Quelle urbanisation pour le Congo-Brazzaville ?
(Article paru dans le journal L’horizon Africain du 1er août 2019)

Depuis plusieurs décennies, la croissance urbaine a été alimentée par une immigration d’origine rurale et l’arrivée massive de ces migrants a repoussé sans relâche les limites de la ville. Il est à noter que les nouveaux arrivants se concentrent pour l’essentiel dans deux grandes villes, Brazzaville et Pointe- Noire.

Cet exode rural préoccupe les pouvoirs publics car ce sont des populations jeunes en quête d’un meilleur emploi et d’un nouveau mode de vie qui quittent les départements ruraux et qui, par là-même, entrainent une perte certaine du potentiel productif rural.
Le problème de l’organisation de l’espace urbain se pose aujourd’hui en raison d’une structure démographique de plus en plus déséquilibrée, d’une économie mal structurée, d’une augmentation du nombre de taudis et d’une pénurie de logements de bonne qualité.

Les grandes villes doivent faire face à de grands bouleversements en matière d’occupation des sols. Nombre de nos concitoyens souhaitent disposer d’une parcelle de terrain et y construire leur logement afin d’échapper aux charges d’un loyer. Dans ce cas, il faut tenir compte des règles d’urbanisme et ne pas résider dans des zones sensibles à l’érosion ou bien se complaire dans l’occupation d’espaces publics réservés.

Le déséquilibre entre les villes et les campagnes a atteint un tel niveau que les pouvoirs publics tentent de relever le défi à travers quelques projets de développement rural. Il s’agit de rompre l’isolement physique et psychologique des ruraux, de revaloriser leurs conditions d’existences tout en contribuant à rééquilibrer l’espace national.

C’est pourquoi le développement urbain et rural doit fonctionner de manière interdépendante et coopérative car la diffusion des technologies les plus récentes vers les zones rurales favorise l’augmentation de la productivité dans les campagnes. De plus, si les produits agricoles sont bien rémunérés, les villes fournissent aux zones rurales les facteurs de production agricole et les biens qui font l’agrément de la vie. Ceux-ci incitent alors directement les agriculteurs à employer des méthodes modernes.
En 2017 le gouvernement et la Banque mondiale ont lancé à Brazzaville une initiative dénommée « mois du développement urbain au Congo ». Ce projet a été bien conçu dès lors qu’il s’agissait de restructurer et d’aménager les quartiers de nos grandes villes pour améliorer l’accès des services sociaux de base aux populations (électricité, eau potable, assainissement et équipement des villes aux réseaux divers). Ainsi, La banque mondiale et le Congo cofinancent le Projet eau électricité et développement urbain (PEEDU) à hauteur de 275, 5 millions de dollars américains à Brazzaville et Pointe-Noire. Lancée en 2010, le PEEDU a permis de réaliser 34 km de drainage et 16 000 branchements de ménage au réseau de la Société nationale de distribution d’eau (SNDE) et d’aménager 32 km de voiries urbaines.

Les deux projets de schéma directeur qui ont été présentés le 2 mai 2018 lors d’un Conseil des Ministres vont également dans la bonne direction. L’administration mettra en œuvre des techniques de planification pour un ensemble d’actions à réaliser au cours des vingt prochaines années en vue de repositionner ces territoires aux normes urbanistiques requises, notamment en matière d’occupation des sols . Brazzaville devrait couvrir un territoire allant de Lifoula à Koubola. Pour la ville de Pointe-Noire, le schéma directeur d’urbanisme couvrira un territoire allant de Mengo à Diosso, et sur l’axe Est, jusqu’à Fouta.

Les politiques urbaines les plus efficaces sont celles qui parviendront à combiner l’extension géographique des villes avec l’approvisionnement en logements de qualité et en services, le dynamisme départemental et la performance du secteur agricole ainsi qu’avec la préservation de l’environnement.

Roger NDOKOLO
Président du parti du centre UNIRR
(Union pour la Refondation Républicaine)

Président du parti du centre UNI