La règle est non écrite ; cependant elle a évidemment force de loi au Congo-Brazzaville. Le khalife d’Oyo, Denis Sassou Nguesso, dirige le petit pays pétrolier d’Afrique Centrale suivant le théorème : les cadres politiques, administratifs et militaires doivent être originaires de l’axe Oyo-Boundji-Olombo auquel il faut adjoindre les localités de Makoua et Owando.

Exit la compétence et les qualités de bon gestionnaire alors que le Cardinal Monsegwo en RDC décrète : « les médiocres doivent dégager ».

La région de la Cuvette avait un retard à combler. Le moment était arrivé de prendre la revanche. Ainsi, la région de la Cuvette, non seulement est devenue la caverne D’Ali Baba, elle compte désormais au kilomètre carré le plus grand nombre de généraux, de directeurs d’administration centrale, de directeurs d’entreprises publique, de professeurs agrégés en médecine, de professeurs d’université, de cadres militaires en formation, de médecins en formation, de stagiaires à l’étranger. N’en jetez plus. Michel Innocent Peya passe pour le plus grand écrivain du Congo-Brazzaville. Il n’y en a que pour la région de la Cuvette avec une prime pour l’axe Oyo-Boundji-Ollombo (OBO).

La métaphore du chasseur

Depuis 1979, date de l’accession à la magistrature suprême de Denis Sassou Nguesso, après l’assassinat en mars 1977 du commandant Marien Ngouabi, d’Alphonse Massamba Débat et du Cardinal Emile Biayenda, le pouvoir est considéré comme un gibier pris dans le filet. Or le filet du chasseur peut rompre. Il est donc hors de question de le laisser filer et de le partager avec les autres populations du Congo-Brazzaville qui passent pour les mécréants qui ne professent pas la religion mbochi et devraient se contenter des miettes. Il faut être de la bonne ethnie, entendez mbochi, pour avoir droit au festin. Tout comme il y a le bon cholestérol et le mauvais cholestérol, dans l’impensé de l’homme D’Edou-Penda, il existe au Congo-Brazzaville, de bonnes ethnies et de mauvaises ethnies.

La SNPC, une exception culturelle Mbochi

C’est naturellement dans le vivier de la Cuvette que Maixent Raoul Ominga a été puisé pour remplacer Jérôme Koko lui-même originaire de l’axe Oyo-Boundji-Ollombo, à la direction générale de la SNPC, la société pétrolière du Congo-Brazzaville qui brille par des malversations financières à l’origine de l’endettement qui avoisine 110 % du PIB.

Créée en 1998 après la dissolution de la société Hydro Congo, la SNPC a été successivement dirigée par Jean Bruno Richard Itoua, Denis Gokana, Jérôme Koko avec Christel Sassou comme directeur de l’aval pétrolier et aujourd’hui Maixent Raoul Ominga. N’y aurait-il pas des cadres compétents dans d’autres régions du Congo-Brazzaville capables de diriger cette entreprise pétrolière ?

L’idiome mbochi

Les conseils d’administration de la SNPC peuvent se tenir en mbochi. En effet, tous les membres du directoire pratiquent la langue du village. Maixent Raoul Ominga ne s’était-il pas adressé à ses collaborateurs de la SNPC en mbochi au cours d’un Conseil du budget sur le financement d’un puit pétrolier en présence d’interlocuteurs ahuris de Total et ENI ?

Le tout fraîchement nommé DG de la SNPC est né à Oyo et député d’Oyo comme par hasard. Maixent Raoul Ominga avait transformé le salon de sa luxueuse villa d’Oyo en bureau de vote sans que la CENI d’Henri Bouka n’invalide la candidature de l’élu.

Qui est cet éminent cadre d’Oyo ?

Expert comptable agréé CEMAC (à la différence d’expert comptable diplômé), Maixent Raoul Ominga qui est passé par Montpellier, ci-devant membre de la direction financière de la SNPC, au même titre que Calixte Ganongo, actuel ministre des finances et Christel Sassou, directeur de l’aval pétrolier, devrait répondre de la gestion catastrophique de la SNPC dont le FMI exige l’audit par des cabinets d’expertise comptable internationaux. La SNPC est l’antichambre de la kleptomanie et de la corruption. Maixent Raoul Ominga n’avait-il pas participé aux négociations des prêts de la SNPC auprès des traders Guvor, Glencor et Trafigura ?

Le consortium Trafigura est l’un des plus grands négociants indépendants de pétrole et produits pétroliers du monde. Les traders pétroliers, pour le remboursement de leurs créances, se servent à la source, ce qui réduit considérablement les marges de manœuvre financières du Congo-Brazzaville.
Enfin, si Sassou est affublé du surnom « Tata 8% », Opimba est « Monsieur 9-0 » pour avoir fait boire la tasse en Algérie aux jeunes footballeurs de la ville d’Oyo.

Les populations du Congo-Brazzaville connaissaient la promotion canapé, Denis Sassou Nguesso a innové en créant la promotion mbochi. Maixent Raoul Ominga en est l’heureux bénéficiaire à la toute puissance SNPC, un Etat dans un Etat selon le FMI.

Benjamin BILOMBOT BITADYS