avec efficace. Les langues d’aspic diront : « efficacité dans le mal absolu » ou « l’amour de la cruauté bien faite. ». Dans ce cas, la psychanalyste parle de « sadisme. » Car composée d’ogres comme Jean-Jacques Bouya, Gilbert Ondongo, Henri Djombo et Pierre Oba la « nouvelle ancienne » ou « ancienne nouvelle » équipe est congénitalement vénale. Elle travaille avec efficace quand il s’agit de détourner l’argent public à des fins personnelles. Le sadisme est une donnée des clients politiques du Chemin d’avenir.

Rappelons que les Banques qui prêtent les sous exigent de passer par le FMI qui impose de l’ordre dans les finances, c’est-à-dire des traitements de cheval. Les Congolais se souviennent avec douleur du plan d’ajustement structurel ( PAS) des années 1980. Nos compatriotes supporteront-ils une nouvelle thérapie de choc de la même envergure ? A plus forte raison quand on voit le train de vie dissolu des ministres de Sassou III, tous détenteurs de biens mal acquis en Europe et collectionneurs de plusieurs épouses, maitresses et « bureaux » ? La réponse est NON.

Le gouvernement démis peu après les législatives, les paris étaient ouverts quant à la nouvelle équipe gouvernementale. Les turfistes disaient qu’elle serait composée de « technocrates. »

Après un faux suspens, ce mardi 22 août 2017 la montagne d’Oyo a accouché non pas d’une souris mais d’un monstre à 35 têtes, vorace et cruel comme l’alligator de l’Alima. « Coucou nous revoilà ! » s’exclamèrent les « anciens » nouveaux membres, kleptomanes à souhait. Avec une dette par tête d’habitant qui a choqué toute la planète, c’est un pied-de-nez que le dictateur vient de faire aux bailleurs de fonds en reconduisant l’équipe perdante.

On ne peut plus sadiques, les Congolais brisés par 32 ans de tyrannie, attendent de voir à quelle sauce sera bouffé monsieur 8% par le très impitoyable FMI. Un front patriotique s’est déjà créé qui somme les bailleurs de ne pas donner un seul kopeck à l’insatiable homme d’Oyo.

Malheureusement, l’histoire a montré que ce chasseur de l’Alima a plus d’une corde à son arc. On devrait surnommer le vacher d’Edou-Penda « Lucky Luke », Luc le chanceux.

Fou à lier

C’est à se demander si le Président autoproclamé du Congo possède toutes ses facultés mentales. La folie est une furie dotée de témérité. Nietzche qui lui-même finit fou serait d’accord que c’est dans la lumière que se commettent les forfaits les plus odieux. sassou ne se cache plus pour tricher. Ses crimes, il les commet au grand jour. Et ça marche. Il a par exemple inversé les résultats des présidentielles (60% au lieu de 8%) au nez et à la barbe de la communauté internationale. Motus et bouche cousue. François Hollande, par exemple, avait préféré regarder ailleurs quand sassou franchit la ligne rouge qui sépare le permis et l’interdit, le totem et le tabou. Aujourd’hui le Néron d’Oyo a remis sur les rails un Premier Ministre qu’il a viré la veille. « Le ciel ne tombera pas » s’est dit le vieux tyran en violant le tabou de l’inceste politique tout en regardant droit dans les yeux son peuple fou de rage. En fait, le tyran de Brazzaville a beau transgresser les règles les plus fondamentales de la morale politique, il semble bénéficier de cette impunité internationale que les démocraties occidentales accordent aux rois fous d’Afrique, notamment ceux dont le sous-sol regorge de pétrole.

On n’a pas besoin de sortir de la cuisse de Jupiter pour imaginer que la déontologie des Institutions financières réputées intraitables (cas du FMI) ne trouvera rien à redire sur les 35 « revenants » auxquels Sassou vient de donner l’onction ministérielle les yeux fermés. Qui a emprunté continuera de se faire prêter. « L’argent appelle l’argent » (Pamélo). Ce ne sont pas des kopecks, ce sont des millions de dollars de la Banque Mondiale, du Club de Paris et du Club de Londres qui renfloueront les caisses asséchées par les Kiki, Coco, kaka, Kuku, Juju etc. On devrait surnommer ces derniers les frères Dalton parce que cupides, stupides, sauvageons.

