« Ecouter, c’est parler deux fois » : c’est l’un des apophtegmes dont A. Houabaloukou de la CDI (Convention des Démocrates Indépendants) a émaillé son propos (ses anaphores) à l’endroit d’ Édouard Philippe, Premier Ministre confronté au dilemme du déconfinement. Voilà pour le contexte.

Pour la biographie, professeur d’économie, homme politique français d’origine congolaise, A. Houabaloukou est inscrit sur une liste municipale à Creil dans l’Oise, dans l’attente du 2 ème tour reporté sine die par la crise du Coronavirus, « peste qui marche dans les ténèbres. » (Psaumes 91, 5)

Desserrement

A. Houbaloukou qui préfère le vocable de desserrement à celui de déconfinement, arguments mathématiques à l’appui, pointe du doigt le Premier Ministre Edouard Philippe dont la stratégie de sortie du confinement le 11 mai 2020, le moins qu’on puisse dire, est sujette à caution. Celle-ci, selon A.H, semble fouler au pied l’Attestation de Déplacement Dérogatoire qui fixe jusque-là les conditions du confinement. Or cette attestation « constitue un acquis. » Au lieu de la déchirer, elle gagnerait, au contraire, d’être enrichie par de nouvelles préconisations. Par exemple en ajoutant une case sur le « flux différentié et alterné. »

ENA

L’exécutif, selon A. Houabaloukou, composé pour la plupart d’énarques, n’écoute pas assez la France d’en bas. Mais l’ENA n’a pas le monopole de l’intelligence, en tout cas pas plus que l’Université. Enseignant en logistique, Adrien Houabloukou, est un universitaire (et pour la petite histoire) paradoxalement reclassé par sa hiérarchie pour excès de niveau. On lui a dit : «  occupez-vous de la formation. »

Sur le registre dialectique ENA/Université, l’infectiologue Didier Raoult ne subit pas pour rien les affres du parisianisme élyséen mâtiné d’énarchie. Le bon docteur né à Dakar est traité avec mépris et dédain depuis qu’il a préconisé une autre méthodologie (« simple comme chou ») du traitement de la pandémie coronale virale. « Le consensus, c’est Pétain » a-t-il rétorqué à l’unilatéralisme parisien. On reconnaît (soit dit en passant) la faconde pagnolesque marseillaise de ce professeur qui a aussi dans son capital prophylactique des acquis africains, en l’occurrence congolais ; car la malaria qui sévit dans nos contrées, il connaît. Il sait que la quinine vient à bout d’une foule de pathologies, y compris la paludisme.

Modèles scientifiques

Economètre et formateur en milieu universitaire et lycéen professionnel, le creillois A. Houabaloukou fonde ses arguments sur des modèles scientifiques en vigueur en statistiques, en mathématiques, en économie et en logistique. Il ne peut articuler ses vidéos sans formuler ça et là des notions d’algèbre. Adrien Houabaloukou vous fait aimer les maths, leurs fonctions de premier, de deuxième degré avec ses bissectrices. Il applique les mathématiques dans les sciences humaines, au grand plaisir de ceux qui ont été torturés par l’algèbre au collège.

Un mot revient dans ses propositions : la régulation, concept emprunté à la cybernétique, une science dont se servent les ingénieurs chargés de gérer la circulation des trains.

L’un de ses professeurs, régulateur en gare St-Lazare, lui a beaucoup appris sur les interactions dans les mouvements de trains du très dense réseau ferroviaire français, a fortiori au départ et à l’arrivée des autorails dans cette grande gare parisienne. Il va de la fluidité des trains comme celle des humains. Dans l’un comme dans l’autre système, le respect de la distance physique ou sociale est cruciale au risque de déclencher des tragédies. Ca l’est dans la régulation des trains, ca le sera davantage dans la circulation des hommes, des femmes et des enfants, au moment du déconfinement.

Pics de pollution de l’air

Le desserrement, selon le logisticien A. Houabaloukou doit obéir à un modèle différentié et alterné. Cela se fait quand, en période de pollution de l’air, les pics contraignent à une circulation alternée des voitures. La régulation reposant sur les immatriculations, les plaques impaires sont évitées d’être mises en branle en même temps que les plaques minéralogiques paires.

Il devra en être de même pour la fin du confinement prévue le 11 mai 2020. En un mot, les heures de travail doivent être modulées à la manière du modèle martineaubrien des 35 heures si on ne veut pas donner « une chance à la deuxième vague coronale tant redoutée d’arriver. » Ca serait suicidaire de ne pas opter pour une stratégie progressive différentielle.

