La femme du ministre des Sports et fille du potentat de Brazzaville, Ninelle Sassou-Ngouonlondélé, est à l’image des siens. Elle vient d’acquérir la maison de ses ex-amis, mais à quel prix ?

Le numéro 440 de la rue Mandzomo dans le quartier des Plateaux des 15 ans est tombé dans l’escarcelle des rejetons de Sassou. Cette adresse appartient désormais à Ninelle Sassou-Ngouonlondélé. Et elle l’a fait savoir à tout le monde de la plus belle des manières. Le 30 mars dernier, en effet, tout un régiment de gendarmes est venu expulser les occupants de parcelle, les filles de feu Madienuela. Aussitôt après, les travaux de démolition, comme pour effacer toutes les traces des filles de l’ancien propriétaire, ont débuté.

Retour en arrière. En 2016, l’un des enfants de feu Madienguela, Christophe Madienguela, directeur de publication du magazine Emmanuel paraissant à Brazzaville, contacte Ninelle Sassou pour lui proposer de racheter la maison de son défunt père, sans l’avis de ses autres sœurs et frères. La raison invoquée : l’évacuation sanitaire en France de son petit-frère, très malade. Le montant de la vente : 120 millions de francs CFA. La femme de l’ancien maire de Brazzaville verse aussitôt un acompte de 90 millions. Sans rechigner. Une fois l’argent dans sa poche, Christophe Madienguela recommande à la nouvelle propriétaire de la maison familiale d’en expulser les occupants.

Certes la bonne foi de la fille de Sassou est attestée ! Problème : avant de l’acquérir, elle connaissait bien le 440 de la rue Mandzomo. Elle et son mari ont vécu non loin de là. Du reste, Madienguela père a été le suppléant à l’Assemblée nationale de son mari. « Ninelle Sassou ne peut pas dire qu’elle ignorait que notre père a laissé plusieurs enfants. Elle aurait dû chercher à savoir si nous avions donné notre avis sur cette vente » rouspète l’une des filles Madienguela.

Du coup, les quatre filles qui occupaient tranquillement la maison de leur père, sont depuis vendredi 30 mars des SDF. Leur demi-frère Christophe Madienguela ne leur a rien proposé.

Problème : que vont faire les Nguesso de tous ces biens immobiliers, de surcroit acquis avec de l’argent détourné ? Ninelle ne pouvait-elle pas aider cette famille sans faire main-basse sur son unique villa ?

Julienne Oboura