« La dictature est un régime dans lequel une personne (dictateur), ou un groupe de personnes, disposant d’un pouvoir absolu, s’y maintient de manière autoritaire et l’exerce de façon arbitraire.  »

Dans le cas du Congo, la dictature est aussi soutenue par les Forces armées congolaises qui, soulignons-le, ont été démilitarisées, rendues inopérantes et remplacées par la milice privée de Denis Sassou Nguesso.

Une milice qui n’est composée que de mercenaires étrangers et de jeunes qui ont été recrutés rien que dans la partie septentrionale du pays.
Sa caserne est située à Tshombitsho, près d’Oyo, dans la contrée natale du général à la retraite, Benoit Moundele-Ngolo.

Dans la guerre en préparation dans le Pool, et comme dans toutes celles qui ont déjà eu lieu dans le pays, depuis 1997, date du retour au pouvoir de Denis Sassou Nguesso, la responsabilité des Forces armées congolaises est engagée. Ses officiers généraux et subalternes n’ont pas seulement respecté les règles du métier d’arme, mais ont aussi déstabilisé les institutions de la république mises en place après des élections libres et transparentes.
Pourtant, les militaires ont parfois le devoir de désobéir.

Ce principe qui fait intégralement partie de ceux du métier d’arme, vient d’être réaffirmé par le Secrétaire américain à la défense, Mark Esper qui s’est, en effet, opposé à l’idée de déployer l’armée sur le territoire américain. Alors que le pays connait une crise sociale, provoquée par le meurtre de George Floyd.

Nous saluons le courage, le patriotisme et la décision du Secrétaire (ministre) à la défense, Mark Epser.

Nous reprenons, par ailleurs, quelques morceaux choisis dans la presse internationale que nous voulons servir aux officiers généraux et subalternes des Forces armées congolaises. Nous les invitons à les accompagner avec une tasse de café pour bien les digérer.

Premier morceau

« Lundi 1er juin, alors que la colère grondait dans de nombreuses villes du pays, une semaine après la mort de George Floyd, Donald Trump avait adopté un ton martial. « Si une ville ou un État (fédéré, NDLR) refuse de prendre les décisions nécessaires pour défendre la vie et les biens de ses résidents, je déploierai l’armée américaine pour régler rapidement le problème à leur place  », avait-il lancé depuis les jardins de la Maison-Blanche.

Selon la Constitution des États-Unis, les États fédérés sont chargés de l’ordre public. Mais, une loi datant de 1807 – Insurrection Act – permet au président de déployer l’armée sur le sol américain en cas de troubles. « Elle a été invoquée des douzaines de fois dans l’histoire, relève une note diffusée en début d’année par le Service de recherche du Congrès, mais son usage depuis la fin des années 1960 est devenu extrêmement rare. »

Dwight Eisenhower et ses successeurs démocrates, John Kennedy et Lyndon Johnson, y avaient eu recours pour contraindre le Sud à mettre en œuvre la déségrégation, ou pour rétablir l’ordre. Elle n’a depuis été invoquée qu’à deux reprises : en 1989, après le passage de l’ouragan Hugo, et en 1992, lors des émeutes à Los Angeles après l’acquittement des policiers ayant passé à tabac Rodney King. »

Réaction du Secrétaire à la défense

« Le Secrétaire à la défense, Mark Epser, a tardé à réagir. Il a été très critiqué pour avoir accompagné Donald Trump lors d’une séance photo devant l’église Saint-John et pour avoir évoqué un «  champ de bataille ». En parlant des rues américaines occupées par les manifestants.

Ce n’est que mercredi 3 juin qu’il a exprimé son désaccord. « Je ne suis pas favorable à invoquer l’Insurrection Act  », a-t-il déclaré. « L’option d’utiliser les soldats d’active ne devrait être employée qu’en dernier ressort, et dans les situations les plus urgentes et les plus dramatiques. Nous ne sommes pas dans ce genre de situation aujourd’hui. »

Comment les propos de Donald Trump ont-ils été reçus ?

L’hypothèse d’un recours aux militaires, alors que la situation n’est pas comparable, par exemple, aux émeutes de 1992 qui avaient fait plus de 60 morts, a suscité de vives critiques de la part de personnalités influentes issues des forces armées, à l’image de Mike Mullen, chef d’État-major interarmées sous George W. Bush et -Barack Obama.

