Michel OKOMBI nous a quittés. Celui que l’on appelait non sans allusion à ses origines «  l’enseignant Kouyou  », a tiré sa révérence le 18 décembre 2018 à l’hôpital Emile ROUX dans le département du Val de Marne où il résidait à Créteil.

Au moment de lui rendre hommage, je ne peux manquer d’évoquer son courage devant la maladie qui chaque jour un peu plus émaillait son quotidien d’affreuses douleurs.

« Pas de pleurs, et encore moins de plaintes, chanter et louer l Seigneur pour moi  » me disait-il. Et, d’un ton attendri, à réplique basse, je lui répondais : Chanter, hum ! C’est à croire qu’il faut pleurer les hommes à leur naissance, et les applaudir en remerciant Dieu quand ils quittent ce qu’on appelle : « la scène  ». C’est ce que je lui disais avec une pointe d’ironie. Enfin qu’il en soit selon sa volonté.
Eh, oui ! Pas de pleurs…

Etait-ce pour ne guère noyer l’écho des cantiques que fredonnaient ses lèvres de croyant ? Elles qui jadis louèrent l’Eternel avec tant d’émoi à l’aube de l’évangélisation du vallon de Mbémbé.

C’est aussi dans ce charmant petit vallon de la floraison de son art que la fraternité au cœur, Michel OKOMBI dit le Grand Mophil fidélisait avec une admirable générosité la jeunesse Kouyou à la culture du dépassement de soi, au travail bien fait et au sens du civisme au travers de ses inoubliables comptines et chansons.
Doté d’une remarquable curiosité intellectuelle, Michel OKOMBI s’intéressait à la culture et aux arts.

Amoureux de la langue de Molière, c’est avec un ragout délicieux du français que ce professeur de lettre dispensa, tour à tour, son enseignement au collège de Mindouli, de Pyerre Pierre et au collège de Zanaga dont il fut le Directeur.

Fort de ses acquis, ce féru de de pédagogie, exerça les fonctions d’Inspecteur d’enseignement à Pointe Noire, de Directeur régional de l’enseignement dans la cuvette congolaise, et par la suite il dirigea l’E.N.A.M (Ecole Nationale Administration et de la Magistrature).

Enseignant chevronné éclairé et courageux Michel OKOMBI impulsa pour ses confrères une pédagogie de l’excellence, qu’il soutint au travers de son ouvrage : « A la recherche des bons résultats dans une classe  ». (1983).

Enfant de la méritocratie ses inlassables efforts au travail lui valurent la distinction chevalier de l’ordre du mérite congolais.

Infiniment social, il était : « lékassi ahangui swé  ». Pseudonyme qu’il porta fièrement tout au long de sa vie pour signifier sa désapprobation à la malveillance humaine.
Fauché par la dame en noir et emporté par l’inévitable, le vieux Léckas s’en est allé. Qu’il en soit selon ta volonté.
Thserrou O’kombi

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