La qualité douteuse des ouvrages congolais : gravissime accident sur le pont de Mouyondzi

samedi 28 avril 2012
  • Pont sur le Niari à gauche, sur le kouilou à droite

Les ponts congolais n’ont pas de chance. Tout comme les casernes. Alors que Mpila vient d’être transformé en mini Hiroshima, créant une parenthèse de sang dans de nombreuses familles, c’est au tour du Grand Niari d’être endeuillé suite à l’effondrement, ce mercredi 25 avril 2012, du pont reliant Mouyondzi et Bouansa. Loi de séries ? Main noire ? Au très perspicace ministre Emmanuel Yoka de fournir des éléments de réponse.

Poids lourd roulant à tombeau ouvert

Le pont sur le Niari, un ouvrage qui date des années 60, n’a pas supporté la collision qui a eu lieu à son entrée. Le choc, terrible, a concerné un poids lourd et un taxi. L’impact de la collision a été tel que les deux véhicules ont percuté un troisième déjà engagé sur le pont. A croire qu’il n’existe aucune règlementation de vitesse dans la région et, surtout, aucun panneau de signalisation à l’entrée du pont. Bilan : des blessés, de dizaines de morts et de nombreux disparus. Selon les témoins qui auraient requis l’anonymat (on ne sait pourquoi ! Ah cette peur congénitale..) le poids lourd auteur de la collision roulait à tombeau ouvert. C’est ici l’occasion de souffler l’idée au gouvernement d’instaurer des permis à points, surtout d’introduire plus de rigueur dans l’obtention du permis de conduire. Trop d’abus et trop d’impunité règnent sur le territoire de la République en matière de circulation routière.

Pont sur le Kouilou

C’est également le moment d’attirer l’attention sur la défectuosité du pont sur le Kouilou aujourd’hui interdit à la circulation des véhicules à lourd tonnage. Il est en sursis. En fait, présenté comme le plus long viaduc du Congo, le pont sur l’embouchure du Kouilou a vécu avant d’avoir servi. D’inquiétantes fissures se sont, d’entrée de jeu, dessinées sur les piliers du fameux pont, des signes symptomatiques du niveau de qualification douteux des architectes ayant conçu l’édifice.

En plein 21 ème siècle, il est stupéfiant de constater que l’ingénierie des ponts et chaussées, qui date pourtant des romains, en soit encore à construire des points de passage aussi médiocres que celui jeté sur le kouilou. La construction de l’arche en béton qui enjambe le kouilou fait partie du plan quinquennal. C’est la preuve que ces plans, comme les municipalisations accélérées, participent d’une prévarication, d’un système mafieux où ne compte que le meilleur moyen de se remplir les poches, pas celui de réaliser de meilleures infrastructures.

Qu’attend le gouvernement pour démolir le dangereux long pont du Kouilou avant que son effondrement ne démolisse des vies humaines comme les obus de Mpila ?

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