C’est toutefois le réquisitoire de Jim Mattis, premier Secrétaire à la défense de Donald Trump, jusqu’à sa démission, fin 2018, qui a le plus frappé les esprits.

Dans un texte publié par le magazine The Atlantic, qui le compare au J’accuse d’Émile Zola, cet ancien général des marines accuse le chef de l’État de diviser le pays. « Nous ne devons pas nous laisser distraire par une poignée de hors-la-loi. Les manifestations, ce sont des dizaines de milliers de personnes de principe qui insistent pour que nous soyons à la hauteur de nos valeurs  », estime-t-il.

La Constitution des États-Unis est en danger, explique-t-il. « Quand j’ai rejoint l’armée, il y a environ cinquante ans, j’ai prêté serment de soutenir et défendre la Constitution, écrit-il. Jamais je n’ai imaginé que des soldats qui prêtent le même serment puissent recevoir l’ordre de violer les droits constitutionnels de leurs concitoyens – et encore moins pour permettre au commandant en chef élu d’aller poser pour une photo, de manière saugrenue, avec les chefs militaires à ses côtés. »

Deuxième morceau

Le chef de la police de Houston demande à Donald Trump de « fermer sa bouche  »
Lundi, sur l’antenne de CNN, le chef de la police de Houston, Art Acevedo, a fustigé les propos incendiaires de Donald Trump, alors que de nombreuses villes sont secouées par de violentes manifestations après la mort George Floyd, un homme noir de 46 ans non armé, arrêté dans le Minnesota et devenu le symbole des brutalités policières.

« Permettez-moi de dire ceci au Président des États-Unis, au nom des chefs de police de ce pays : s’il vous plaît, si vous n’avez rien de constructif à dire, gardez la bouche fermée. »

Il conteste plus spécifiquement les propos de Donald Trump tenus aux gouverneurs des Etats fédérés, lors d’un appel téléphonique dont un enregistrement de près de 40 minutes a été publié par le « Washington Post ».

Durant cet échange à la tonalité surréaliste, l’actuel Président des Etats-Unis donnait sa vision du maintien de l’ordre. « Il faut être bien plus durs », intimait-t-il aux gouverneurs.

« Vous devez dominer, si vous ne dominez pas vous perdez votre temps, ils vont vous marcher dessus, vous allez passer pour des cons », poursuivait-il.
Il répétait à de nombreuses reprises qu’il est nécessaire de « dominer » les manifestants.

Pour le policier, « Ce n’est pas une question de domination mais au contraire de gagner les cœurs et les esprits (des manifestants) mais si nous ne voulons pas que les gens confondent dialogue et faiblesse ».

Sur la page de son compte Twitter, Art Acevedo, premier hispanique à n’avoir jamais occupé le poste de chef de la police de Houston, a mis le portrait de George Floyd, demandant la justice.

Troisième morceau

La « diplomatie de proximité » ? Nous en rions encore ! Il prépare une guerre dans un département de son pays (le Pool), recrute des mercenaires dans les pays voisins, vend des armes et des munitions de guerre aux mouvements rebelles de certains pays voisins (Centrafrique), et s’empresse d’aller faire la médiation, avec l’argent du contribuable congolais, dans les incidents qui sont régulièrement signalés à la frontière entre la RDC et la Zambie.

En effet, le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso, avait été reçu le jeudi 28 mai dernier par le Président de la RDC, Félix Tshisekedi. Il était porteur d’un message du président Denis Sassou-Nguesso à son homologue. L’audience a eu lieu à la cité de l’Union africaine, sur les hauteurs du Mont-Ngaliema. Le numéro 1 de la RDC a dit apprécier la démarche initiée par son homologue du Congo-Brazzaville, qui est actuellement à la tête de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs.

Denis Sassou-Nguesso envisage, dans les tous prochains jours, une quadripartite à laquelle devront participer la Zambie et la RDC, pays opposés depuis peu par un différend frontalier.

À cette réunion sera également invité le Zimbabwéen Emerson Mnangagwa pour le compte de la Sadec. Et c’est dans ce cadre que le numéro un de la diplomatie congolaise est attendu, ce vendredi, à Harare, la capitale du Zimbabwe. Mercredi, il était à Lusaka où il a rencontré le Président zambien, Edgar Lungu. Ce dernier ne serait pas opposé à la démarche du Président Sassou-Nguesso.

Réalisé par Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain