Peu avant la conférence de presse de ce mardi 18 avril 2017, Guy Mafimba Motoki, représentant d’André Okombi Salissa en France nous a accordé une interview au téléphone. Par ailleurs, ont participé à la conférence de presse : Jean-Pierre Moumele de la Coordination Nationale CAAD, Les avocats de l’AOS, Isaac Djoumali Sengha du PCT canal historique, Andréa Ngombet Collectif Sassoufit. L’un des points forts de cet échange avec la presse : la reconnaissance (sous un tonnerre d’applaudissements) du membre du PCT Isaac Djoumali Sengha de la défaite électorale du candidat Sassou à l’élection présidentielle du 20 avril 2016.

Congopage : Quel est l’objet de cette conférence ?

Guy Mafimba : D’abord Interpeller la Communauté Internationale sur le sort des prisonniers politiques dont André Okombi Salissa. Cependant c’est la vie de tous les prisonniers qui est en jeu et l’un des enjeux de la conférence de presse est de le porter à l’opinion internationale.

Deuxièmement, mettre en garde sur le drame qui se produit au Congo-Brazzaville. Sassou veut neutraliser, tuer Okombi Salissa. Nous dénonçons le caractère arbitraire d’une arrestation. Il y a eu un incendie à 50 m de sa cellule à la DGST. Le feu visait André Okombi Salissa. Comme par hasard c’est Jean-Dominique Okermba et Jean-François Ndenguet (de triste mémoire) qui assuraient l’intérim le jour où le feu s’est déclaré à la DGST. Les bâtiments de la DGST sont aussi stratégiques que ceux de la CIA en Amérique ou du Quai d’Orsay en France. La DGST est mitoyenne à une caserne militaire. C’est le cœur du système de répression du régime de Sassou. C’est se moquer de notre intelligence que de nous dire que le feu peut inopinément prendre dans ce Bunker. Les flammes à la DGST relèvent d’une mise en scène visant à masquer une potentielle scène du crime. Ces gens ont été capable d’assassiner Marien Ngouabi sans, à ce jour, qu’on ne puisse totalement lever le doute sur ce forfait. Le plan était que le feu léche la cellule d’André Okombi Salissa, ensuite on n’aurait vu que du... feu. Dans ce cas on aurait privilégié la thèse de l’accident, ce qui les aurait disculpés comme en 1977 quand ils ont évoqué la thèse d’un commando-suicide venu de l’extérieur abattre Ngouabi. Car ce sont toujours les mêmes, avec les mêmes méthodes, qui n’ont de cesse de terroriser les mœurs politiques au Congo.

Congopage  : Quelles sont les perspectives pour le Congo ?

Guy Mafimba  : il faut libérer les prisonniers politiques, aller à un dialogue, sinon résister ou déclencher une insurrection. Car l’objectif est de faire partir Sassou.
Le Congo est dans trois impasses : l’insécurité, la légitimité, la crise socioéconomique.

Aujourd’hui on nous a signalé un accrochage dans le Pool. Le bilan est lourd ; 18 personnes sont tombées au sein des FAC. Ca peut aller dans tous les sens.

Sassou crédité de 8% a bénéficié du coup de pouce de François Hollande. Mais cele ne lui confère aucune légitimité, a fortiori celle qui vient du peuple, celle que le peuple a légalement donné à Jean-Marie Michel Mokoko. Voilà pourquoi ce dernier se retrouve derrière les barreaux et quasiment à l’article de la mort, car sa santé est précaire, tout comme celle des autres prisonniers, notamment Modeste Boukadia, Paulin Makaya. Marcel Ntsourou est mort. Attendrons-nous bêtement la mort des autres prisonniers pour entamer un deuil sans fin ? Nous disons « non ».

Le Congo croule sous la dette. Il y a crise du baril de pétrole. Salaires et pensions sont impayés. On entend de plus en plus la grogne sociale. Or l’argent existe. Il est caché dans des paradis fiscaux, dans des caves, dans des maisons de particuliers. cet argent doit être ramené au Trésor Public. Mais nos filous échafaudent des plans pour des blanchiments en se faisant remettre des titres une fois cet argent volé est ramené au Trésor Public.

La clef de voute de cette organisation mafieuse c’est Sassou. Oui, dans tous les cas, notre objectif est de faire partir ce parrain et tous ses hommes de main.

Congopage : Comment ferez-vous pour que Sassou parte ?

Guy Mafimba : Dialoguer, il ne veut pas. Il passe son temps à arrêter les Opposants. Le comble c’est que François Hollande avec l’autorisation qu’il a donnée à Sassou de consulter son peuple est un véritable permis de tuer en toute impunité. Il a comblé Sassou dans son rêve d’être au pouvoir à vie.

Dans ce cas il ne nous reste comme option que l’insurrection populaire. On nous dira sans doute comment allons-nous mener cette insurrection ? Il n’est pas question d’éluder cette question. Mais vous conviendrez que nous ne dévoilerons pas ici, dans une conférence de presse comment nous procèderons.
On parle de la succession de Sassou par son fils Denis Christel Sassou. Ce rejeton traîne beaucoup d’affaires judiciaires. Il est pire que son père. La résistance fera tout pour que cette perspective dynastique n’arrive pas.

Propos recueillis par Dipanda