Aujourd’hui, vendredi 17 janvier 2020, s’ouvre à Lomé au Togo, un sommet sur le trafic des faux médicaments en Afrique Six chefs d’Etat (dont Denis Sassou-Nguesso) sont attendus dans la capitale togolaise. Roger Ndokolo, Président du Parti du centre UNIRR (Union pour la refondation républicaine ) avait, en, son temps, lancé une alerte sur ce fléau sanitaire. Ci-après son texte de 2016.

Article paru dans La Semaine Africaine du 18 août 2016.

Après sa réélection à la tête du Congo-Brazzaville, l’un des premiers sujets de préoccupation du Président Denis Sassou-Ngueso porte sur la santé publique de ses compatriotes menacés par les faux produits pharmaceutiques en circulation sur les marchés. Ce poison qui représente, pour les Africains et pour la planète, un grand danger ne semblait pas jusque-là interpeller la conscience universelle. Comme pour donner un cachet personnel à la question, le Chef de l’Etat a fait un diagnostic politique devant ses pairs, à Kigali (Ruanda), à l’occasion de 27ème sommet de l’Union Africaine.

Bien avant cette rencontre au sommet, le Président a pris soin d’ébaucher ses propositions dans une interview (Les Dépêches de Brazzaville) dont nous vous livrons la synthèse.

L’UNIRR (l’Union pour la refondation républicaine) et son Président Roger Ndokolo feront également des suggestions afin de renforcer, au besoin, l’arsenal élaboré par le Chef de l’Etat. Le Président de L’UNIRR, suggère également d’intégrer dans cette lutte l’autre fléau qui mine la société congolaise : la drogue.

Point de vue présidentiel

Dans la fièvre de l’entretien aux Dépêches, le journaliste s’est étonné d’attendre le sommet de Kigali pour sonner l’alerte, alors qu’il y a péril en la demeure. En effet, loin d’être simple poudre de perlimpinpin, c’est-à-dire d’inoffensifs placebos, les faux médicaments relèvent d’actes criminels d’alchimistes des temps modernes. Prenant le taureau par les cornes, le Chef de l’Etat a répondu que souvent sur les questions de santé publique on se fourvoie lorsqu’il y a précipitation et, le bon sens invite de se méfier des effets d’annonce, souvent, sans lendemain. Il faut raison savoir garder.

C’est une analyse clinique de la question que le Président de la République a faite. Celui-ci a stigmatisé les dangers de la contrefaçon car souvent le grand public, sous-informé, en constitue la grande clientèle. De façon symptomatique les chiffres parlent d’eux-mêmes : pensez que les truands réalisent des bénéfices supérieurs à 200 milliards de dollars Us et, on déplore sur les consommateurs 800.000 décès chaque année dans le monde. Les faux médicaments tuent plus dans les pays pauvres que dans les pays riches. 70% de médicaments falsifiés sont vendus en Afrique contre seulement 1% en Occident.

Remède national

« Médecin guéris-toi toi-même  » disent les Ecritures. Le Chef de l’Etat a envisagé balayer d’abord devant sa porte. De ce fait des mesures thérapeutiques seront préconisées. Celles-ci sont d’ordre administratif et, surtout, interactives. Ainsi, sera mis en place un haut conseil : celui-ci pilotera une commission interministérielle qui travaillera en synergie avec des universitaires, des ONG et des membres de la société civile. Voilà le remède pour venir à bout des médicaments qui «  tuent quand on attend qu’ils vous guérissent  ».

L’UNIRR propose l’interdiction totale de la vente des produits contrefaits sur nos marchés. Tout vendeur ambulant, toute pharmacie « sauvage  » devront faire l’objet de poursuites et sévèrement sanctionnés par la loi.
Il y a lieu également d’Identifier les pays qui abritent ces pharmacies illicites afin d’attaquer le mal à la source.

Soutien patriotique

Le Président ne doute pas un seul instant que les Congolais, dans leur immense majorité, vont le soutenir contre ce qu’il appelle « crime contre l’humanité » car ce sont eux les premières victimes de cette industrie de la mort.

Aide internationale

Bien évidemment la communauté internationale sera sollicitée car ce combat est international. Faute de bien le mener, c’est un facteur de déstabilisation de la paix sociopolitique en Afrique. Du reste les Ambassadeurs représentés à Brazzaville seront sensibilisés par le Chef de l’Etat à ce sujet avant de le porter personnellement très prochainement à la tribune des Nations Unies selon encore cette Ecriture « nul n’est prophète chez lui  ».

Drogue

En plus des faux produits pharmaceutiques et bien qu’il n’y ait pas fait allusion, le Chef de l’Etat doit être préoccupé par le trafic de la drogue au Congo-Brazzaville. A l’image des faux médicaments on peut également dire que la drogue au Congo est un fléau sourd. Il est stupéfiant de constater que les produits anabolisants font des ravages dans la population urbaine sans que les Pouvoirs publics ne s’en émeuvent. Si jadis le seul opium du peuple était le chanvre indien et des comprimés du genre Mandrax, désormais, mondialisation oblige, les usagers sont passés des drogues classiques (cannabis) aux drogues dures (cocaïne, crack, héroïne). La montée de la criminalité dans les grandes villes congolaises n’est pas étrangère à l’usage des produits psychotropes.

Solutions

Notre parti, membre de la Coordination des partis et groupements politiques du
centre animé par Jean-Michel Bokamba-Yangouma, pense, à juste titre que le chef de l’Etat reviendra sur le drame de faux médicaments et sur les solutions à envisager. La réponse adéquate à cette tragédie sanitaire passe par l’éducation, la communication, l’information et la résorption du chômage. L’hypothèse sociologique reste de mise : plus la crise ici-bas est profonde, plus les gens cherchent refuge dans des paradis artificiels. Cela ne sera pas facile, mais comme le disait si bien le sociologue congolais, le professeur Côme Mankassa : « Quand c’est difficile, c’est que c’est bon ».

Roger Ndokolo
Président du Parti du centre UNIRR
(Union pour la refondation républicaine )