Le Festival International du Film Panafricain de Cannes a ouvert sa 16ème édition mercredi 17 avril 2019. La cérémonie a eu lieu à l’espace Miramar. Les cinéphiles étaient nombreux au rendez-vous annuel qui se tient peu avant le grand Festival de Cannes et qui, de plus en plus, s’intègre dans les mœurs culturelles de la ville balnéaire.

Toute modestie mise à part, (cela va sans dire, mais c’est mieux de le dire)
le lever de rideau du Festival a été fait par S M (votre serviteur) au chant et à la guitare, et Michel Ethé, au chant et à la basse, au grand plaisir du public submergé par la nouvelle vague de la rumba et du makossa avec, en arrière-fond, une pensée pour feu le grand poète Lutumba Simaro, cinéaste méconnu. JPEG

Dilemme de la délibération

Cette année, plus de quarante films sont en compétition. Si le niveau des réalisations est le même que celui du film camerounais projeté à l’ouverture (A good time to divorce - Maintenant tu peux divorcer - 2018) alors distinguer le gagnant ne sera pas une sinécure.

Le Cameroun (petite parenthèse) est un pays dont on a encore du mal à mesurer l’ambiguïté culturelle. Ce film tourné dans la partie anglophone a eu plus d’écho au Ghana que dans la partie francophone du Cameroun. Moins pour la langue (sous-titrage en français) que pour la fracture politique.
« Le film s’est voulu le plus neutre possible. Même s’il y est fait allusion à Boko haram, nous avons évité cette piste qui allait nous éloigner du sujet principal : le divorce » confie Lami Lum-Manfor (Rita dans le film)
On ne peut ne pas penser (et ce n’est pas du cinéma) qu’il existe une profonde rupture géopolitique au pays de Paul Biya entre une partie Est, anglophone, tournée culturellement vers le Nigeria, le Ghana, l’Afrique du Sud et une partie Ouest, francophone, incapable de se départir du paradigme autoritaire antidémocratique typique de l’Afrique Centrale, mouvance CEMAC.
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Le jury de la 16 ème édition est composé de Jehpté Bastien, Jeanne Romane, Nolda Di Massamba, Cynthia Saint Fleur, Blaise Pascal Tanguy, Marie-Anne Sorba, Dorothée Audibart-Chapenois. « Mesdames, Messieurs, vous avez du pain sur la planche  » aurait dit le pâtissier de la rue d’Antibes.
De toute manière ce conclave devra trancher sur une cinquantaine de films à raison de sept projections par jour. Pour ses membres, autant dire que ce sont des nuits blanches en perspective sur « l’écran noir de leurs sommeils. »

L’entrepreneuriat plébiscité

Le Festival ne met pas exclusivement le paquet sur le cinéma. Ecrivains, artisans y sont de la partie. En témoigne la présence des expositions dans le hall de Miramar.
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Sur la rengaine « où sont les compatriotes ? », signalons la présence à Cannes de l’éditrice et écrivaine congolaise Virginie Mouanda ainsi que Véronique Diarra, écrivaine congolo-burkinabée. Auteure du roman Non je ne me tairai plus (voire notre article) Véronique Diarra vient de publier « Agnonlètè l’Amazone fon » roman historique où s’établit une interaction entre les royaumes d’Afrique de l’Ouest et ceux d’Afrique Centrale du 16ème siècle. JPEG

Samedi 20 avril, un dîner de gala se déroulera à l’Hôtel Martinez grand palace au bord du grand bleu. Prince Kestamg animera la soirée et présentera son dernier clip réalisé sur La Croisette, projection symbolique de son concept-clef Code KP décliné Lally Show.

Participation au diner 150 euros.
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Le trophée (le Dikalo d’or ) sera remis dimanche 21 avril 2019, à l’espace Miramar dans une atmosphère forte.

Simon Mavoula