Ce vendredi 29 août 2014 chez Luc Mallet (une boîte) qui passe pour le lieu de distraction hebdomadaire des Congolais, le champagne a coulé à flot et le fric pleuvait à n’en plus finir. L’homme à l’origine de cette fiesta est un certain Remy Ayayos, milliardaire congolais dont on ne connaît aucun boulot si ce n’est d’être le président d’AC Léopard de Dolisie aux caisses renflouées par des pétro-cfa. Sa colossale fortune serait, dit-on, due à une amitié scolaire avec le colonel Edgar Nguesso, fils de Maurice Nguesso, lui-même frère aîné du général Président Denis Sassou-Nguesso. « Akaba a tala té » miaule-t-on à Talangaï au sujet de ces bienfaiteurs irrationnels. Il reste que le népotisme se porte bien au Congo. Car il suffit d’avoir partagé le même banc scolaire avec le fils d’un prédateur du Trésor Public pour devenir soi-même carnivore des finances.

Sabotage financier

Les habitués de ces bacchanales congolaises, chez « Luc Mallet », n’en sont pas revenus. C’est la première fois que ces fêtards voyaient un inconnu faire rugir sauvagement l’argent à la volée. Un client heureux qui a requis l’anonymat témoigne : « j’ai reçu gratos une bouteille de spiritueux et 200€ en sus ; j’ai vu le généreux donateur filer 1000€ à de parfaits inconnus ».

Ceux-ci devraient être contents de se trouver au bon endroit, au bon moment, pauvres gueux enveloppées dans des modestes nguiri , justement, par un acteur responsable de la morosité économique en cours au Congo.

Terrorisme financier gentillet

Un véritable « sabotage financier » dira un observateur des mœurs congolaises : sabotage opéré par un carnassier de la gabegie comme il en existe à foison dans la collectivité minimaliste de Mpila. Sous couvert d’être des Abbés Pierre de l’altruisme, ces épigones du chemin d’avenir sont de véritables ayatollah du peuple congolais qu’ils transforment en obligés, comme Al Capone les commerçants de Chicago des années 20.

Flanqué de son garde du corps (un béret rouge de l’armée de Sassou répondant au nom de Bienvenu Mayanit) Rémy Ayayos « sabotait » tranquillement l’argent du Congo dans ce tripot situé à Villeneuve-St-Georges. Luc Mallet, propriétaire de l’antre où se tenait cette messe indécente, a dû remercier le ciel de lui avoir envoyé un si bon client distribuant a posteriori et in extenso la manne pétrolière avec une désinvolture révoltante, feinte et calculée. L’argent, c’est connu, rend fou, folie douce dont les sujets n’ont plus le sens de la mesure et de la réalité. Un peuple est en train de mourir à petit feu, eux se tuent à gaspiller le remède qui peut encore sauver ce peuple. Oui, on savait qu’ils étaient fous à lier mais pas au point de narguer les opposants sur leur territoire. A un jet de flèche symbolique des Assises de Paris présidées par Jean-Luc Malékat, ancien ministre des Finances sous André Milongo, époque où l’orthodoxie fut un dogme inaliénable, à un jet de pierre des patriotes de la diaspora, ces messieurs du chemin d’avenir viennent retourner le couteau dans la plaie de la révolte populaire.

Les noces de Courbevoie

Mais ce flambage du Napoléon de Dolisie ne fut qu’un exercice d’entraînement car le bon Samaritain allait, le lendemain, faire partie des invités d’un méga mariage (sur lequel nous reviendrons un de ces quatre) à Courbevoie dans le 92. Courbevoie, vous vous souvenez, c’est le patelin où Le Canard Enchaîné dénonça dans ses colonnes la présence de biens mal acquis (meubles et immeubles) appartenant à l’ineffable Edgar Nguesso.

Justement, les noces auxquelles comptaient participer samedi 31 août le « distributeur automatique de billets », Rémy Ayayos, concernaient au premier chef un ami d’enfance d’Edgar Nguesso, lui-même classé parmi le spécimen que la littérature de la délinquance financière désigne sous le vocable de « quarante voleurs  » de la République (cf. Congo-Liberty.com 1 septembre 14)

Parmi les amis du prédateur Rémy Ayayos, on pouvait remarquer la présence d’un certain Elikia Nzounzi, probable homme de paille de notre fauve de Dolisie.

La folie dépensière de chez « Luc Maillet  » n’est en définitive que le baobab qui cache la forêt. Combien de scène surréalistes de distributions de pognons n’ont pas joué ces voleurs de grands chemins ? Chacun se souvient néanmoins de ce spectacle démentiel au cours duquel Sassou, en personne, distribuait des coupures de 10.000 Cfa à des danseurs d’Edenda ivres de joie, dans son village d’Oyo. On aurait dit une fête païenne. La scène fit le tour des réseaux sociaux. Tout comme l’ahurissante jetée des coupures d’euros dans un village espagnol par le très généreux général Président dont l’impact sur les populations du pays qu’il dirige fut désastreux.

C’est tout de même un étrange rite que cette manie de jeter à la volée des coupures de banque dans un Etat (le Congo) où la crise a atteint des proportions énormes et où le pouvoir d’achat est extrêmement bas (Benjamin Bilombot Bitadys -Inflation-emploi ... Congopage.com 2 sept. 2014)

Si Rémy Ayayos a voulu ainsi célébrer la victoire de ses chats sauvages sur l’ASEC d’Abidjan, ce week-end, il s’est trompé de lieu. Et ce n’est pas la première fois que ces rapaces du Trésor congolais délocalisent les enjeux et se trompent de priorités.

Les empêcher à tout prix de nuire après 2016

Au moment où s’ouvre au Sénégal le procès de Karim Wade ( très gourmand fils de l’ex-Président sénégalais Me Wade) (cf. Congo-Liberty.com 2 septembre 2014) les frasques financières des Kiki, Koko, Ninelle, Blandine Lumandé, Edgar et autres chenapans fripons émargeant dans l’oyocratie devraient réactiver notre colère de masse et, surtout nous remettre en mémoire que cette bande de voyous risque de continuer de sévir si on ne met pas un frein au projet de modification de la Constitution.

Car aussi inimaginable que cela puisse paraître ils veulent qu’on continue de leur servir de toutous affamés auxquels on jette des os !