Palais des Sports de Bercy

L’heure est grave pour que les députés brillent par un absentéisme. Sur 577 représentants du peuple, 12% seulement étaient présents dans l’hémicycle quand Edouard Philippe a récemment pris la parole. Prenant le Premier Ministre à son propre jeu, Adrien Houabaloukou fait remarquer que les députés effrayés par la contamination (ce qui peut se comprendre ) ont vidé l’hémicycle alors que, dans le même temps, on préconise une rentrée scolaire massive dans les crèches et au Primaire tant il n’est pas acquis que les enfants soient capables de respecter les consignes sanitaires. Les adultes aussi d’ailleurs.

Il eut été judicieux de réquisitionner le Palais des Sports de Bercy plus spacieux pour caser tout ce monde pour un « meilleur respect de la distanciation sociale ».

Et quand bien-même pour les scolaires on instaurait une année blanche, Jules Ferry ne se retournerait pas dans sa tombe ! Il existe des pays en guerre (et la France l’est en ce moment) qui accumulent des années blanches sans que le ciel ne leur tombe sur la tête.

Activité Principale Exercée

Dans la lignée de la Loi Martine Aubry de la réduction du temps de travail, une notion, l’APE, est envisageable pour une gestion raisonnable du déconfinement.

L’APE désigne l’Activité Principale Exercée. Ce concept doit déterminer les flux de circulation. Le déconfinement sera agréé en fonction de deux variables : chômeur, travailleur. Quand on appartient à la catégorie « sans-emplois » on ne voit pas les raisons de sa présence hors de chez soi, qui plus est, à plus d’une centaine de kilomètres de son domicile. Aussi, pour le président de la CDI, l’attestation de déplacement dérogatoire doit être enrichie de la notion d’APE.

Qu’en est-il des personnes n’exerçant aucune activité professionnelle donc assignées au confinement perpétuel à domicile ? Le stress lié au confinement à long terme étant objectivement palpable chez tout être humain, en l’occurrence le chômeur et le parent au foyer, on peut procéder comme dans les prisons. On préconisera des promenades extra muros histoire de se dégourdir les jambes. Victor Hugo et Michel Foucault hostiles aux prisons auraient validé le modèle, à coup sûr.

Boîte de Pandore

A. Houabaloukou craint que l’octroi d’avantages à certains et pas à d’autres n’ouvre la boîte de Pandores. Ca risque de susciter un accroissement de revendications. Exemple, les caissières des grandes surfaces gratifiées de cadeaux de 1000 euros alors que tout les autres employés sont exposés au danger de la contamination. « Pourquoi elles et pas tout le monde » auront beau jeu d’exiger les syndicats.

Ecologie

La transition écologique gagnerait à délégitimer la concurrence commerciale enclenchant des rotations d’avions à Roissy important des tasses à 3 euros d’Italie alors qu’elles se fabriquent déjà en France. Sans compter qu’un crash aérien confirmerait cruellement le dicton que ,« le jeu ne vaut pas la chandelle ». En effet c’est mettre inutilement la vie des pilotes en danger et justifier encore plus la taxe kérozène.

Masques et délocalisations

C’est l’économie qui crée la finance et pas l’inverse. On peut se passer des emprunts financiers mais on ne pourrait se passer de la production de la pomme de terre, car l’homme vit surtout de pain et pas de la paperasserie administrative. Le monde post-confinement annonce des changements de fond qui mettront à mal le libéralisme triomphant depuis l’avènement du mode de production capitaliste. Les délocalisations, cheval de bataille du grand capital, bête noire des syndicats, ont fait subir à la France un puissant choc en retour qui doit faire sourire Karl Marx du fond de sa tombe londonienne. Sur la production des masques sanitaires, on en est arrivé à la situation où La Chine « atelier du monde » fait marcher la France après des décennies de délocalisation. Or le besoin impérieux des masques est criard en Occident. On doit se mordre les doigts d’avoir cassé l’outil industriel ces trois dernières décennies.

A. Houabaloukou, fièrement franco-africain

Passé maître du copier-coller, l’Afrique, représente un terrain où le modèle d’Adrien Houabaloukou ne ferait qu’une bouchée du confinement dans la crise économique.

Merci A. Houabaloukou, humaniste fièrement debout.

Simon Mavoula