Mouvement Humaniste International
Le Parti du Peuple (PA.PE)
« Notre arme de combat, c’est la parole, la persuasion : persuader, c’est agir. »


Jean Joseph William OTTA

Lettre ouverte A Sa Sainteté, le PAPE François,
pour la libération du Congo-Brazzaville

(Saint – Siège : Vatican).
Paris, le 07 avril 2017

Saint-Père,

La Bible déclare : « Au commencement était le verbe, le verbe était auprès de Dieu, et le verbe était Dieu ».

Elle nous enseigne dans le livre de Matthieu 5 : 13-15, que nous sommes « le sel de la terre » et « la lumière du monde ».

Dans ce même registre, le livre de Jérémie quant à lui, interpelle la dynamique de la conscience humaine, en général, les intellectuels et les hommes d’Eglise, en particulier, d’avoir confié, par erreur, le sort et l’avenir de leurs peuples à des dirigeants indignes et cruels.

En outre, nous convenons tous que « si la montagne ne vient pas à toi, c’est toi qui va à la montagne ».

Nous convoquerons à notre réflexion AMADOU Hampaté Bâ, qui nous révèle dans La parabole du caméléon : « Si tu existes, sache que l’autre existe également ».

Saint-Père,

Depuis l’accession de notre cher et beau pays, la République du Congo, à l’indépendance, en 1960, tout en faisant allusion au passé très présent (esclavagisme, colonialisme, néo-colonialisme, monopartisme et dictature) et en dépit des ressources, tant humaines que naturelles dont il regorge, d’aucuns, sans être spécialistes, reconnaissent à quel point nous sommes toujours à la case départ.

Aussi, nous sommes en droit de reconnaître que la démocratie tant souhaitée par l’Occident aux peuples du monde, en général, et africains, en particulier, comme valeur fondamentale et mode organisationnel des peuples civilisés, par essence, n’est tout simplement qu’une manière de : « réfléchir à la nouvelle citoyenneté ».

Qu’à cela ne tienne, eu égard au fait que l’Eglise Catholique est installée sur les cinq (5) continents, elle est donc confrontée aux réalités spécifiques de chaque région du monde. Ces réalités suscitent une approche rationnelle de la gestion des sensibilités locales.

A cet effet, les multiples difficultés que les chrétiens catholiques de notre pays ne cessent de rencontrer, suscitent un sursaut collectif des hommes et femmes éclairés pour prendre leur destin en mains.

Saint-Père,

La crise, institutionnelle et morale que traverse notre pays, le Congo-Brazzaville, nous oblige de solliciter, très respectueusement, Votre Sainteté, dans la résolution des différends qui opposent le peuple congolais au pouvoir sanguinaire de Brazzaville, qui se veut omniscient et omnipotent, et agit sans la crainte de Dieu.

Depuis 1963, en passant par mars 1977 jusqu’à nos jours, le sang de nos braves concitoyens ne fait que couler innocemment, œuvre cynique du même et éternel assassin protégé par les institutions soumises à ses ordres, notamment la justice, l’armée, la police et ses supplétifs. Entre autres méfaits perpétrés par le dictateur de Brazzaville, nous pouvons citer, à titre purement indicatif :

-  les assassinats crapuleux des Présidents Marien NGOUABI et Alphonse MASSAMBA-DEBAT, du Cardinal Emile BIAYENDA, de Monseigneur Benoît GATSONGO…, ceux perpétrés les 17 et 20 octobre 2015, et ceux occasionnés lors du prétendu référendum anticonstitutionnel de la même année et du hold-up électoral du 4 avril 2016 ;
-  l’emprisonnement arbitraire des opposants, des journalistes et avocats.

Le pouvoir illégal et illégitime de Brazzaville, établi par la tricherie et maintenu par le canon ainsi que la corruption, a comme marque déposée :
-  l’instauration du terrorisme d’Etat (la militarisation des quartiers, contrées et villages, les tirs à balles réelles et l’usage des hélicoptères de guerre contre les populations aux mains nues, la destruction massive des vies humaines, les rafts et arrestations arbitraires, les enlèvements et disparitions forcées des citoyens, … ;
-  l’embastillement des dirigeants de l’Opposition ;
-  l’attaque contre la démocratie ;
-  le viol récurrent et perpétuel des filles et femmes du département du Pool ;
-  l’intimidation et le musellement du peuple ;
-  la dégradation, sans précédent, du tissu économique et socioculturel, conséquence des mauvais choix économiques (exemple, la construction d’un aéroport international coûteux à OLLOMBO et autres) ;
-  le gaspillage de l’argent public à des fins claniques et inavouées, ainsi que le mensonge, qui deviennent un mode de gestion ;
-  le contrôle et les coupures des moyens de communication ;
-  la médiocrité, le clientélisme et la crapulerie transformés en idéologie,
-  le pillage et le gaspillage des ressources naturelles du pays ;
-  la manipulation et la fragilisation des populations ;
-  la spoliation du patrimoine de l’Etat (dépôt CFCO, les acquis des P.T.T et autres domaines de l’Etat).

Saint-Père,

Le peuple congolais est écrasé et laminé. Il survit.
Le pouvoir du Collectif sur son destin n’existe plus.
Les douleurs du peuple sont trop profondes et atroces.
La résignation devient globale et irrésistible.
Le pays est au bord du gouffre (les retraités, déjà épuisés par l’effet de l’âge, ne perçoivent plus régulièrement leurs pensions, les avancements et promotions des agents de l’Etat sont hypothéqués ; bref, le chômage devient endémique et la misère grandissante).
La jeunesse, désabusée, n’a plus de repères.
T raits caractéristiques de la non-assistance à personne en danger.
L’heure est grave ! Le peuple congolais, peuple de Dieu, a besoin d’être libéré de l’implacable tyrannie et de la médiocrité de son président de fait.
Il y a trop de sang versé dans notre pays.
Notre société n’a plus de projet.
Le futur, devient un abîme.
Notre combat, notre légitime combat, nous oblige de sortir de toutes réserves.

Quand le crime et la destruction des âmes de Dieu deviennent le seul mode de gouvernance, la libération du pays tyrannisé passe nécessairement par la conjugaison de toutes les intelligences positives et l’apport de toutes les personnes éprises de paix.

Saint-Père,

Face à la situation décrite ci-dessus, les Congolais remettent leur sort entre les mains salvatrices de Dieu et de son fils Jésus Christ dont vous êtes le vicaire sur cette terre des hommes.

Nous vous prions, Saint-Père, de bien vouloir agréer, l’expression de nos sentiments déférents et dévoués.

Jean Joseph William OTTA,
Membre du Mouvement Humaniste International,
Président du Parti du Peule, PAPE.
Membre d’honneur des Assises Nationales du Congo
[email protected]