La Crise économique qui frappe notre pays est d’une ampleur inédite, liée à la chute des cours du pétrole. C’est l’un des facteurs qui devrait faire de nous des philosophes, en proposant quelques idées à notre chef de l’Etat, car l’avenir de notre pays dépend en grande partie de la plénitude des ajustements qui seront mis en œuvre. C’est l’ensemble du tissu économique et social qui est en question. Comment en sortir ?

Les enjeux industriels, financiers et politiques sont étroitement liés et doivent être placés sous le contrôle de la démocratie et des citoyens pour éviter toute dérive préjudiciable à la collectivité.

Car les acteurs d’un pays ne se comportent jamais que comme les rapports sociaux où ils sont pris. Et les environnements institutionnels où ils sont plongés les y déterminent. Il ne faut pas attendre les comportements de la vertu intrinsèque des individus mais d’institutions convenablement agencées qui déterminent leurs comportements.

Train de vie

C’est pourquoi le gouvernement doit réduire son train de vie en bloquant les dépenses de biens et services et en réduisant drastiquement les frais de missions, les achats de véhicules, de carburant, et faire des efforts de modération et de rationalisation dans la fonction publique.
Ainsi cela, permettra de dégager des ressources qui trouveront un meilleur emploi dans nos grands projets et dans l’amélioration des conditions de vie de nos populations. Peut-on faire autrement et plus efficace ?

Modèles à suivre

Deux pays peuvent être pris en exemple en la matière : la Suède et le Canada qui ont réussi en 5 ans à réduire le coût de fonctionnement de l’Etat de près de 40%.

Il sied de constater que la qualité de la dépense publique n’a cessé de se détériorer, avec notamment une accumulation de dépenses dont la nécessité n’est pas évidente « l’accroissement excessif des missions à l’étranger, les opérateurs économiques véreux, la multiplication des projets inappropriés, viennent amplifier cette situation. »

Meilleure redistribution

Enfin la justice sociale commence par la réduction des inégalités déraisonnable qui n’ont aucune justification dès lors qu’elles ne sont pas le produit du travail et du talent mais au contraire de la rente ou de l’héritage. Le salaire moyen au Congo-Brazzaville est de 100.000 FCFA par mois alors que le salaire d’un Ministre s’élève à plus de 10.000.000 FCFA par mois !

Il faut donc revoir les règles du jeu c’est-à-dire les structures de production et de répartition des revenus afin que celles-ci soient acceptées et appréciées comme équitables et légitimes.

La « vertu  » n’appartient pas aux individus, elle est l’effet social d’un certain agencement des structures et des institutions telles qu’elles configurent les intérêts affectifs du plus grand nombre.

Roger Ndokolo
Président du parti du centre UNIRR
(Union pour la Refondation Républicaine)