On n’imaginera jamais assez la nausée d’Alain Akouala, célèbre recalé. Quant aux repêchés (les veinards ! ) , tous ces kleptomanes à cause desquels les Congolais portent sur leurs épaules (comme Héraclès la terre) la colossale dette de 120 %, ils peuvent probablement remercier le Grand Architecte d’appartenir à quelque loge maçonnique mélangée au rite ndzobi.

Mwambé mwambé mwanbé

Enfin, pour paraphraser Johnny Bokélo, vous avez connu Mouamba numéro 1, voici Mouamba numéro 2. Soyez cléments. Le chef de Conga succès (célèbre orchestre des années 70) composa au moins 7 Mwambé. Suivez notre regard... Qui a dit : « jamais trois sans quatre ? * ».

Etant donné la détermination des Congolais, gageons que c’est la dernière recette à la sauce graine (huile de palme) que sassou aura concoctée avant de prendre le chemin de la CPI.

Le gouvernement

1- Vice-Premier ministre, chargé de la fonction publique, de la réforme de l’État, du travail et de la sécurité sociale : Firmin Ayessa.
2- Ministre d’État, ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche : Henri Ndjombo
3- Ministre d’État, ministre de l’économie, des finances et du portefeuille public : Gilbert Ondongo.
4- Ministre d’État, ministre du commerce, des approvisionnements et de la consommation : Claude Alphonse Silou.
5- Ministre de l’intérieur et de la décentralisation : Raymond Zéphyrin Mboulou.
6- Ministre des mines et de la géologie : Pierre Oba.
7- Ministre de l’aménagement, de l’équipement du territoire et des grands travaux : Jean-Jacques Bouya.
8- Ministre des hydrocarbures : Jean-Marc Thystère Tchicaya.
9- Ministre des affaires étrangères, de la coopération et des congolais de l’étranger : Jean-Claude Gakosso.
10- Ministre de la défense nationale : Charles Richard Mondjo.
11- Ministre des finances et du budget : Calixte Nganongo.
12- Ministre de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement : Thierry Moungala.
13- Ministre de l’enseignement supérieur : Bruno Jean-Richard Itoua.
14- Ministre de l’équipement et de l’entretien routier : Émile Ouosso.
15- Ministre de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation : Anatole Collinet Makosso.
16- Ministre de la justice et des droits humains et de la promotion des peuples autochtones Ange Aimé Bininga.
17- Ministre des petites et moyennes entreprises, de l’artisanat et du secteur informel : Yvonne Adélaïde Mougany.
18- Ministre de l’énergie et de l’hydraulique : Serge Blaise Zoniaba.
19- Ministre des affaires foncières et du domaine public, chargé des relations avec le parlement : Pierre Mabiala.
20- Ministre des zones économiques spéciales : Gilbert Moukoki.
21- Ministre de l’enseignement technique et professionnel, de la formation qualifiante et de l’emploi : Nicéphore Antoine Thomas Fylla Saint-Eudes.
22- Ministre de la construction, de l’urbanisme et de l’habitat : Josué Rodrigue Ngouonimba.
23- Ministre de l’économie forestière : Rosalie Matondo.
24- Ministre des transports, de l’aviation et de la marine marchande : Fidèle Dimou.
25- Ministre de la santé et de la population : Jacqueline Lydia Mikolo.
26- Ministre de la recherche scientifique et de l’innovation technologique : Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou.
27- Ministre du plan, de la statistique et de l’intégration régionale : Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas.
28- Ministre des postes et télécommunications et de l’économie numérique : Léon Juste Ibombo.
29- Ministre du tourisme et de l’environnement : Arlette Soudan Nonault.
30- Ministre des sports et de l’éducation physique : Hugues Ngouélondélé.
31- Ministre des affaires sociales et de l’action humanitaire : Antoinette Dinga Dzondo.
32- Ministre de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement : Inès Nefer Bertille Ingani.
33- Ministre de la jeunesse et de l’éducation civique : Destinée Hermella Doukaga.
34- Ministre de la culture et des arts : Dieudonné Moyongo.
35- Ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur et de la décentralisation, chargé de la décentralisation : Charles Nganfouomo.

Mwana Ngo

* Peugeot